L’ONU demande à la Hongrie de réviser son projet de loi anti-ONG/Soros
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L’ONU demande à la Hongrie de réviser son projet de loi anti-ONG/Soros

Le milliardaire juif hongrois et survivant de la Shoah a été nommément visé dans le projet de loi

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban en conférence de presse à Budapest, le 4 juillet 2017. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban en conférence de presse à Budapest, le 4 juillet 2017. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

L’ONU a demandé vendredi à la Hongrie de réviser son projet de loi visant les ONG financées par le milliardaire juif américain George Soros accusé de faciliter l’immigration, un dispositif qui porte atteinte aux droits de l’homme et aux droits civiques.

Lors d’un point de presse à Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, a estimé que ce texte « menace non seulement le travail de la société civile » en Hongrie, mais risque aussi d’avoir « de graves conséquences » sur les migrants qui dépendent de ces ONG.

Le projet de loi déposé mardi devant le Parlement hongrois instaure une taxe de 25 % sur les financements étrangers accordés aux ONG et considérés comme « soutenant » l’immigration illégale.

Il prévoit également des interdictions de territoire pour les étrangers soupçonnés de favoriser l’entrée en Hongrie de demandeurs d’asile, et la possibilité d’interdire aux citoyens hongrois d’approcher des zones frontalières.

Le texte comporte également une nouvelle disposition: l’obligation pour les ONG de se soumettre à une « vérification » des services de sécurité du pays avant d’être autorisées à travailler.

« Le projet de loi signifie une restriction injustifiée du droit à la liberté d’association et une poursuite inquiétante des atteintes du gouvernement contre les droits de l’homme et l’espace civique », a souligné le porte-parole du Haut-Commissariat.

« Nous appelons le gouvernement hongrois à réviser ces propositions de loi afin de garantir totalement la liberté d’association », a-t-il dit.

Panneau publicitaire représentant le milliardaire juif George Soros, à Szekesfehervar, en Hongrie, dans le cadre d’une campagne gouernementale, le 6 juillet 2017. (Crédit : Attila Kisbenedek/ AFP/Getty Images)

Officiellement baptisé « Stop Soros », le projet de loi vise nommément le milliardaire d’origine hongroise George Soros dont le Premier ministre souverainiste Viktor Orban a fait sa bête noire depuis deux ans, l’accusant d’orchestrer une « immigration de masse » vers l’UE.

Le milliardaire, qui finance plusieurs ONG de défense des droits civiques en Hongrie, a réfuté ces allégations, les qualifiant de « mensongères » et à tonalité « antisémite ».

Dans une précédente mesure visant M. Soros, la Hongrie avait adopté en juin une loi obligeant les ONG recevant plus de 24 000 euros de financements étrangers par an à se soumettre à un enregistrement spécifique, ce qui a provoqué l’ouverture par Bruxelles d’une procédure d’infraction.

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