Pantin : Korsia et le CRIF s’émeuvent d’un climat de « méfiance » et « complotisme »
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Pantin : Korsia et le CRIF s’émeuvent d’un climat de « méfiance » et « complotisme »

Le président du CRIF a "demandé au préfet de police de (lui) transmettre le rapport" des enquêteurs sur l'accident, s'engageant à en communiquer largement le contenu "dès réception"

Le Grand Rabbin de France Haïm Korsia prie en hommage aux victimes d'une série d'attaques meurtrières à la Grande synagogue de la Victoire, le 15 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / LOIC VENANCE)
Le Grand Rabbin de France Haïm Korsia prie en hommage aux victimes d'une série d'attaques meurtrières à la Grande synagogue de la Victoire, le 15 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / LOIC VENANCE)

Le grand rabbin de France et le président du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) se sont émus mardi du climat de « méfiance », voire de « complotisme », qui s’est installé après la dégradation accidentelle de tombes juives au cimetière parisien de Pantin.

Le 20 mars, le conducteur d’un camion de la ville de Paris a perdu le contrôle de son véhicule en essayant d’éviter une voiture sur une allée intérieure du plus grand cimetière de France, finissant sa course dans les tombes et endommageant 13 sépultures.

Cet incident rarissime a suscité un vif émoi dans la communauté juive. Les réseaux sociaux se sont emballés, plusieurs internautes et sites mettant en cause la thèse de l’accident au profit de celle d’une profanation à caractère antisémite que les autorités – y compris juives – auraient voulu dissimuler, à moins d’un mois de l’élection présidentielle.

« Il est (…) difficile d’admettre qu’après le constat de la cruelle banalité des faits la rumeur persiste et enfle d’une agression volontaire, noyant les réseaux sociaux de sentiments indignes, complotistes et revanchards », réagit le grand rabbin de France, Haïm Korsia, dans une tribune à paraître jeudi dans l’hebdomadaire Actualité juive.

« Cette victimisation, à la limite de la manipulation, n’est évidemment pas honnête », ajoute le chef religieux, qui juge « regrettable » le reproche adressé aux responsables juifs « d’avoir voulu cacher une vérité insupportable » à la communauté quand « c’est justement cette campagne mensongère qui l’enfièvre ».

Au micro de Radio J mardi, le président du CRIF, Francis Kalifat, s’est dit pour sa part « choqué par la proportion que prend cette affaire ».

« On baigne dans un véritable climat de méfiance et de défiance, malheureusement », a déploré le responsable de l’instance de représentation politique de la première communauté juive d’Europe.

Pour clore définitivement ce dossier, le président du CRIF a néanmoins « demandé au préfet de police de (lui) transmettre le rapport » des enquêteurs sur l’accident, s’engageant à en communiquer largement le contenu « dès réception ».

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