Mike Pence condamne les agressions anti-juives en Europe
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Mike Pence condamne les agressions anti-juives en Europe

Lors d'une conférence sur la liberté religieuse, le vice-président US a déploré que les juifs français et allemands se voient demander de ne pas afficher leur religion en public

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, prend la parole à la réunion ministérielle sur l'avancement de la liberté de religion à Washington, le 26 juillet 2018. (Alex Wong/Getty Images/AFP)
Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, prend la parole à la réunion ministérielle sur l'avancement de la liberté de religion à Washington, le 26 juillet 2018. (Alex Wong/Getty Images/AFP)

WASHINGTON – Le vice-président américain Mike Pence a condamné jeudi l’augmentation des violences antisémites en Europe, déplorant le fait qu’il a été conseillé aux juifs français et allemands de ne pas s’identifier publiquement comme juifs.

Lors d’une conférence ministérielle de trois jours sur la liberté religieuse au département d’État, M. Pence a relevé une série d’agressions violentes contre des cibles juives au cours des dernières années, notamment la fusillade dans une école à Toulouse en 2012 et l’attaque terroriste de 2016 dans un supermarché casher de Paris.

« Le monde a vu avec horreur ces attaques contre le peuple juif », a dit M. Pence.

« En France et en Allemagne, la situation s’est tellement détériorée que les chefs religieux juifs ont déconseillé à leurs fidèles de porter la kippa en public de peur d’être violemment attaqués, et dans de trop nombreux cas, c’est exactement ce qui s’est passé”.

L’Anti-Defamation League (ADL) a répertorié les actes antisémites sur le continent et a déclaré que les incidents se multiplient dans plusieurs pays, notamment sous la forme d’attaques violentes, d’agressions et d’actes de vandalisme.

Des amis et des parents ont assisté aux funérailles des quatre victimes juives de l’attentat terroriste du magasin HyperCacher à Paris, qui s’est déroulé au cimetière Har HaMenuchot à Jérusalem, le 13 janvier 2015. (Crédit photo : Yonatan Sindel/Flash90)

La France et l’Allemagne sont les deux pays européens où ces phénomènes sont les plus répandus, selon l’ONG de surveillance.

D’autres pays ont connu une augmentation des actes de violence et des discours antisémites, notamment la Pologne, la Suède, la Hongrie et le Royaume-Uni.

Pence a fait remarquer jeudi que certains des Juifs de France sont des survivants de la Shoah, et ont vécu la résurgence de l’antisémitisme au cours de leur vie. Il devait faire référence à Mireille Knoll, une octogénaire juive assassinée à son domicile.

« Il est frappant de penser qu’au cours de la vie même de certains Juifs français – les mêmes Juifs français qui ont été forcés par les nazis de porter sur leurs vêtements des signes juifs identifiables – certaines de ces mêmes personnes sont maintenant enjointes par les responsables démocratiques de ne pas porter de vêtements juifs identifiables », a-t-il déclaré.

« Ces actes de violence, de haine et d’antisémitisme doivent cesser. »

Le président des États-Unis, Donald Trump, que Pence représente, a été accusé dans le passé de ne pas avoir clairement condamné les actes antisémites – ainsi que les antisémites qui le soutiennent politiquement. Il a notamment accusé « les deux parties » pour les violences qui ont éclaté à Charlottesville l’été dernier, et a indiqué qu’il y avait des « gens très bien » qui ont défilé avec les néo-nazis et le Ku Klux Klan.

L’antisémitisme suscite de vives inquiétudes en Allemagne, certains dirigeants de la communauté juive et hommes politiques mettant en garde contre les attitudes antijuives et antisionistes extrêmes au sein de plus d’un million de nouveaux réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, constituant une bombe à retardement.

L’Allemagne a été consternée par une agression antisémite en avril, impliquant un migrant syrien qui a agressé avec sa ceinture un Arabe israélien qui portait une kippa dans le cadre d’une expérience personnelle.

Une vidéo de l’agression de rue, filmée par la victime sur son smartphone, a déclenché une indignation générale en se propageant sur les réseaux sociaux et a déclenché des rassemblements de rue en solidarité avec les Juifs.

La Marche de la Kippa à Berlin, en solidarité aux Juifs allemands, le 15 juillet 2018. (Crédit : JFNA Marketing via JTA)

Les images de cette agression ont conduit le chef de l’organisation qui chapeaute les Juifs allemands, le Conseil central des Juifs d’Allemagne, à déconseiller aux hommes juifs de porter la kippa en public.

Plus tôt ce mois-ci, un professeur israélien a été attaqué par un Allemand d’origine palestinienne, qui a crié « Pas de Juif en Allemagne » en le frappant et en lui arrachant la kippa de la tête.

Dans la foulée des récentes agressions, des milliers d’Allemands se sont rassemblés lors d’une manifestation de solidarité « Berlin porte la Kippa », qui s’est accompagnée de manifestations moins importantes dans plusieurs autres villes allemandes pour dénoncer l’antisémitisme.

L’équipe du Times of Israel et JTA ont contribué à cet article.

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