Manifestation à Jérusalem après la libération du policier qui a tué un Ethiopien
Rechercher

Manifestation à Jérusalem après la libération du policier qui a tué un Ethiopien

13 manifestants ont été arrêtés quelques heures après la libération du policier qui a tiré mortellement sur Solomon Tekah alors qu'il n'était pas en service

  • La police arrête des manifestants alors que les Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
    La police arrête des manifestants alors que les Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
  • Des Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
    Des Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
  • Des Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
    Des Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
  • La police arrête des manifestants alors que les Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
    La police arrête des manifestants alors que les Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l'Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

Des dizaines d’Israéliens d’origine éthiopienne et leurs soutiens ont protesté lundi à Jérusalem alors que le policier accusé d’avoir tué un adolescent membre de la communauté le mois dernier a été libéré de son assignation à résidence sous caution de 5 000 shekels (1 250 euros) et assorti à d’autres restrictions.

Treize manifestants ont été arrêtés alors que la police les dispersait tandis qu’ils perturbaient la circulation.

Une commission de la Knesset se réunissait au même moment pour discuter des échecs du pays dans l’intégration des immigrants éthiopiens.

Devant la Knesset, quelques dizaines de manifestants ont protesté et chanté des slogans tels que « un flic meurtrier doit être en prison », « nous sommes tous Salomon Tekah » et « ni noirs, ni blancs, nous sommes tous des êtres humains ».

Des Israéliens d’origine éthiopienne manifestent devant la Knesset à Jérusalem le 15 juillet 2019, après la libération d’un policier qui a abattu un jeune homme d’origine éthiopienne à Haïfa le 30 juin. (Menahem Kahana/AFP)

Certains ont tenté de bloquer une route voisine avant d’être évacués par la police, qui a arrêté sept personnes à ce moment-là.

« En tant que mère, j’ai peur. Vous élevez un enfant, il sort et vous ne savez pas ce que la police pourrait lui faire », a déclaré Eden Gamber, une mère de deux enfants de Ramle, dans le centre d’Israël.

La police arrête des manifestants alors que les Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l’Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier qui n’était pas en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

La police a déclaré que la manifestation n’était pas autorisée et que les manifestants ont ignoré leurs instructions et ont bloqué la route, perturbant la circulation.

Les manifestants se sont ensuite rassemblés dans la rue Jaffa, dans la capitale, où la police a déclaré que six autres personnes avaient été arrêtées pour avoir bloqué les voies du tramway.

La mort de Solomon Tekah, 19 ans, le 30 juin, a déclenché trois jours de protestations nationales qui ont parfois tourné à la violence et causé des dégâts matériels.

L’officier, qui n’a pas été nommé publiquement, n’était pas en service lorsqu’il a tiré sur Tekah à Haïfa. Il a prétendu qu’il essayait de mettre fin à un combat de rue et qu’il avait été agressé par trois jeunes qui lui ont jeté des pierres, mettant sa vie en danger.

L’officier a affirmé qu’il n’avait pas pris Tekah pour cible et qu’il avait plutôt tiré vers le sol. Une enquête du Département des enquêtes internes de la police a révélé que la balle avait ricoché sur le sol avant de toucher Tekah, le blessant mortellement.

Worka et Wbjig Tekah tiennent une photo de leur fils Solomon Tekah, 19 ans, qui a été tué par un policier hors-service le 1er juillet 2019 à leur domicile de la ville israélienne de Haïfa, le 3 juillet 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les parents de Tekah se trouvaient dans la roseraie près du Parlement lors de la manifestation de lundi. Ils n’ont pas voulu commenter la libération du policier sans consulter auparavant leur avocat.

La mère de Yosef Salmasa, dont la famille affirme qu’il avait été conduit au suicide il y a cinq ans, des mois après une arrestation violente par la police, était également présente lors de la manifestation, selon la Treizième chaîne d’information.

« Il n’y a pas de justice. On est moins que des chiens à leurs yeux », a-t-elle dit à la foule.

Le tribunal de première instance de Haïfa a libéré l’agent de son assignation à résidence plus tôt lundi, mais il fait toujours face à des restrictions ordonnées par le tribunal en raison des accusations prévues d’homicide par imprudence. Le suspect se voit interdire l’accès au poste de police de Zevulun à Haïfa pendant 45 jours et a interdition de se rendre sur les lieux de l’assassinat.

Des Israéliens d’origine éthiopienne manifestent devant la Knesset à Jérusalem le 15 juillet 2019, après la libération d’un policier qui a abattu un jeune homme d’origine éthiopienne à Haïfa le 30 juin. (Menahem Kahana/AFP)

L’avocat Yair Nadashi, représentant l’officier, a déclaré à la Douzième chaîne de télévision que son client s’était caché avec sa famille en raison de menaces proférées contre eux, mais espère un jour reprendre son travail dans la police. Nadashi a dit que l’officier regrettait les conséquences de ce tir et présentait ses condoléances à la famille Tekah.

On s’attend à ce que le policier soit accusé d’homicide par imprudence, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 12 ans d’emprisonnement. Cette nouvelle catégorisation, qui a vu le jour il y a cinq jours dans le cadre d’une réforme du système judiciaire, s’applique lorsqu’on croit qu’un suspect a pris un risque déraisonnable, mais sans intention de causer la mort – comme par exemple, jouer avec une arme chargée ou conduire dangereusement.

Selon les médias israéliens, le Département des enquêtes internes de la police a déclaré lundi que l’enquête sur les tirs était terminée et que l’affaire avait été transférée au bureau du Procureur de l’Etat.

La famille Tekah a réagi lundi au déclassement attendu de l’infraction d’homicide involontaire à homicide par imprudence, en affirmant : « Toute la famille cherche à ce que la vérité soit découverte et que justice soit faite, et malheureusement les décisions du Département des enquêtes internes de la police et du ministère public dans leurs déclarations publiques montrent une tendance à attribuer une responsabilité réduite à un policier qui a tué notre être cher dans la force de l’âge. »

L’avocat de la famille a également déploré le fait que la modification de la loi signifiait que le policier pouvait faire face à des accusations moins graves et a déclaré que la libération de ce dernier était une « continuation directe de la conduite inadmissible » des responsables.

L’enquête sur la fusillade aurait jusqu’à présent corroboré la version des faits de l’officier.

L’incident a immédiatement déclenché de nouvelles accusations de brutalité policière et de racisme à l’égard de la communauté éthiopienne. Quelques jours après les tirs, des manifestants ont bloqué des routes, brûlé des pneus et dénoncé ce qu’ils ont qualifié de discrimination systémique contre les Israéliens d’origine éthiopienne.

Les manifestations se sont intensifiées après les funérailles de Tekah, lorsque des manifestants ont incendié des véhicules, renversé une voiture de police et affronté des policiers qui ont tenté de briser leurs barrages routiers de fortune.

Les Juifs éthiopiens, dont la lignée remonte à l’ancienne tribu israélite de Dan, ont commencé à arriver en grand nombre dans les années 1980, lorsqu’Israël les a secrètement transportés en Terre Sainte pour les sauver de la guerre et de la famine dans la Corne de l’Afrique.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...