Oren déplore la perte croissante de soutien des démocrates à l’égard d’Israël
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Oren déplore la perte croissante de soutien des démocrates à l’égard d’Israël

Le député Koulanou appelle à un effort concerté afin de lutter contre le déclin du soutien des progressistes américains

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Michael Oren, député de Koulanou, à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Michael Oren, député de Koulanou, à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Israël doit lancer un effort concerté et généreusement financé pour reconquérir le soutien des progressistes aux Etats-Unis, a déclaré mercredi le vice-ministre de la diplomatie, Michael Oren, en réponse à une enquête publiée la veille montrant que les démocrates étaient presque aussi nombreux à être susceptibles de se ranger du côté des Palestiniens que du côté des Israéliens.

« Nous devons prendre la décision de nous fixer un objectif stratégique afin de ramener le parti démocrate de notre côté », a déclaré Oren, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, au Times of Israël. « Cet effort nécessite des ressources et du personnel. Il faut une équipe de personnes sérieuses avec un budget sérieux pour travailler là-dessus de manière très sérieuse. »

Oren a déclaré qu’un bureau de taille comparable à celui du ministère des Affaires stratégiques était nécessaire pour pouvoir s’attaquer au problème de manière adéquate. Sous la direction de Gilad Erdan, ce ministère est chargé de la lutte contre le mouvement anti-israélien Boycott, Désinvestissement et Sanction (BDS).

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement a approuvé un plan de 75 millions de dollars afin de lutter contre le BDS.

Le soutien déclinant pour Israël parmi les démocrates et les autres progressistes américains est une menace stratégique pour l’Etat juif – une menace aussi importante voire plus grave que celle posée par le BDS, a soutenu Oren. « Le BDS prospère dans cet environnement ; c’est ce qui permet son succès. Vous ne pouvez pas combattre efficacement le BDS sans aborder ce problème. BDS est la toux, mais ce problème, c’est la grippe. »

Selon le sondage publié mardi, mené par le Pew Research Center, 27 % des démocrates sympathisent avec Israël dans le conflit avec les Palestiniens, contre 25 % qui affirment que leurs sympathies reposent du côté des Palestiniens.

Chez les républicains, ces chiffres sont respectivement de 79 % et 6 %.

Le sondage a révélé que la division partisane en faveur d’Israël était la plus importante depuis 40 ans. A l’époque, 49 % des républicains et 44 % des démocrates déclaraient avoir des sympathies avec Israël au détriment des Palestiniens.

Bien que le pourcentage de soutien à Israël soit resté assez stable entre les différents partis dans les deux décennies qui ont suivi 1978, l’opinion des parties concernant Israël a commencé à diverger en 2001, quand le soutien parmi les démocrates est tombé de 38 à 27 % aujourd’hui, tandis que parmi les républicains il a augmenté de 50 à 79 %.

Ces derniers mois, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cité à plusieurs reprises un sondage de Gallup montrant que le soutien américain aux Palestiniens restait relativement faible, tandis que celui à Israël continuait de grimper.

Le soutien du peuple américain à l’égard de l’Etat juif a continué à se renforcer même pendant la présidence de Barack Obama, période durant laquelle de nombreux différends ont éclaté entre Jérusalem et Washington, notamment concernant le conflit israélo-palestinien et l’accord nucléaire iranien.

Le président américain Barack Obama (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 9 novembre 2015 (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Certains Israéliens sont maintenant troublés face à l’alignement étroit de Netanyahu avec l’administration du président américain Donald Trump, affirmant qu’Israël ne devrait pas devenir une question partisane.

« Il y a deux écoles de pensées à ce sujet », a déclaré Oren. « La première affirme que la perte du soutien démocrate à Israël est un problème stratégique et que nous devons consacrer des ressources et du personnel pour y faire face. La deuxième affirme qu’il est trop tard – c’est fait, et tout l’argent que nous y consacrerions serait dépensé à pure perte, et nous devrions donc plutôt diriger ces ressources vers le renforcement de notre base. »

Selon Oren, la plupart des membres du gouvernement israélien appartiennent au second camp, bien qu’il ne soit pas le seul ancien ambassadeur de Jérusalem à Washington à s’inquiéter du fait qu’Israël a perdu du soutien parmi les Américains de gauche.

« Je pense que c’est une tendance très préoccupante », a déclaré Sallai Meridor, ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis il y a dix ans. « Pour Israël, le soutien bipartisan du peuple américain est un atout stratégique. »

Il affirme que le sondage est « préoccupant et attristant » car les deux pays ont beaucoup de choses en commun. « Il y a beaucoup de raisons pour les démocrates de voir en Israël un miroir de leurs valeurs profondes et de leurs croyances », a-t-il dit, soulignant l’engagement de son pays à la liberté d’expression, son système de santé universel et son soutien aux droits des homosexuels.

L’écart entre les différentes parties a également été observé dans les opinions des répondants concernant le Premier ministre israélien.

Alors que 52 % des républicains affirment avoir une opinion favorable de Netanyahu, seulement 18 % des démocrates ont répondu de même, alors que 39 % des démocrates confient avoir une opinion défavorable du Premier ministre.

Autres tendances notables soulignées par le sondage : les jeunes Américains sont moins susceptibles que les Américains plus âgés de sympathiser avec Israël ; le soutien à Israël est susceptible de baisser à mesure que l’on atteint un grade universitaire élevé ; et plus d’hommes que de femmes sympathisent avec Israël – respectivement 50 et 42 %.

Des juifs ultra-orthodoxes tenant des pancartes pendant une conférence de campagne électorale soutenant le candidat républicain américain Donald Trump, à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Jay Ruderman, président de la Ruderman Family Foundation, qui parraine des voyages éducatifs à destination des politiciens israéliens afin qu’ils rencontrent les Juifs américains, a déclaré que les résultats n’étaient pas surprenants étant donné les profondes divisions de la société américaine.

Selon lui, étant donné que la plupart des Juifs américains soutiennent les démocrates, l’alliance étroite de Netanyahu avec Trump est risquée.

« La grande majorité des Américains ne voient pas cela d’un bon œil. Je ne pense pas que la grande majorité de la communauté juive voie cela d’un bon œil également », a-t-il avancé.

Marc Zell, président de Republicans Overseas Israel, a déclaré que lui aussi était préoccupé par la division partisane aux Etats-Unis, mais a rejeté l’idée que Netanyahu en était responsable. Il a prétendu au lieu de cela que le Parti démocrate s’était perdu en route.

« Israël devrait être préoccupé par le fait que le Parti démocrate a évolué à gauche et adopte maintenant beaucoup de positions radicales », a-t-il déclaré.

L’enquête, qui compte un total de 1 503 sondés, a été réalisée entre le 10 et le 15 janvier.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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