Plan Gaza : « avancées positives » selon un responsable, alors qu’Israël réduit ses frappes
La retenue dont a fait preuve récemment Tsahal a été « essentielle pour lancer le processus » ; les EAU se joignent à d'autres pays musulmans pour accuser Israël d'avoir violé l'accord
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Selon un responsable étranger impliqué dans les efforts déployés pour mettre en œuvre la feuille de route du Conseil de paix sur le désarmement à Gaza, des avancées ont été observées ces derniers jours, grâce à la retenue dont a fait preuve l’armée israélienne.
Cette déclaration intervient alors qu’un groupe de pays musulmans – parmi lesquels les Émirats arabes unis, proche allié d’Israël, et la Turquie, hostile à l’État juif – a condamné les « violations » commises par Israël dans la bande de Gaza. Ils ont également accusé Jérusalem de saper le plan du président américain Donald Trump pour l’avenir de la bande de Gaza après la guerre.
« Après des débuts difficiles, nous avons constaté quelques avancées positives », a déclaré ce responsable.
« Nous observons actuellement une certaine retenue et un ralentissement des opérations militaires, deux éléments essentiels pour mettre en œuvre le processus par étapes », a-t-il ajouté au sujet de l’armée israélienne.
Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’Israël n’avait pas donné son accord à la proposition de désarmement du Hamas acceptée par le groupe terroriste la semaine dernière. Tout en s’opposant à l’appel à l’arrêt des opérations de l’armée israélienne à Gaza inscrit dans ce projet, Netanyahu n’a pas démenti les informations selon lesquelles Israël avait accepté de durcir ses règles d’engagement, exigeant désormais l’approbation du chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, avant toute frappe.
Le plan de désarmement impose à Israël de se replier sur la Ligne jaune (la ligne de démarcation) prévue initialement à Gaza. Israël s’était déjà retiré jusqu’à cette ligne dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages conclu avec le Hamas en octobre 2025, mais a depuis étendu son contrôle sur la bande de Gaza, le faisant passer de 53 % à plus de 60 %.
Le Conseil de paix a précisé qu’Israël ne sera pas tenu de procéder à des retraits au-delà de la Ligne jaune initiale tant que le Hamas n’aura pas au moins entamé son désarmement. Mais dans la journée de mardi, Netanyahu a affirmé que l’armée israélienne ne bougerait pas d’un pouce.
« Ce calme et cette stabilité sont essentiels. Ils forment une base solide pour commencer à faire avancer la mise en œuvre », a expliqué le responsable. « Mais la situation reste bien sûr très délicate, dans un contexte de méfiance. C’est pourquoi la feuille de route joue un rôle si crucial : elle définit les mécanismes de vérification, les étapes et le déroulement du processus. Elle fixe des objectifs clairs et incite au respect des engagements. »
Et d’ajouter : « Nous sommes actuellement en train de mettre en place les mécanismes précis du Comité international de vérification, qui jouera un rôle déterminant dans ce processus – non seulement pour mener à bien les engagements de la première phase, mais également pour poursuivre vers les étapes suivantes et relever les défis plus importants que sont le démantèlement [des armes] et le transfert complet du pouvoir, ainsi que les différentes mesures que ceux-ci entraîneront. »
Les propos de ce responsable soulignant des avancées positives sont intervenus alors que le Qatar, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l’Indonésie, le Pakistan, la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont dénoncé le comportement d’Israël à Gaza, qui selon eux « constitue une violation flagrante des obligations qui incombent à Israël en vertu du droit international et du Plan global visant à mettre fin au conflit à Gaza, et porte atteinte aux efforts internationaux et régionaux déployés pour mettre en œuvre la deuxième phase du Plan, particulièrement après l’annonce par le président américain Donald Trump que les factions palestiniennes avaient accepté la feuille de route, notamment les dispositions relatives au retrait des armes ».
Selon eux, la conduite d’Israël dans l’enclave palestinienne « menace de faire dérailler le processus politique, de relancer la spirale de la violence et d’aggraver encore la catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza ».
Par ailleurs, le président iranien Masoud Pezeshkian a annoncé mercredi que Téhéran appuierait toute initiative ou décision prise par les dirigeants palestiniens dans le cadre des négociations indirectes en cours entre le Hamas et Israël, ont fait savoir les médias d’État iraniens.
La semaine dernière, un haut responsable américain a déclaré que l’Iran avait tenté de convaincre le Hamas de rejeter la proposition de désarmement du Conseil de paix.
Le Conseil de paix attribue un marché pour la construction d’une base de la Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, selon les médias
Jeudi, le Guardian a rapporté que le Conseil de paix avait attribué son premier marché à Arkel International, une entreprise basée en Louisiane, pour la construction d’un avant-poste militaire capable d’accueillir 150 personnes et destiné aux troupes marocaines déployées dans le cadre de la Force internationale de stabilisation.
Un responsable du Conseil de la paix a répondu au journal par courriel que le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), l’organe technocratique palestinien chargé de gouverner Gaza, « en est aux dernières étapes de la préparation de plusieurs attributions de marchés. Aucun n’a encore été finalisé ». Il a également précisé que l’un de ces marchés concernait des infrastructures de soutien à la Force internationale de stabilisation.

Selon le journal, cet avant-poste, d’une superficie prévue de 100 mètres sur 120 mètres, sera situé dans la zone de Gaza contrôlée par Israël.
Le Conseil de paix envisage en outre la création d’une zone humanitaire pilote dans la région de Rafah, au sud de Gaza, d’où les soldats israéliens se retireraient pour être remplacés par des membres de l’ISF. Cet arrangement permettrait à un premier groupe de Gazaouis préalablement sélectionnés de quitter le territoire contrôlé par le Hamas.
Alors que quatre autres pays (l’Albanie, le Kazakhstan, l’Ouganda et le Kosovo) ont également accepté de fournir des hommes à l’ISF, c’est le Maroc qui devrait être le premier à déployer ses troupes à Gaza, ont déclaré au Times of Israel des responsables proches des projets du Conseil de paix.
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