Plainte contre le gouvernement canadien pour des élections lors d’une fête juive
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Plainte contre le gouvernement canadien pour des élections lors d’une fête juive

La tenue d'élections à Souccot "envoie un message à la communauté indiquant qu'elle ne compte pas", estime le B'nai Brith.

Un drapeau canadien flotte au vent à Toronto, Ontario, Canada, le 25 juillet 2016. (Vaughn Ridley/Getty Images/JTA)
Un drapeau canadien flotte au vent à Toronto, Ontario, Canada, le 25 juillet 2016. (Vaughn Ridley/Getty Images/JTA)

Les deux principales organisations juives du Canada sont en désaccord au sujet d’une poursuite judiciaire visant à déterminer s’il est acceptable d’organiser des élections nationales lors d’une fête juive.

Le Center for Israel and Jewish Affairs (CIJA) – l’organisme officiel de défense des droits des Juifs canadiens – affirme qu’il existe suffisamment de mesures de rechange pour permettre aux 75 000 Juifs orthodoxes canadiens qui ne peuvent voter le 21 octobre, qui est à la fois Shemini Atzeret et le jour des élections.

Mais le B’nai Brith Canada, qui s’est vu accorder le statut d’intervenant dans une poursuite intentée par Chani Aryeh-Bain, candidate du Parti conservateur du Canada à Toronto, et Ira Walfish, une électrice, ont déclaré qu’en raison de la fin de la fête de Souccot, les Juifs auront beaucoup moins de temps pour voter par anticipation que les autres personnes. Sur les quatre jours de vote par anticipation, trois sont soit des jours fériés juifs, soit le Shabbat.

« Au fond, il s’agit de savoir ce que cela signifie de compter dans la société canadienne », a déclaré Colin Feasby du B’nai Brith. « La tenue des élections fédérales à une date où une minorité religieuse ne peut pas voter en raison de ses croyances envoie un message à la communauté qu’elle ne compte pas. »

Des hommes juifs agitent les quatre espèces pour marquer la fête de Souccot pendant les prières du matin à la synagogue d’Abuhav dans la ville de Safed, au nord d’Israël, 25 septembre 2018. (David Cohen/Flash90)

« Il n’y a qu’une seule question qui se pose », ont affirmé les plaignants dans une demande de révision judiciaire citée par le Canadian Jewish News. « La décision du PDG [directeur général des élections Stéphane Perrault] de ne pas recommander le report de la date des élections en raison d’un conflit avec Shemini Atzeret est-elle déraisonnable ? »

Selon CJN, 140 Canadiens, dont des rabbins et trois législateurs, ont écrit à M. Perrault pour exprimer leurs réserves quant à la date prévue des élections.

L’avocat d’Aryeh-Bain a affirmé qu’en tant que juive orthodoxe, elle « devra mettre fin à sa campagne le jour des élections. Elle ne pourra pas aller voter. Elle ne peut pas rivaliser sur un pied d’égalité. »

Le PDG du CIJA, Shimon Kofler Fogel, qui est orthodoxe, croit qu’Élections Canada a fait de son mieux pour « fournir des solutions alternatives » aux Juifs orthodoxes et ne soutient pas la procédure du B’nai B’rith Canada pour faire reporter l’élection. (Crédit photo : Autorisation)

Toutefois, selon Shimon Kofler Fogel, PDG du CIJA, qui est également orthodoxe, Élections Canada [Le Bureau du directeur général des élections] a fait de son mieux pour « fournir d’autres arrangements » aux Juifs orthodoxes.

« Serait-il souhaitable que l’élection ait lieu à une date autre qu’un jour de fête ? Bien sûr que oui. Mais laisser entendre que les Juifs canadiens se verront interdire l’exercice de leur droit de vote est tout simplement faux », a-t-il dit.

Depuis 2007, la loi canadienne stipule que les élections nationales aient lieu le troisième lundi d’octobre de la quatrième année civile suivant l’élection précédente.

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