Netanyahu cherche à évincer les députés qui ont rencontré des familles de terroristes
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Netanyahu cherche à évincer les députés qui ont rencontré des familles de terroristes

Le Premier ministre déclare qu’il instituera une législation après l’observation d’une minute de silence de députés de la Liste arabe unie pendant une rencontre avec les proches de tueurs palestiniens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 30 décembre 2015, avec le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 30 décembre 2015, avec le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’il voulait promouvoir une législation qui permettrait de disqualifier les députés qui suivraient les pas des trois députés qui ont récemment rencontré des familles de terroristes et auraient exprimé leur solidarité avec elles.

Netanyahu n’a pas donné plus d’informations sur la législation qu’il chercherait à avancer mais à mentionner ces trois députés spécifiquement, les accusant de « construire des murs de haine » pour résister aux efforts israéliens pour intégrer la communauté arabe.

« Beaucoup de citoyens israéliens n’ont pas le sentiment que ces députés les représentent. Nous faisons de grands efforts, un grand investissement pour impliquer les citoyens arabes dans la société israélienne, et [ces députés] font l’exact opposé, ils construisent des murs de haine », a-t-il déclaré au début de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

Pendant le week-end, il est apparu que les députés Hanin Zoabi, Jamal Zahalka et Basel Ghattas, de la Liste arabe unie, ont rencontré les proches de Palestiniens tués pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, afin de tenter de les aider à récupérer leurs corps pour les enterrer. Tous trois sont du parti Balad, qui s’est intégré à la Liste arabe unie.

Les trois députés ont défendu cette rencontre, qui s’est attiré de vastes condamnations israéliennes, déclarant qu’elle ne constituait pas un soutien au terrorisme, bien que les députés aient observé une minute de silence pour les attaquants et qu’au moins un d’entre eux a comparé les terroristes à des « martyrs ».

Trois députés arabes israéliens rencontrent les familles de terroristes palestiniens, le 2 février 2016. (Crédit : Palestinian Media Watch)
Trois députés arabes israéliens rencontrent les familles de terroristes palestiniens, le 2 février 2016. (Crédit : Palestinian Media Watch)

A la suite de la rencontre, le parti Balad a accusé Netanyahu d’essayer de rendre l’incident politique.

« Quand [Netanyahu] a compris qu’il n’y avait pas d’agissement criminel dans le contact que les députés ont eu, il a essayé de capitaliser politiquement pour faire avancer une législation qui nuira à la représentation politique de la minorité arabe », a déclaré le parti dans un communiqué, selon la Dixième chaîne.

Alors que les députés jouissent de l’immunité contre les poursuites criminelles, Netanyahu a demandé samedi soir au procureur général Avichai Mandelblit d’explorer des moyens pour qu’ils puissent néanmoins être accusés de soutien au terrorisme.

Au même moment, Netanyahu a déclaré qu’il voulait faire avancer des lois pour les exclure de la Knesset.

« Je demanderai à examiner de nouveaux changements législatifs qui permettront que ceux qui agissent d’une telle manière ne puissent pas siéger à la Knesset israélienne. Je pense que c’est important pour établir dans quel genre de société nous voulons vivre » a déclaré Netanyahu, sans spécifier ce qu’il entendait par « une telle manière ».

Le Premier ministre a ajouté que lui et le président de la Knesset Yuli Edelstein avait rempli une plainte contre les trois députés auprès du comité d’éthique de la Knesset.

Le Premier ministre a déclaré qu’il attendait que « tous les membres de l’opposition qui ont à juste titre été scandalisés par ce sujet soutiennent les différentes propositions que nous mettrons sur la table ».

« J’essaie d’imaginer ce qu’il se serait passé au Parlement britannique ou au Congrès américain si un député avait observé une minute de silence pour les meurtriers de citoyens britanniques ou américains. Je pense que cela aurait déclenché un scandale immense, et à juste titre », a-t-il déclaré.

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