Rechercher

Les dernières attaques des Houthis contre l’aéroport de Ryad font trois morts, selon les autorités saoudiennes

Les rebelles du Yémen soutenus par l'Iran réitèrent leurs menaces contre les avions survolant l'Arabie saoudite, puis signalent deux morts dans des frappes saoudiennes sur l'aéroport de Sanaa

De la fumée et des flammes s'élèvent de l'aéroport King Khalid, après que les Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont déclaré avoir attaqué cet aéroport, situé à Ryad, en Arabie saoudite, le 8 octobre 2026, comme le montre cette capture d'écran tirée d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. (Crédit : Réseaux sociaux/via Reuters)
De la fumée et des flammes s'élèvent de l'aéroport King Khalid, après que les Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont déclaré avoir attaqué cet aéroport, situé à Ryad, en Arabie saoudite, le 8 octobre 2026, comme le montre cette capture d'écran tirée d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. (Crédit : Réseaux sociaux/via Reuters)

Les deux attaques qui ont visé jeudi l’aéroport de Ryad ont coûté la vie à trois ressortissants saoudiens, ont indiqué vendredi les autorités, alors que les Houthis du Yémen ont intensifié leurs tirs de missiles contre le royaume et tenté de fermer son espace aérien, semant la panique auprès de certaines compagnies et autorités du secteur aérien.

Les rebelles yéménites soutenus par l’Iran ont déclaré jeudi avoir frappé l’aéroport international King Khalid avec deux missiles de croisière.

Ces frappes, qui ont également fait plusieurs blessés, ont endommagé un avion de la compagnie Saudia Airlines, faisant s’élever une épaisse colonne de fumée au-dessus de l’aéroport. La compagnie aérienne a indiqué que l’un de ses employés figurait parmi les victimes.

Par ailleurs, les médias houthis ont fait savoir vendredi que les frappes saoudiennes contre l’aéroport de Sanaa avaient tué deux personnes, dans le cadre d’une guerre aérienne de plus en plus intense – avec des combats qui ont été lancés pour mettre fin aux récentes attaques des Houthis, à leurs avancées territoriales et à leurs menaces pesant sur le transport maritime international. L’agence de protection civile de la capitale yéménite, contrôlée par les rebelles, a annoncé avoir éteint quatre incendies causés par les frappes saoudiennes, dont un aurait, selon elle, détruit une usine.

Plus tôt vendredi, des responsables des Houthis et des médias qui leur sont affiliés ont fait état de frappes aériennes saoudiennes contre des cibles du mouvement à Sanaa pendant la nuit.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite et qui soutient les forces gouvernementales yéménites a indiqué avoir détruit trois rampes de lancement de missiles utilisées par les Houthis, et a affirmé qu’elle riposterait fermement à toute attaque dirigée contre des civils.

Un panache de fumée s’élève lors d’une frappe aérienne attribuée à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite sur Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, le 9 octobre 2026. (Crédit : AFP)

L’ambassadeur d’Arabie saoudite au Yémen, qui supervise l’engagement du royaume dans ce pays depuis plus d’une décennie, a également déclaré vendredi, dans un message publié sur les réseaux sociaux, que le détroit stratégique de Bab el-Mandeb avait été libéré des Houthis.

Reuters n’a pas été en mesure de vérifier cette affirmation. Toutefois, les forces houthies sont toujours présentes à Mocha, un peu plus au nord sur la côte ; les forces gouvernementales, quant à elles, concentrent désormais leurs efforts sur un combat dans les collines voisines, qui surplombent la région.

Les compagnies aériennes suspendent leurs vols vers Ryad

Les Houthis, qui ont encerclé les forces du gouvernement yéménite à Taïz, la troisième plus grande ville du Yémen, et qui tentent de défendre leurs positions sur la côte de la mer Rouge face à une offensive soutenue par l’Arabie saoudite, avaient déjà tué trois personnes dans des frappes contre des aéroports du royaume au début de la semaine.

Vendredi, les rebelles ont réitéré leurs menaces à l’encontre des avions survolant l’Arabie saoudite – exception faite des espaces aériens au-dessus des villes saintes musulmanes de La Mecque et de Médine -, qualifiant le ciel saoudien de théâtre d’opérations pour leurs forces de missiles.

L’autorité saoudienne de l’aviation civile a annoncé que les opérations à l’aéroport de Ryad avaient repris leur cours normal vendredi. Le site mondial de suivi des vols Flightradar24 avait toutefois, vendredi à 13 h 05 GMT, recensé 131 annulations de vols à destination et en provenance de Ryad, faisant suite à des centaines d’autres annulations similaires, la veille.

L’aéroport de Ryad est le deuxième aéroport le plus fréquenté d’Arabie saoudite après celui de Djeddah, avec 296 800 vols traités en 2025, soit environ 813 par jour, selon l’Autorité générale des statistiques d’Arabie saoudite.

Des visiteurs en Arabie saoudite attendent dans le terminal de l’aéroport international King Khalid, à Ryad, en Arabie saoudite, le 10 mars 2026. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Parmi les compagnies aériennes ayant annulé leurs vols vers et depuis Ryad à la suite des attaques de jeudi figuraient des membres du groupe multinational Lufthansa, dont le siège se trouve en Allemagne, ainsi que trois transporteurs indiens.

