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Mort de Léon Gautier, dernier survivant français à avoir débarqué en Normandie

Vivant à Ouistreham depuis les années 1990, le dernier membre du commando Kieffer se battait inlassablement "pour la paix" et la mémoire

L'ancien soldat français de la Seconde Guerre mondiale du Commando Kieffer Leon Gautier assiste à une cérémonie en hommage aux 177 membres français du "Commando Kieffer" des Fusiliers Marins qui ont participé au débarquement en Normandie, dans le cadre du 79e anniversaire du Débarquement de la Seconde Guerre mondiale, à Colleville-Montgomery, en Normandie, le 6 juin 2023. (Crédit :  Ludovic MARIN / POOL / AFP)
L'ancien soldat français de la Seconde Guerre mondiale du Commando Kieffer Leon Gautier assiste à une cérémonie en hommage aux 177 membres français du "Commando Kieffer" des Fusiliers Marins qui ont participé au débarquement en Normandie, dans le cadre du 79e anniversaire du Débarquement de la Seconde Guerre mondiale, à Colleville-Montgomery, en Normandie, le 6 juin 2023. (Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Léon Gautier, dernier survivant des 177 Français à avoir débarqué le 6 juin 1944 en Normandie, est décédé lundi à l’âge de 100 ans, a annoncé le Mémorial de Caen sur Twitter, confirmant une information de Ouest-France.

Léon Gautier était le dernier membre du commando Kieffer, un bataillon de 177 fusiliers marins qui avait débarqué sur les côtes normandes. Il est décédé lundi à 7h40 dans un établissement hospitalier de Caen, a précisé à l’AFP le maire de Ouistreham (Calvados) Romain Bail.

Le président Emmanuel Macron lui a immédiatement rendu hommage dans un tweet.

« +Nous ne sommes pas des héros, nous n’avons fait que notre devoir+, répétait-il. Dernier membre du commando Kieffer qui débarqua avec ses 176 camarades français en Normandie le 6 juin 1944, héros de la Libération, Léon Gautier nous a quittés. Nous ne l’oublierons pas », a réagi le chef de l’Etat.

« Ouistreham est très triste aujourd’hui (lundi), nous sommes un peu orphelins de ce père, ce grand-père, un héros local connu de tous qui a transmis un certain nombre de valeurs pour la liberté dont il a été un ardent défenseur en débarquant sur nos plages », a déclaré de son côté M. Bail.

« Les services de l’Etat m’ont confirmé qu’un hommage national lui serait rendu en Normandie », a-t-il ajouté.

« La plus mauvaise chose qu’on puisse voir, c’est une guerre. Parce qu’on tue des gens en face qui n’ont jamais rien fait, qui ont une famille, des enfants. Tout ça pour arriver à quoi ? », déclarait fin octobre le vétéran qui ne ratait jamais une occasion, coiffé de son béret vert, d’inviter la jeunesse à « se battre pour la paix ».

« C’est un souvenir qu’on n’oublie pas », disait fin octobre ce Grand Officier de la Légion d’Honneur, habillé en costume cravate sur son fauteuil roulant.

« Le 6 juin, on a libéré 1,8 km de plage et on a parcouru 19 km dans la journée. Puis on a passé 78 jours et 78 nuits en première ligne dans une tranchée », expliquait-t-il en mai 2014.

Léon Gautier n’a jamais oublié le « copain », tombé ce jour-là à quelques mètres de lui, « le haut de la tête arraché » durant une contre-offensive allemande, comme il l’avait raconté à une journaliste de l’AFP.

Le président français Emmanuel Macron (devant à droite) et le vétéran français de la Seconde Guerre mondiale du Commando Kieffer Léon Gautier (C) sortent d’une cérémonie en hommage aux 177 membres français du « Commando Kieffer » des Fusiliers Marins qui ont participé au débarquement en Normandie, dans le cadre du 79e anniversaire du Débarquement de la Seconde Guerre mondiale, à Colleville-Montgomery, en Normandie, le 6 juin 2023. (Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Et pourtant, au lendemain de la guerre, « j’ai été démobilisé sans un sou, sans rien ». « Tous les Français libres étaient dans la même situation », confiait sans amertume celui qui s’était engagé dans la Marine française en février 1940.

A 17 ans, sous l’influence notamment d’une famille « anti-boches » qui avait perdu certains des siens durant la Première Guerre mondiale, il avait rallié Londres et le général Charles de Gaulle en juillet, après l’Armistice, avant d’aller se battre au Cameroun, au Congo, en Syrie, au Liban.

En 1945, « je n’ai plus retrouvé en France la grande solidarité de ma jeunesse (…) C’était chacun pour soi. Ceux qui avaient travaillé avec les Allemands avaient la petite combine du marché noir. Ils y arrivaient », se remémorait Léon Gautier.

Né le 27 octobre 1922 à Rennes (ouest) dans une famille modeste, il travaille dès 13 ans comme carrossier, « à l’époque de la semaine de 48 heures et sans congés payés ».

Après la guerre, il retourne en Angleterre avec son épouse Dorothy rencontrée Outre-Manche, pour sept ans, travaille plus de « 60 heures par semaine », revient en France et repart comme chef d’atelier, pendant sept ans encore, en Afrique, avant un accident qui le ramène au pays. Il est alors plâtré du cou aux pieds.

Là, ce père de deux enfants qui a toujours « adoré les Anglais » et admiré Churchill -« qui n’a pas lâché le morceau »- passe à 38 ans un examen pour devenir expert automobile.

« Partir de zéro en 1945 m’a obligé à me battre un peu partout pour vivre. J’ai une petite maison à moi, gagnée à la sueur de mon front. J’y suis heureux. Je n’ai pas besoin d’un château », précisait l’ancien combattant au regard incisif sur le monde.

Vivant à Ouistreham (ouest) depuis les années 1990, Léon Gautier se battait inlassablement « pour la paix » et la mémoire.

« La paix, faut pas la reperdre. Dans ses choix, il faut être très vigilant. Les Allemands ont suivi Hitler comme des moutons de Panurge. Ça peut nous arriver », proclamait-il.

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