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Miriam Naor, ex-présidente de la Cour suprême, est décédée à 74 ans

La juriste à la retraite, qui dirigeait la commission d'enquête de l'État sur la catastrophe de Meron, est considérée comme l'un des titans du droit israélien

La présidente sortante de la Cour suprême Miriam Naor prend la parole lors de sa cérémonie d'adieu à Jérusalem, le 6 novembre 2017. (Crédit : Flash90)
La présidente sortante de la Cour suprême Miriam Naor prend la parole lors de sa cérémonie d'adieu à Jérusalem, le 6 novembre 2017. (Crédit : Flash90)

L’ancienne juge en chef de la Cour suprême Miriam Naor est décédée lundi à l’âge de 74 ans. La cause du décès n’était pas immédiatement claire.

Mme Naor, qui a été nommée à la Cour suprême en 2003, a été à la tête de la plus haute juridiction d’Israël de 2015 à 2017, date à laquelle elle a pris sa retraite.

Au cours des derniers mois, Mme Naor était à la tête de la commission d’enquête de l’État sur le drame survenu lors du dernier pèlerinage au mont Meron, au cours duquel 45 personnes ont été tuées dans un mouvement de foule – la pire catastrophe civile de l’histoire d’Israël.

La cheffe de la Cour suprême Esther Hayut devrait choisir un nouveau président pour la commission dans les prochains jours.

La juge en chef de la Cour suprême, Esther Hayut lors d’une audience à la Cour suprême à Jérusalem, le 29 juillet 2019.
(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’autorité judiciaire a déclaré dans un communiqué qu’elle était « choquée par le chagrin et la douleur » à la nouvelle de la mort de Mme Naor.

Mme Naor est née à Jérusalem en 1947, et a obtenu son diplôme de droit à l’Université hébraïque de Jérusalem.

En 1980, elle a été nommée juge au tribunal de première instance de Jérusalem, à l’âge de 33 ans, et en 1988, elle est devenue juge au tribunal de district de Jérusalem.

Au cours de son mandat de 14 ans passé à la Cour suprême, Miriam Naor a supervisé certaines des affaires les plus importantes de l’histoire d’Israël, notamment en annulant une loi qui visait à retarder l’enrôlement des juifs ultra-orthodoxes dans l’armée, en interdisant à l’État d’expulser des migrants africains contre leur gré, en autorisant les supérettes de Tel-Aviv à fonctionner le Shabbat et en forçant le gouvernement à reconnaître les conversions privées au judaïsme pour des raisons de citoyenneté.

Miriam Naor, présidente de la Cour suprême, à Jérusalem, le 26 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au moment de prendre sa retraite après 38 ans dans le système judiciaire, Mme Naor avait exhorté Israël à préserver son essence démocratique.

« Même aujourd’hui, alors que les décennies ont passé et que j’ai servi dans tous les tribunaux, je suis reconnaissante que mon chemin m’ait conduite à être juge », avait-elle déclaré lors de son discours d’adieu.

« L’État d’Israël peut être fier de l’indépendance de son système judiciaire, qui ne craint rien d’autre que la loi », a déclaré Mme Naor. « L’indépendance judiciaire, cependant, ne doit pas être considérée comme acquise. Nous devons la protéger. Si nous ne protégeons pas la démocratie, la démocratie ne nous protégera pas. »

Un grand nombre de politiciens et de représentants du gouvernement ont exprimé leur tristesse suite à la mort soudaine de Mme Naor.

Le Premier ministre Naftali Bennett a qualifié Mme Naor de « juriste respectée » qui était toujours « attentive à maintenir l’équilibre requis entre l’étendue des valeurs de la société israélienne, et à renforcer le caractère national et sioniste de l’État d’Israël. »

« Par-dessus tout, elle était une personne du peuple », a déclaré Bennett. « Elle traitait chaque individu avec respect et veillait à utiliser ses mots avec calme ».

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, (à droite), avec la présidente de la Cour suprême, Miriam Naor, au ministère de la Justice à Jérusalem, le 22 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash 90)

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué Mme Naor pour son « profond engagement envers l’État d’Israël et le monde du droit, auquel elle a tant contribué tout au long de sa vie. »

Le président Isaac Herzog a déclaré que Mme Naor « restera dans l’histoire d’Israël comme la reine de la justice et comme l’un des titans du droit israélien – une femme sage, bien informée, sensible, forte et indépendante, qui est restée modeste même lorsqu’elle siégeait dans les plus hautes cours du pays. »

Le ministre de la Justice, Gideon Saar, a déclaré que Mme Naor était « une juge à travers chaque fibre de son être » et « une excellente juge et juriste, analytique, minutieuse, travailleuse et maîtrisant les détails. »

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, ancienne ministre de la Justice, a qualifié Mme Naor d’ « amie bien-aimée », qui n’a pas « laissé une pierre non retournée » dans sa poursuite de la justice. « Merci d’avoir consacré votre vie à l’État d’Israël », a déclaré Mme Shaked. « Votre travail sera gravé à jamais dans les annales de l’État d’Israël ».

Les membres de la commission sur la catastrophe de Meron (de gauche à droite), l’ancien maire de Bnei Brak, le rabbin Mordechai Karelitz, la présidente de la commission et ancienne juge en chef Miriam Naor et l’ancien chef de la planification de Tsahal, le major-général (de réserve) Shlomo Yanai, lors de la session d’ouverture de la commission à Jérusalem, le 22 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a déclaré que Mme Naor était « une figure exemplaire, un phare de la justice, de la sagesse et des valeurs, dont la contribution au monde du droit était inestimable. »

Le député d’extrême droite du Sionisme religieux Bezalel Smotrich, quant à lui, a déclaré qu’il avait du mal à faire l’éloge de Mme Naor.

« Je me souviendrai de Miriam Naor comme de quelqu’un qui a insisté pour démolir des maisons dans [les implantations et avant-postes de Cisjordanie] Ofra et Amona et Netiv Haavot », a déclaré Smotrich à Radio Galey Yisrael. « En bref, juste une autre présidente [de la Cour suprême] dans une longue lignée de ceux… qui ont détruit une institution autrefois glorieuse… il m’est difficile d’être hypocrite. »

En 2017, Mme Naor a été critiquée pour avoir refusé d’envoyer un représentant de la Cour suprême à une cérémonie d’État marquant les 50 ans du début de l’entreprise d’implantation, affirmant que la Cour ne devait pas prendre part à une « cérémonie controversée. »

Miriam Naor laisse derrière elle son mari, Arye, et ses fils, Michael et Naftali.

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