Manuel Valls s’est dit prêt à « tout faire » pour battre le FN
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Manuel Valls s’est dit prêt à « tout faire » pour battre le FN

Mobilisation en France pour contrer une autre poussée d'extrême droite aux élections régionales ; Sarkozy a rejeté l'hypothèse d'un "front républicain"

Le Premier ministre français Manuel Valls à l'Assemblée nationale, à Paris, le 11 février 2015 (Patrick Kovarik / AFP)
Le Premier ministre français Manuel Valls à l'Assemblée nationale, à Paris, le 11 février 2015 (Patrick Kovarik / AFP)

A deux jours d’élections régionales abordées en pole position par l’extrême droite, les socialistes au pouvoir en France et l’opposition de droite jettent leurs dernières forces dans la bataille pour mobiliser leur électorat et contrer la poussée annoncée du Front national (FN).

Un nouveau sondage est venu confirmer vendredi, ultime jour d’une campagne écrasée par les attentats de Paris, la cohorte d’enquêtes plaçant depuis des semaines le parti de Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour du scrutin dimanche.

Le FN y est crédité de 30 % au niveau national, devant le parti Les Républicains (LR, opposition) de l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy et ses alliés centristes (29%). Les socialistes (PS) de son successeur François Hollande pointent loin derrière en troisième place à 22%.

« Trois semaines après les attentats, en plein état d’urgence, le scrutin de dimanche prend une dimension historique inattendue », a résumé le quotidien populaire Le Parisien, qui a publié l’enquête.

« Cette élection est une élection régionale et en même temps, elle sera vue au niveau national et au niveau mondial », a estimé le numéro un du PS, Jean-Christophe Cambadélis sur la télévision BFMTV.

Après ses percées l’an dernier aux municipales et aux européennes, le Front national ambitionne de provoquer un choc politique sans précédent aux élections régionales, les dernières en France avant la présidentielle de 2017.

Le parti de Marine Le Pen avait déjà le vent en poupe ces derniers mois mais le traumatisme des attaques jihadistes de Paris, qui ont fait 130 morts le 13 novembre, semble avoir accentué sa poussée.

Les dernières enquêtes d’opinion le placent en tête dimanche dans quatre à six des 13 régions en jeu. Sa victoire au second tour le 13 décembre est envisagée dans au moins deux, du jamais vu.

Marine Le Pen part grande favorite dans le nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), où elle se présente. Sa nièce Marion Maréchal-Le Pen pointe en tête dans le Sud, en Provence Alpes-Côte d’Azur.

Un sondage publié jeudi dans le quotidien Le Monde avance aussi la possibilité d’une victoire du FN dans la grande région Est (Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine), où le parti est emmené par le bras droit et « stratège » de Mme Le Pen, Florian Philippot.

‘Sursaut civique’

Le scrutin est aussi incertain dans d’autres régions, comme la Bourgogne-Franche-Comté (centre-est) ou la Normandie (nord-ouest).

Dans ce contexte, droite et gauche ont multiplié dans les dernières heures de la campagne les appels à la mobilisation d’un électorat tenté pour moitié par l’abstention.

« S’abstenir, c’est voter Front national », a martelé le patron du PS, appelant « l’ensemble des Français » à « un sursaut civique ».

« Prendre le risque d’avoir des régions qui basculent au Front national, c’est rajouter du malheur au malheur », a estimé le numéro deux des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet, en évoquant les attentats de Paris. « On a vécu un grand drame ( ), on ne va pas y rajouter une catastrophe politique ».

A la tête de toutes les régions sauf une, le PS pourrait en conserver trois ou quatre seulement après le 13 décembre. Le parti de François Hollande n’a pas profité jusqu’ici du rebond de popularité du président français depuis les attentats.

Il pâtit des divisions de la gauche et du piètre bilan économique de l’exécutif, avec un chômage quasi record affectant 3,59 millions de personnes.

La droite espère toujours gagner une majorité de régions mais elle a vu s’éroder les intentions de vote en sa faveur depuis les attentats au profit du FN, dont le discours nationaliste et antimigrants a joué à fond la carte de la menace de « l’islam radical ».

L’issue du scrutin dépendra beaucoup de l’attitude au second tour du PS et des Républicains dans les régions susceptibles de basculer à l’extrême droite: désistement voire alliance pour tenter de lui barrer la route, ou triangulaires risquant d’assurer sa victoire.

Le Premier ministre socialiste Manuel Valls s’est dit prêt à « tout faire » pour battre le FN mais à droite, Nicolas Sarkozy a rejeté l’hypothèse d’un « front républicain ».

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