Netanyahu et les mouvements pro-implantations saluent la confirmation du nouvel envoyé américain
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Netanyahu et les mouvements pro-implantations saluent la confirmation du nouvel envoyé américain

David Friedman a été confirmé avec 52 voix pour et 46 contre ; les précédents envoyés américains avaient tous été confirmés à l'unanimité, selon JStreet

David Friedman lors de son audition de confirmation pour le poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Israël au Sénat, le 16 février 2017 (Crédit : capture d’écran YouTube/CSpan)
David Friedman lors de son audition de confirmation pour le poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Israël au Sénat, le 16 février 2017 (Crédit : capture d’écran YouTube/CSpan)

Le Sénat des Etats-Unis a confirmé jeudi la nomination du prochain ambassadeur de Washington en Israël, David Friedman, un avocat américain juif proche de Donald Trump et controversé pour ses positions radicales en faveur des implantations.

Lors d’un vote en séance plénière, Friedman a reçu 52 voix pour et 46 contre. Deux sénateurs démocrates se sont prononcés pour et deux élus républicains n’ont pas participé à la séance.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a aussitôt tweeté que « David Friedman serait chaleureusement accueilli en tant que représentant du président Trump et ami proche d’Israël ».

L’ambassadeur israélien aux États-Unis Ron Dermer a également félicité Friedman sur les réseaux sociaux. Il a déclaré sur Twitter être « impatient de travailler étroitement avec [Friedman] pour que les liens entre Israël et les États-Unis soient plus forts que jamais ».

L’avocat, âgé de 57 ans, parlant hébreu et ami de longue date du président entrera en fonction dans un contexte des plus sensibles, avec une mission diplomatique des plus délicates.

Fier défenseur et mécène du mouvement des implantations, Friedman a ouvertement déclaré qu’il estimait que l’activité implantatoire en Cisjordanie ne constitue pas un obstacle à la paix et qu’Israël ne fait pas face à une « menace démographique » qui porterait atteinte au caractère juif de l’État s’il ne se séparait pas des Palestiniens. Cette position marque une rupture par rapport à la politique américaine de ces dernières années.

Le Conseil de Yesha, qui rassemble tous les groupes pro-implantations ont salué cette confirmation et ont décrit Friedman comme « un vrai ami d’Israël qui a une compréhension profonde de la réalité sur le terrain et qui sera un véritable atout pour les relations israélo-américaines ».

« Le Conseil de Yesha est impatient de travailler conjointement avec lui pour construire un avenir meilleur pour tous ceux qui vivent dans la région. Les villes israéliennes de Judée et de Samarie font partie du puzzle de la paix et ne peuvent plus être marginalisées », a déclaré Oded Revivi, porte-parole du Conseil de Yesha à l’étranger dans un communiqué jeudi.

L’association Republican Jewish Coalition a salué la confirmation de ce « confident de longue date du président Trump » grâce à qui « la relation entre les Etats-Unis et Israël va se renforcer ».

Frideman n’a aucune expérience politique ou diplomatique. Il succèdera à Dan Shapiro, qui avant d’occuper le poste d’ambassadeur, était directeur du bureau Moyen Orient et Afrique du Nord au Conseil de Sécurité nationale aux États-Unis.

Donald Trump et l'avocat David Friedman sortent de l'immeuble fédéral à laz suite d'une apparition devant le Tribunal des Faillites, le jeudi 25 février 2010 à n Camden, New Jersey. (Crédit : Bradley C Bower/Bloomberg News, via Getty Images / JTA)
Donald Trump et l’avocat David Friedman sortent de l’immeuble fédéral à laz suite d’une apparition devant le Tribunal des Faillites, le jeudi 25 février 2010 à n Camden, New Jersey. (Crédit : Bradley C Bower/Bloomberg News, via Getty Images / JTA)

Aux côtés de Jason Greenblatt, Friedman était membre de la commission de conseil sur Israël durant la campagne de Trump et est devenu l’un de ses principaux représentants face à la communauté juive et aux médias juifs.

Mais Trump et Greenblatt semblent faire taire l’idée qu’ils donnaient, à savoir, qu’ils laisseraient carte blanche aux constructions dans les implantations, et pour l’instant, la position de Friedman n’est pas connue. Durant l’audition de confirmation, il semblait avoir adopté une position plus modérée sur la question.

Durant la campagne, Friedman était connu comme un tison prêt à déverser une rhétorique incendiaire face à ceux qui ne partageaient pas ses positions vis-à-vis d’Israël.

