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L’OIAC accuse l’EI d’avoir employé du gaz moutarde en Syrie en 2015

Au moins onze personnes avaient été blessées dans l'attaque de Marea, alors tenue par l'opposition syrienne, lorsqu'elle a été bombardée depuis des secteurs contrôlés par l'EI les 1er et 3 septembre 2015

Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), à La Haye. (Credit : Capture d'écran/Twitter)
Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), à La Haye. (Credit : Capture d'écran/Twitter)

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a accusé jeudi le groupe Etat islamique d’avoir attaqué en 2015 un bastion rebelle syrien à l’arme chimique.

Ce rapport publié par l’ONG confirme les enquêtes précédentes de l’organisation selon lesquelles des agents à base de gaz moutarde (ypérite) avaient été utilisés.

« Il existe des motifs raisonnables de penser que des unités de l’EI sont à l’origine de l’attaque à l’arme chimique perpétrée le 1er septembre 2015 à Marea, en Syrie », précise l’organisation basée à La Haye.

« L’agent chimique a été délivré à l’aide d’un ou plusieurs canons d’artillerie », a-t-elle ajouté dans un communiqué. Elle assure également avoir identifié quatre personnes comme les auteurs de l’attaque, sans toutefois les nommer.

Au moins onze personnes ont été blessées dans l’attaque de cette ville, alors tenue par l’opposition syrienne dans la province d’Alep, près de la frontière turque, lorsqu’elle a été bombardée depuis des secteurs contrôlés par l’EI les 1er et 3 septembre 2015.

Au moment de l’impact, au moins six projectiles ont laissé échapper une substance noire et visqueuse à l’odeur « piquante » et « semblable à celle de l’ail », a indiqué l’OIAC.

« Au moins onze personnes ayant été en contact avec la substance liquide ont présenté des symptômes correspondant à une exposition au gaz moutarde », a ajouté l’ONG.

La guerre en Syrie a fait plus d’un demi-million de morts depuis le début du conflit en mars 2011 et plongé plus de 90 % de la population sous le seuil de pauvreté, selon l’ONU.

La Syrie a accepté en 2013 de rejoindre l’OIAC, peu après qu’une attaque présumée au gaz de combat a tué plus de 1 400 personnes près de Damas.

Mais l’OIAC a depuis accusé le régime du président Bachar el-Assad d’utiliser des armes chimiques, ce que Damas nie.

En avril 2021, la Syrie a été privée de ses droits de vote à l’OIAC, après qu’une enquête l’a accusée d’être à l’origine de nouvelles attaques au gaz toxique.

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