Pour Eitan Naeh, la vague d’antisémitisme est évocatrice de la Nuit de Cristal
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Pour Eitan Naeh, la vague d’antisémitisme est évocatrice de la Nuit de Cristal

L'ambassadeur israélien a tiré la sonnette d'alarme sur les attaques anti-juives dans le monde, suite au récent conflit entre Israël et le Hamas

Mohammad Mahmoud Al Khajah, premier ambassadeur des EAU en Israël (à droite), rencontre à Abu Dhabi, le 23 février 2021, Eitan Na'eh, chef de la mission de l'État d'Israël aux EAU (Crédit :  Twitter).
Mohammad Mahmoud Al Khajah, premier ambassadeur des EAU en Israël (à droite), rencontre à Abu Dhabi, le 23 février 2021, Eitan Na'eh, chef de la mission de l'État d'Israël aux EAU (Crédit : Twitter).

L’ambassadeur israélien aux Emirats arabes unis a mis en garde mercredi contre un retour des heures sombres de la « Nuit de cristal » de 1938 en Europe, face à la poussée de l’antisémitisme à travers le monde, lors de l’inauguration à Dubaï d’une exposition sur la Shoah, présentée comme une première dans un pays du Proche-Orient.

Eitan Naeh, ambassadeur israélien à Dubaï a rendu hommage au fait même qu’une exposition sur la Shoah puisse aujourd’hui se tenir dans un pays arabe, allant jusqu’à parler de l’esprit de tolérance des Emirats arabes unis (pays où, entre autres, manifester est interdit).

« Qui aurait pu espérer il y a 70 ou 80 ans qu’un ambassadeur israélien et un ambassadeur allemand visitent ensemble, dans un pays arabe, une exposition sur la Shoah ? », s’est félicité l’ambassadeur.

Mais Naeh a tiré la sonnette d’alarme, face à la recrudescence des attaques antisémites dans un contexte d’hostilités entre Israël et le Hamas à Gaza.

Joseph Borgen montre ses blessures après avoir été agressé par des propalestiniens dans les rues de New York. (Capture d’écran)

Le président américain Joe Biden a dénoncé lundi les attaques « abjectes » contre la communauté juive. Un Juif de 29 ans a notamment été roué de coups à Times Square, en marge de heurts entre manifestants pro-israéliens et pro-palestiniens.

Et en Allemagne, des drapeaux israéliens ont été brûlés devant deux synagogues mi-mai. Des manifestants allemands se sont réappropriés le slogan du Hamas : ‘De la rivière à la mer, la Palestine sera libre’, qui est essentiellement un appel à rayer Israël de la carte.

« Après Gaza, où en sommes-nous ? Nous sommes à un moment rappelant la Nuit de cristal, où les synagogues sont attaquées, où les juifs sont de nouveau violemment agressés dans les rues d’Europe », a accusé Eitan Naeh.

La « Nuit de cristal » fait référence à la nuit de novembre 1938 où les dirigeants nazis déclenchèrent des pogroms contre la population juive d’Allemagne. L’expression vient des débris de verre jonchant les rues après la destruction de commerces juifs.

Des manifestants pro-palestiniens à Berlin participent à une manifestation contre Israël au milieu des combats à Gaza entre l’armée israélienne et le groupe terroriste du Hamas, le 15 mai 2021 (Crédit : Stefanie Loos / AFP)

« Nous voyons le visage laid de l’antisémitisme de retour dans les rues d’Europe et d’ailleurs », a insisté Eitan Naeh, qui a pris ses fonctions aux Emirats arabes unis après la normalisation historique des relations entre les deux pays en 2020.

Des synagogues ont aussi été violemment vandalisées en Israël.

L’exposition, qui s’est tenue au musée privé Crossroads of Civilisations de Dubaï, comprenait des récits d’Arabes et de musulmans qui ont protégé des Juifs pendant la Shoah et les ont sauvés de la mort aux mains des nazis.

Les accords d’Abraham, signés avec Israël par les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc l’année dernière, ont été qualifiés de trahison par les dirigeants palestiniens, qui craignaient qu’ils ne remettent en cause leur revendication en faveur de la création d’un État.

De gauche à droite : le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed Al Khalifa et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan posent pour une photo sur le balcon de la Blue Room après avoir signé les Accords d’Abraham lors d’une cérémonie sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (AP Photo/Alex Brandon)

Après l’éclatement de la crise à Gaza au début du mois, les nouveaux partenaires arabes d’Israël ont été contraints de changer de cap et d’émettre des critiques.

Naeh a rejeté ces déclarations : « Je ne pense pas qu’elles aient été formulées avec force. Je pense qu’en ce qui nous concerne, les Émirats arabes unis ont demandé l’arrêt des tueries des deux côtés ».

Les mouvements de protestation se sont propagés dans toute la région, en particulier lorsque les fidèles ont quitté les mosquées à la fin des prières de l’Aïd al-Fitr.

Des centaines de personnes se sont réunies à la mosquée Abu Hanifa à Bagdad, et de plus petits regroupements ont eu lieu en Tunisie et au Bangladesh.

