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« Nous ne verserons pas une larme » : réactions en Israël après la mort du « Boucher de Téhéran »

Le dictateur iranien qui menaçait Israël d'annihilation est devenu "un grain de poussière dans l'Histoire" ; i24 s'excuse après avoir accordé du crédit à une blague sur le pilote de l'appareil qui transportait le président, "Elie Kopter"

Le président du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 18 mars 2024. (Crédit :  Yonatan Sindel/ Flash90)
Le président du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 18 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Les politiciens israéliens ont majoritairement réagi avec indifférence à la nouvelle de la mort du président iranien Ebrahim Raïssi, lundi – tandis qu’un responsable qui n’a pas été identifié a déclaré aux médias que Jérusalem n’avait pas été impliqué dans l’accident d’hélicoptère qui lui a coûté la vie.

« Ce n’est pas nous », a dit l’officiel à Reuters, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Il n’y a pas encore eu de réaction officielle du gouvernement israélien à la mort de Raïssi.

Toutefois, le député Avigdor Liberman, président du parti d’opposition Yisrael Beytenu, a déclaré qu’Israël ne s’attendait guère à ce que la mort du président entraîne des différences dans les politiques iraniennes mises en œuvre dans la région.

« Pour nous, cela n’a que peu d’importance, cela n’affectera pas l’attitude d’Israël à l’égard de l’Iran. Les politiques de l’Iran sont établies par le guide suprême [Ayatollah Ali Khamenei], » a-t-il indiqué au site d’information Ynet.

« Il n’y a néanmoins aucun doute sur le fait que le président était un homme brutal. Nous ne verserons pas une larme », a-t-il ajouté.

Le président du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 18 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le député d’extrême-droite de la coalition Avi Maoz, qui appartient au parti ultra-conservateur Noam et qui est vice-ministre au sein du Bureau du Premier ministre, s’est réjoui dans un communiqué : « Il y a seulement un mois, il nous avait menacés en disant que ‘si Israël attaque, il n’en restera plus rien’ – et aujourd’hui, il est devenu un grain de poussière dans l’Histoire ».

Raïssi, un partisan de la ligne dure qui a été considéré pendant longtemps comme un possible successeur du guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, a été tué dans un accident d’hélicoptère dans une région montagneuse située à proximité de la frontière avec l’Azerbaïdjan, ont confirmé lundi les responsables et les médias de l’État iranien.

La carcasse carbonisée de l’appareil qui transportait Raïssi et le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, qui voyageaient en compagnie de sept autres personnes, a été retrouvée lundi, en tout début de matinée, après des recherches compliquées par un brouillard épais qui ont duré quinze heures.

Vingt-quatre heures après les massacres barbares perpétrés par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre, Raïssi avait salué l’acte « de légitime défense de la nation palestinienne » et il avait rencontré les chefs du groupe terroriste. Feu le président avait fait, de manière répétée, l’éloge du Hamas et il avait menacé Israël d’annihilation – tout en démentant avec vigueur toute implication de la république islamique dans le massacre.

Le rabbin David Chai Hacohen, responsable respecté d’une yeshiva sioniste religieuse à Bat Yam, a dit à ses étudiants d’ignorer, lundi, la prière de Tachanun. Cette prière solennelle est récitée par les Juifs pratiquants pendant la semaine, mais elle n’est pas prononcée lors des jours de réjouissances ou lors des fêtes juives.

« Le président haïssait de manière très particulière Israël et il était le plus grand ennemi d’Israël en Iran », a-t-il expliqué, qualifiant la nouvelle de sa mort de « bonne nouvelle pour le peuple d’Israël », des propos rapportés par le site internet Israel National News site.

Selon le site, la yeshiva a organisé un office de prière festif dans la soirée de lundi et les étudiants ont dansé.

Raillant la mort de Raïssi, une fausse page satirique de l’agence d’espionnage du Mossad a publié une photographie laissant entendre que l’un de ses agents, le dit « Elie Kopter », se trouvait aux commandes de l’appareil qui s’est écrasé.

« Raïssi : ‘Etes-vous certain que cet hélicoptère est sûr ?’ Elie Kopter, pilote : ‘Absolument’, » dit le post – l’une des nombreuses publications sur internet qui, en Israël, ont suivi l’accident en utilisant ce calembour dorénavant célèbre.

Le journaliste Daniel Haïk, qui travaille pour l’édition en langue française des informations de la chaîne par satellite i24news, a semblé d’abord avoir pris au sérieux la plaisanterie devenue virale sur la Toile en évoquant « une rumeur ». Il a aussi cité un post écrit dans un groupe Telegram arabophone qui affirmait que le pilote travaillait pour le Mossad et, s’il ne l’a pas présenté comme un fait, il a expliqué que « si c’est vrai ou faux, on ne sait pas ».

Après avoir attiré les moqueries sur internet, la chaîne a présenté ses excuses et elle s’est engagée à faire tout son possible « pour que des erreurs de ce type ne se reproduisent pas ».

Raïssi, 63 ans, avait été élu président en 2021. Depuis qu’il avait pris ses fonctions, son Bureau avait ordonné un durcissement des lois sur la moralité ; il avait supervisé une répression sanglante des manifestations qui dénonçaient le gouvernement et il avait exercé de fortes pressions lors des négociations sur le nucléaire qui avaient eu lieu entre la république islamique et les puissances mondiales.

Avant de devenir président, Raïssi avait occupé des postes variés au sein du système judiciaire sous l’autorité du guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei. A l’époque où il était procureur, à la fin de la guerre opposant l’Iran à l’Irak, en 1988, il avait siégé au sein du comité qui avait condamné à mort des milliers de prisonniers politiques.

Ces exécutions lui avaient valu le surnom de « Boucher de Téhéran » et il avait, en conséquence, écopé de sanctions de la part des États-Unis. Il avait largement été condamné par les Nations unies et par les organisations de défense des droits de l’Homme.

De 2006 jusqu’à sa mort, Raïssi avait siégé au sein de l’Assemblée des experts, l’instance qui nomme et qui supervise le guide suprême.

L’AFP a contribué à cet article.

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