Possible enquête sur un policier qui a relayé une rumeur sur les manifestations
Rechercher

Possible enquête sur un policier qui a relayé une rumeur sur les manifestations

La police cherche l'origine d'un post Facebook disant que les manifestants avaient prévu d'utiliser des tasers - rumeur qu'avait repris Ziv Zagiv à la télévision

La police affronte des manifestants au cours d'un rassemblement contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 6 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit, File)
La police affronte des manifestants au cours d'un rassemblement contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 6 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit, File)

La police prévoit d’ouvrir une enquête après la lecture, par un haut-responsable de la police, d’un post mensonger sur Facebook en direct à la télévision, affirmant que les manifestants anti-gouvernementaux prévoyaient d’utiliser des tactiques violentes lors d’une future manifestation.

Les activistes se sont engagés à déposer plainte contre l’adjoint du chef de la police, Ziv Zagiv, auquel il avait été apparemment communiqué, avant son allocution devant les caméras, que le post était probablement mensonger.

Lors d’un entretien accordé samedi à la Treizième chaîne, Sagiv, qui est à la tête de la Division des enquêtes, s’était saisi de son téléphone mobile et avait lu à voix haute une publication qui, avait-il affirmé, avait été écrite par le « Ministère du Crime », mouvement de protestation anti-Netanyahu.

Le post avait détaillé la distribution de bombes lacrymogènes et de tasers aux manifestants pour qu’ils puissent se défendre contre les violences des forces de l’ordre et autres, disant que les armes « pouvaient être utilisées légalement ».

Des manifestants israéliens durant une manifestation, en plein confinement, devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 26 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis des mois, des dizaines de milliers d’Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, réclamant sa démission en raison de ses mises en examen pour corruption, et contre ce qu’ils qualifient de réponse bâclée et politique à la crise du coronavirus – qui a entrainé notamment l’interdiction faite aux Israéliens de se rendre à une manifestation organisée à plus d’un kilomètre de leur domicile en période de confinement.

Le confinement, qui a recommencé au mois de septembre, limite les déplacements des Israéliens à un périmètre de mille mètres autour de leurs habitations, sauf pour répondre à certaines nécessités considérées comme essentielles.

Samedi soir, plus de mille rassemblements de protestation, respectueux de la distanciation sociale, ont été organisés à travers tout le pays – le quatrième événement de ce type à avoir été dispersé depuis l’institution par le gouvernement des restrictions sur le droit de manifester dans le cadre du confinement national entraîné par le coronavirus.

Avant l’interview de Sagiv, les forces de l’ordre avaient émis un communiqué qui avait mentionné les appels à l’usage de gaz lacrymogènes et de tasers contre les agents, disant que « nous mettons en garde les manifestants contre tout acte de violence et contre toute perturbation de la paix ».

La publication avait largement circulé sur internet, notamment dans les cercles de droite, avec des partages de la part de l’activiste de droite Yoav Eliasi, connu sous le surnom de « l’Ombre », et du fils du Premier ministre, Yair Netanyahu.

Quelques instants avant son entretien avec la Treizième chaîne, Sagiv aurait montré le post aux journalistes réunis. Il lui avait été demandé si la publication était réelle – au vu d’indications visibles semblant montrer qu’il avait été fabriqué de toute pièce – et Sagiv avait dit avoir la certitude de sa validité, avait expliqué Baruch Kra, journaliste à la Treizième chaîne.

Si le post semblait provenir de la page de protestation anti-Netanyahu « Ministère du Crime », celle-ci ne comptait que huit abonnés, contre 64 000 pour la page réelle.

La police affronte des manifestants au cours d’un rassemblement contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 6 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit, File)

Au cours de l’entretien, Sagiv avait été interrogé sur les démentis opposés par le groupe « Ministère du Crime », qui avait déjà désavoué la publication. Il avait évité de répondre à la question, lu à voix haute le contenu sur message sur son téléphone mobile et soutenu avec emphase que le post était inacceptable.

Après l’interview de Sagiv, le « Ministère du Crime » avait écrit sur sa page Facebook qu’il « était sidérant de voir la manière dont les messages mensongers d’incitations à la violence émanant de Balfour sont miraculeusement repris par de hauts-responsables de la police, en direct et à la télévision, et sans aucun contrôle préalable ! »

Gonen Ben Yitzhak, avocat et leader du groupe du « Ministère du Crime », avait juré qu’il porterait plainte au civil contre la police et qu’il porterait plainte.

« Un tel incident ne passera pas sous silence », avait-il écrit sur Twitter.

Peu après, la police avait émis un communiqué qui avait paru prendre ses distances avec l’interview de Sagiv.

« Récemment, une déclaration a été émise par un porte-parole du groupe ‘Ministère du Crime’ annonçant que le post qui appelait à avoir recours au gaz lacrymogène et autres armes dangereuses n’avait pas été publié par le groupe et qu’il s’agissait d’une Infox« , avait noté le communiqué de la police.

Dimanche soir, la police a émis un nouveau communiqué dans lequel elle rejetait totalement les propos de Zagiv, disant qu’une « clarification a circulé et, de plus, l’agent a clarifié le problème dans deux différents entretiens ce matin ».

La police a également annoncé qu’elle enquêterait sur l’origine du faux post.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...