Mort à 94 ans de Sam Bloch, qui aura consacré sa vie au souvenir de la Shoah
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Mort à 94 ans de Sam Bloch, qui aura consacré sa vie au souvenir de la Shoah

Bloch a organisé des commémorations aux Etats-Unis et en Israël et a aidé à fonder les organismes de collecte de fonds pour Yad Vashem et l'armée israélienne

Sam Bloch s'exprimant durant une cérémonie marquant le 60ème anniversaire  de la libération du camp de Bergen-Belsen, le 17 avril 2015 (Crédit :  JOCHEN LUEBKE/AFP/Getty Images)
Sam Bloch s'exprimant durant une cérémonie marquant le 60ème anniversaire de la libération du camp de Bergen-Belsen, le 17 avril 2015 (Crédit : JOCHEN LUEBKE/AFP/Getty Images)

Sam Bloch, un survivant de l’Holocauste qui aura consacré une grande partie de sa vie à s’assurer que le meurtre de millions de Juifs ne serait jamais nié et que les vies qu’ils avaient connues ne seraient jamais oubliées, est mort dimanche. Il avait 94 ans.

Bloch était un cadre de l’Organisation sioniste mondiale et de l’Agence juive depuis 50 ans.

Il avait été l’un des principaux organisateurs des rassemblements historiques de survivants qui ont eu lieu à Jérusalem, Washington, Philadelphie et New York. Le New York Times avait publié un long article au sujet de Bloch et de sa famille en 1981 alors qu’ils se préparaient à assister au Rassemblement mondial des survivants juifs de la Shoah à Jérusalem.

« La mémoire renforce notre humanité, elle nous rend meilleurs envers les autres, envers nos enfants », avait dit Bloch au Times. « Peut-être ne sourions-nous pas, peut-être ne rions-nous pas comme les autres le font mais nous chérissons notre vie : Elle a été durement gagnée ».

Bloch avait été un fondateur de Beit Hatfutsot : le musée du peuple juif (alors connu sous le nom de musée de la diaspora juive) et il a été président des Amis américains du Beit Hatfutsot et membre de son conseil d’administration. Il a également été pendant de nombreuses années membre du conseil d’administration de la section américaine du Congrès juif mondial.

De plus, Bloch avait aidé à créer la Société internationale de Yad Vashem, l’autorité de commémoration de l’Holocauste, et était l’un des fondateur des Amis américains de l’armée israélienne.

Bloch est né à Ivie, en Pologne, l’actuelle Biélorussie. Il avait fréquenté le lycée à Vilnius, et se trouvait chez lui, pendant les vacances, au moment où la Seconde Guerre mondiale a éclaté, selon des informations transmises par sa famille.

Son père a été assassiné par l’unité nazie mobile Einsatzgruppen et Bloch, sa mère et son frère avaient fui le ghetto juif, se cachant dans un premier temps chez des agriculteurs chrétiens, puis dans la forêt. Ils avaient été rejoints plus tard par la brigade des partisans Bielski et étaient parvenus à survivre à la guerre.

Il avait été le plus jeune responsable du Comité juif qui avait supervisé le camp de personnes déplacée de Bergen-Belsen, qui a été le plus grand d’Allemagne et un centre majeur de réintégration pour 50 000 survivants de la Shoah. Il avait aussi dirigé des opérations de sauvetage en aidant à faire émigrer d’Europe des survivants de l’Holocauste vers la Palestine d’alors.

Il avait rencontré celle qui est resté son épouse pendant 69 ans, Lilly Czaban, dans le camp de personnes déplacées. Ils étaient ensuite partis s’installer aux Etats-Unis.

Bloch a été président de l’association ‘American Gathering of Jewish Holocaust Survivors and Their Descendants’, qui réunit les rescapés et leurs descendants et il avait également été à la tête de la Commission de conseil de la fondation des sites de commémoration de la Seconde Guerre mondiale en basse-Saxe, en Allemagne. Il avait aussi été membre de son bureau.

En 1981, Elie Wiesel, qui était alors à la tête du Conseil du mémorial de la Shoah américain, l’avait nommé au poste de directeur de sa commission consultative et il l’avait fait entrer comme membre de ses commissions chargées du Développement, des journées du souvenir et des contenus.

Bloch avait été intégré par le maire de New York de l’époque, Ed Koch, à la commission qui avait créé le musée du patrimoine juif – mémoire vivante de la Shoah. En tant que chef de la section juive du Fonds humanitaire suisse, il avait aidé à la distribution de 180 millions de dollars aux survivants nécessiteux. Il avait continué à servir au bureau de la Conférence des revendications matérielles juives contre l’Allemagne jusqu’à sa mort.

Il avait publié 30 volumes de mémoires, d’histoire et de poésie sur la Shoah en anglais, hébreu et yiddish, en tant qu’éditeur de la maison Bergen-Belsen Memorial Press, ainsi que de nombreux ouvrages documentaires significatifs.

« Sam était un géant, l’un des derniers de ce qui était véritablement la ‘plus grande des générations’ qui avait émergé de la Shoah – non avec amertume ou avec haine, mais avec la détermination de créer de nouvelles familles et de reconstruire la vie juive, tout en consacrant son énergie à perpétuer le souvenir de l’Holocauste et à renforcer l’identité juive », a commenté le gendre de Bloch, Menachem Rosensaft, né lui-même au camp de personnes déplacées de Bergen-Belsen et qui est membre fondateur du Réseau international des enfants des survivants de l’Holocauste juif. « Il a été un Sioniste toute sa vie et il s’est consacré à l’unité du peuple juif avec l’Etat d’Israël en son cœur ».

Il laisse derrière lui son épouse, deux filles, des petits-enfants et des arrières-petits-enfants.

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