L’Iran utilise des vols civils pour faire passer des armes au Hezbollah – médias
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L’Iran utilise des vols civils pour faire passer des armes au Hezbollah – médias

Des responsables d’agences occidentales de renseignements ont déclaré à Fox News qu’ils ont pisté deux vols non prévus de Téhéran à Beyrouth suspectés de transporter des armes

Illustration : un avion cargo Qeshm Fars Air (Crédit : Wikimedia commons)
Illustration : un avion cargo Qeshm Fars Air (Crédit : Wikimedia commons)

WASHINGTON — L’Iran utilise des compagnies aériennes civiles pour transférer des armes au groupe terroriste du Hezbollah, a rapporté lundi Fox News, citant des officiels d’agences occidentales de renseignement qui ont suivi deux vols non prévus au cours des derniers mois.

Selon le reportage, deux vols opérés par la compagnie Qeshm Fars Air ont effectué la liaison de Téhéran à Beyrouth en empruntant un itinéraire inhabituel. Le 9 juillet, un Boeing 747 a fait un arrêt à Damas, en Syrie. Le 4 août, le deuxième vol, qui reliait Téhéran et Beyrouth, a suivi « une route légèrement irrégulière au nord de la Syrie », a déclaré Fox.

Les agents occidentaux du renseignement ont déclaré à Fox News qu’ils supposent que les vols transportaient des composants utilisés pour fabriquer des armes de précision dans les usines iraniennes au Liban.

« Les Iraniens essayent de trouver de nouvelles manières et de nouvelles voies de faire entrer en contrebande des armes à destination de ses alliés au Moyen-Orient, testant et défiant les capacités de l’Occident à les pister », a déclaré un responsable régional du renseignement à Fox News.

Israël avait déjà formulé des accusations similaires. Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies avait envoyé une lettre aux membres de Conseil de sécurité en 2016, prévenant que l’Iran utilisait des compagnies aériennes civiles pour approvisionner des terroristes.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon durant une brève conférence de presse avant une réunion du conseil de sécurité au siège de l’ONU, à New York, le 24 juillet 2018 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Fox a déclaré que les vols de la Qeshm Fars Air étaient vaguement associés aux Gardiens de la Révolution iranienne.

L’Iran est le soutien principal du Hezbollah, ayant aidé à sa fondation au début des années 1980. Depuis lors, l’Iran a fourni au Hezbollah une grande variété d’armes et l’a aidé à financer des programmes sociaux dans le sud du Liban. L’Iran a utilisé le groupe pour perpétrer des attaques terroristes contre des cibles américaines et israéliennes.

Le Hezbollah est devenu la menace principale de l’armée israélienne dans la région. Il dispose d’un arsenal estimé entre 100 000 et 150 000 obus de mortier, roquettes et missiles. Selon des agences occidentales et israéliennes du renseignement, l’Iran a continué à aider le Hezbollah à développer des missiles de précision, avec lesquels le groupe a la possibilité de perpétrer des attaques plus dangereuses contre Israël.

A la demande de l’Iran, le Hezbollah s’est fortement impliqué dans la guerre civile en Syrie, combattant dans une alliance chiite au côté des forces iraniennes, du régime Assad et des milices irakiennes contre des rebelles sunnites.

Le Hezbollah défile avec son équipement militaire à Qusayr, en Syrie, en novembre 2016. (Crédit : Twitter)

Israël aurait mené des dizaines de frappes aériennes en Syrie depuis le début de la guerre civile afin d’empêcher le transfert d’armes avancées au Hezbollah. L’état juif a cependant refusé de s’impliquer davantage dans le conflit mortel qui a touché le pays.

Lundi, le chef du Commandement du Nord de l’armée israélienne a formulé une menace très claire au Hezbollah et à ses soutiens iraniens, déclarant que la prochaine guerre d’Israël avec le groupe terroriste serait aussi la dernière.

« Le [Hezbollah] va ressentir notre force. J’espère qu’il n’y aura pas d’autre guerre, mais s’il y en a une, cela ne sera pas une autre Deuxième guerre du Liban, mais la guerre finale du nord », a déclaré le général Yoel Strick lors d’une conférence organisée par Hadashot TV.

Le major-général Yoel Strick, qui dirige le commandement de la Défense passive de l’armée israélienne, pendant une cérémonie d’hommage au dirigeant sioniste Zeev Jabotinsky, au cimetière du mont Herzl de Jérusalem, le 4 août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du Commandement du Nord s’est aussi moqué des soutiens iraniens du Hezbollah qui ont plus tendance à aboyer qu’à mordre, soulignant qu’il a fallu trois mois avant que les Gardiens de la Révolution iranienne ne répliquent à une frappe israélienne contre eux plus tôt cette année.

« Il faut le dire clairement – ils disposent de beaucoup moins de moyens qu’ils ne le pensent. Nous nous souvenons tous du 10 février. Les Iraniens avaient prévu d’attaquer immédiatement, mais au final, il leur a fallu trois mois », a déclaré Strick.

Lundi également, Avidgor Liberman, le Ministre israélien de la Défense a déclaré : « En ce qui concerne la menace de l’Iran, nous ne nous limitons pas à la Syrie ».

Le 10 février, un hélicoptère d’attaque israélien a abattu un drone iranien qui avait pénétré dans l’espace israélien. Dans le même temps, des avions israéliens ont bombardé la base aérienne d’où le drone était piloté.
Un F-16 israélien avait alors été abattu par les défenses aériennes syriennes.

Seulement trois mois plus tard, le 10 mai, environ 20 roquettes ont été tirées sur des positions israéliennes le long de la frontière syrienne dans ce qu’Israël a considéré être une attaque de la Force Quds des Gardiens de la Révolution iranienne. En riposte, l’armée israélienne a mené des frappes aériennes contre des dizaines de cibles iraniennes dans le pays.

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