Les compagnies aériennes du Golfe ont également été touchées. Etihad Airways a ainsi fait savoir que des « perturbations des opérations à l’aéroport de Ryad » avaient conduit la compagnie émiratie à annuler six vols entre Abou Dhabi et Ryad programmés vendredi, ainsi que deux autres prévus samedi.

Une autre compagnie émiratie, flydubai, a elle aussi annoncé l’annulation de ses vols entre Dubaï et plusieurs destinations en Arabie saoudite pour le week-end.

« Les vols à destination de Ryad et de Yanbu ont été annulés jusqu’au 10 octobre inclus ; ceux à destination d’Abha ont été annulés jusqu’au 11 octobre inclus », a confirmé un porte-parole de flydubai.

Après les attaques qui ont visé jeudi l’aéroport de Ryad, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a pour sa part décidé d’étendre la zone de l’espace aérien saoudien considérée comme déconseillée aux compagnies aériennes. L’AESA a intégré à son avertissement une zone située au nord-ouest de l’Arabie saoudite.

« Les attaques régulières de missiles et de drones, associées à l’activation des systèmes de défense aérienne, entraînent un risque accru d’identification erronée d’avions civils, ainsi que des risques liés au survol de missiles et de drones, aux activités d’interception et à la chute de débris », a précisé l’autorité de régulation dans une mise à jour du bulletin d’information sur les zones de conflit qui avait été initialement publié le 30 septembre.

Les récentes attaques témoignent également de la capacité et de l’intention des Houthis de frapper des cibles situées plus à l’intérieur du territoire saoudien, notamment la capitale, a souligné l’autorité de régulation de l’UE.

Des partisans des rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, se rassemblent pour manifester leur soutien au groupe à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, le 9 octobre 2026. (Crédit : Mohammed HUWAIS/AFP)

L’OPSGROUP, une organisation regroupant près de 10 000 professionnels de l’aviation adhérents, qui partage des informations sur les risques aériens, a également adressé vendredi à ses membres un avertissement les invitant à « ne pas voler » vers l’Arabie saoudite, faisant état de risques continus d’attaques de missiles et « d’erreurs d’appréciation » dans les ripostes défensives.

« Nous recommandons désormais d’éviter totalement toute opération en Arabie saoudite, ce qui comprend l’utilisation des aéroports saoudiens comme aéroports de déroutement », a indiqué l’OPSGROUP, dans une note transmise à Reuters.

L’ambassade des États-Unis aux Émirats arabes unis a pour sa part conseillé aux citoyens américains de faire preuve d’une vigilance accrue. Elle a invoqué les attaques des Houthis contre des cibles civiles en Arabie saoudite pour justifier cette mise en garde, ajoutant que les hostilités pourraient rapidement s’intensifier.

Par ailleurs, Ryad doit accueillir, à compter de dimanche, le WPC Energy Congress, un rendez-vous majeur réunissant des ministres du Pétrole, des responsables gouvernementaux et des dirigeants de compagnies pétrolières. Vendredi, cet événement bénéficiait encore d’une large couverture médiatique.

Le ministre italien de l’Énergie, Gilberto Pichetto Fratin, a annoncé qu’il n’y assisterait pas en personne, mais qu’il y participerait par visioconférence. Fratin n’a fourni aucune explication quant à sa décision.

Combats acharnés au Yémen

La guerre civile au Yémen s’est rapidement imposée comme le front le plus violent du conflit régional plus large qui a éclaté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé, le 28 février, une campagne conjointe de bombardements contre l’Iran, dans le but de déstabiliser le régime de la république islamique et de démanteler ses programmes balistiques et nucléaires.

Ce conflit a profondément perturbé les voies maritimes pétrolières de la région. Les Houthis ouvrent le feu sur les navires en mer Rouge et à son point d’accès sud, le détroit de Bab el-Mandeb, réduisant encore davantage l’approvisionnement en pétrole du Golfe, tandis que l’Iran poursuit son blocage partiel du détroit d’Ormuz.

Le mois dernier, les Houthis ont effectué une progression éclair le long de la côte yéménite de la mer Rouge, afin de prendre le contrôle total du littoral du détroit. Une situation qui a poussé l’Arabie saoudite à se réengager dans ce conflit longtemps resté en sommeil, et à soutenir une contre-offensive du gouvernement.

Lundi, les forces du gouvernement yéménite, soutenues par Ryad, ont repris le contrôle du littoral de Bab el-Mandeb, après d’intenses frappes aériennes saoudiennes. Les combats se poursuivent toujours.

Un homme passe devant une fresque représentant les restrictions imposées à la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’une des principales voies maritimes mondiales, à Sanaa, au Yémen, le 14 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Osamah Abdulrahman)

Les Houthis sont également parvenus à couper la route principale reliant la ville de Taïz, qui compte plus d’un demi-million d’habitants et abrite une garnison de plusieurs milliers de combattants favorables au gouvernement, aux zones de montagne où ils progressent.

Ce groupe, dont l’étendard proclame « Mort à l’Amérique, mort à Israël, maudits soient les Juifs », a annoncé avoir lancé à plusieurs reprises des salves de missiles balistiques en direction de l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite a sollicité l’aide du Pakistan et de la Turquie, ses partenaires dans le cadre d’un pacte de défense mutuelle, afin de repousser les attaques des Houthis. Le royaume a en outre appelé ses alliés à lui apporter un soutien plus large, notamment pour l’aider à faire reculer les avancées du groupe au Yémen.

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.