L’évènement le plus notable était sans doute celui de sa chronique pour le site juif d’extrême droite Israel National News, en juin. Friedman avait accusé les sympathisants du groupe pacifiste J Street d’être « bien pires que des kapos », en référence aux juifs qui avaient aidé les nazis durant l’Holocauste.

Il a présenté ses excuses pour ces propos durant une audition de confirmation le mois dernier.

L’organisation américaine juive de gauche, J Street, s’est de son côté félicitée de l’opposition qu’a reçue cette nomination.

« Près de la moitié du Sénat a voté contre un candidat ni qualifié, ni adapté, dont les prédécesseurs avaient été élus à l’unanimité. La ferme opposition dont fait l’objet Friedman montre bien que les positons extrémistes et son discours sur le conflit israélo-palestinien ne s’inscrit clairement pas dans la lignée de la politique américaine », a déclaré J Street dans un communiqué.

David Friedman, alors conseiller sur Israël de Donald Trump, pendant un évènement pro-Trump à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
David Friedman, alors conseiller sur Israël de Donald Trump, pendant un évènement pro-Trump à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

« L’important poste d’ambassadeur des États-Unis en Israël a été occupé par des agents de la fonction publique capables d’obtenir la totalité du soutien auprès des deux partis. C’est déplorable que ce poste soit désormais occupé par un personnage si séparatiste et agressif, dont la vie a été dédiée à faire progresser un programme idéologique dangereux en Israël et en Cisjordanie. »

Le New Israel Fund a déclaré dans un communiqué que Friedman « a peut-être été confirmé pour être le nouvel ambassadeur américain en Israël, mais tous ceux qui auront suivi le processus de sa confirmation verront que ses positions extrêmes ultra-nationalistes ont été répudiées. »

« Il n’y a aucun autre moyen d’expliquer les objections des communautés juives américaines, des intellectuels et du corps diplomatique américain. Il n’y a aucun autre moyen d’expliquer qu’il a démenti tout ce qu’il déclarait durant l’audition de confirmation », a declaré Daniel Sokatch, président du NIF.

Le groupe a déclaré que les actions de Friedman et ses mots « sont la preuve d’un alignement au gouvernement israélien ultra-nationaliste et de son soutien au mouvement des implantations qu’il a financé et parrainé toute sa vie ».

« C’est un danger pour la solution à 2 États, et cette nomination pourrait marquer la fin de l’ère durant laquelle l’Amérique a pris ses responsabilités pour défendre les droits de l’Homme et promouvoir la démocratie en Israël et dans la région », a déclaré Sokatch.

Le groupe Union for Reform Judaism a déclaré que bien qu’ils se soit opposé à sa nomination, il espère qu’à l’instar de Greenblatt, Friedman « interagira avec d’autres voix et fera preuve d’ouverture et de transparence ».

« Nous espèrerons que Friedman tiendra la promesse tenue durant son audition de confirmation, quand il a affirmé que la solution à deux États reste la meilleure option pour la paix. Nous ne pouvons qu’approuver l’idée que deux états pour deux peuples qui vivraient côte à côte en paix et en sécurité doit rester l’objectif ultime », a déclaré le groupe dans un communiqué.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a voté contre le futur ambassadeur « bien trop clivant pour servir à l’un des postes diplomatiques les plus sensibles ».

« Ses opinions dangereuses et sa rhétorique haineuse vont déstabiliser un peu plus cette région déjà volatile », a protesté l’élue.

Le président Trump, qui avait affiché durant sa campagne des positions très pro-israéliennes, avait nommé en décembre cet avocat juif, partisan des implantations et de l’annexion par Israël de parties de la Cisjordanie.

M. Friedman s’était aussi déclaré en faveur du déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, un projet de campagne de Donald Trump qui avait soulevé un tollé international et sur lequel il semble avoir reculé.

Lors de son audition de confirmation devant le Sénat mi-février, le futur ambassadeur américain avait mis de l’eau dans son vin, regrettant même des propos passés contre les Palestiniens ou contre des Américains juifs critiques d’Israël.

Il s’était dit aussi « sceptique » sur la solution à deux Etats israélien et palestinien, le principe de référence de la communauté internationale pour sortir du conflit mais sur lequel Washington n’est dorénavant plus arc-bouté.

Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, le président Trump avait affirmé le 15 février en recevant Benjamin Netanyahu que la « solution à deux Etats » n’était plus la seule voie possible, assurant être ouvert à des alternatives, comme une solution à « un Etat », si cela mène à la paix.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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