Des musulmans bangladais protestent contre Israël se rassemblent après la prière de l’Aïd al-Fitr devant la mosquée Baitul Mukarram et agitent des drapeaux palestiniens et bangladais à Dhaka, Bangladesh, le 14 mai 2021 (Crédit : AP Photo / Mahmud Hossain Opu)

En Jordanie, les manifestants se sont rassemblés dans les camps de réfugiés palestiniens, et ont appelé à l’expulsion de l’ambassadeur israélien du pays à Amman, en Jordanie. Plus de 90 parlementaires d’ailleurs ont signé une pétition avec cette même demande. Vendredi, des centaines de Jordaniens se sont rendus sur la frontière avec Israël après avoir forcé un check-point de la police, ont fait savoir les médias locaux.

Des dizaines de Libanais ont déclenché une émeute à la frontière avec l’État juif, mettant le feu à la clôture et pénétrant brièvement sur le territoire israélien. Il y a eu un mort appartenant au mouvement terroriste chiite du Hezbollah et qu’il a salué samedi lors de ses funérailles comme un « martyr ».

Les chars israéliens se sont livrés à des tirs d’avertissement en direction d’un certain nombre de personnes qui avaient franchi la clôture entre les deux pays, avait annoncé l’armée israélienne.

Même si l’opinion publique, dans les médias arabes et dans la rue, reste largement acquise aux Palestiniens, les manifestations n’ont pas été aussi importantes que cela avait pu être le cas lors d’affrontements antérieurs ayant opposé Israël et le Hamas. Toutefois, certains hommes d’État ont défendu face aux médias les liens que leurs pays entretiennent avec Israël.

Des partisans des Frères musulmans de Jordanie participent à une manifestation dans le village de Sweimeh, près de la frontière jordanienne avec la Cisjordanie, le 21 mai 2021, pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens et célébrer le cessez-le-feu. (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)

Dans un article notable qui a été publié sur le site Ammannet.net, l’ex-vice Premier ministre jordanien, le docteur Mamdouh Al-Abadi, a expliqué que « la Jordanie, dans sa politique étrangère, fait partie d’une alliance occidentale et il est difficile de sortir de cette alliance et de ce camp. En conséquence, les relations entre la Jordanie et Israël, après le traité de paix, ont été faites de fluctuations – ce qui signifie qu’une rupture des relations n’est pas impossible mais qu’elle nécessite de la prudence et de solides justifications ».

Le secrétaire-général du Parti constitutionnel national, une formation jordanienne centriste, a souligné dans le même article que la Jordanie agissait à partir de stratégies délibérées et non sur le fondement de manifestations de rue.

« La Jordanie ne réfléchit pas avec la mentalité d’une faction », a commenté Al-Shunnal. « Elle réfléchit à une question centenaire et à la présence d’un État belligérant, et elle réalise l’ampleur du conflit ».

Le traité conclu entre la Jordanie et Israël offre au royaume hachémite un rôle unique et influent dans la protection des sites islamiques et chrétiens, a-t-il affirmé.

Les responsables jordaniens ont âprement critiqué les agissements israéliens à Jérusalem. S’agissant du Hamas, ils se sont concentrés sur l’importance d’une solution à deux États.

« Ce que la police et les forces spéciales israéliennes font – en partant des violations qui ont été commises à la mosquée en allant jusqu’aux agressions contre les fidèles – est un comportement barbare que nous rejetons et que nous condamnons », a commenté, dimanche dernier, Amman dans un communiqué. Il a ensuite convoqué le chargé d’affaires israélien en Cisjordanie pour fustiger « les attaques contre les fidèles ».

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman al-Safadi, s’exprime lors d’une conférence conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, à Amman, la capitale jordanienne, le 6 janvier 2018. (AFP Photo / Khalil Mazraawi)

D’autres propos émanant de hauts-responsables jordaniens ont été moins tranchés concernant le conflit avec le Hamas. Le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi a écrit sur Twitter que la récente escalade « montre l’absolue nécessité de mener des efforts efficaces pour recréer un horizon politique capable de mettre un terme à l’occupation et d’asseoir enfin la paix sur la base de la solution à deux États. L’occupation est la cause qui est à la racine de ce conflit ».

Le roi Abdallah, pour sa part, a tweeté une requête demandant à dieu d’accepter le jeûne et les prières des musulmans en cette fin de ramadan et de se souvenir des Palestiniens et de Jérusalem.

Les violences à Jérusalem placent la Jordanie dans une position inconfortable, selon Moshe Albo, historien du Moyen-Orient moderne et chercheur au centre Dado d’études militaires interdisciplinaires. Les agissements de la police israélienne sur le mont du Temple ont été une attaque contre la Jordanie, a estimé Amman, qui accorde une importance éminente à son rôle de protecteur des lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem, via le Waqf islamique de Jérusalem.

« Si la crise se focalise sur le mont du Temple, alors les Jordaniens doivent avoir une présence très forte dans les dénonciations », dit Joshua Krasna, expert du Moyen-Orient au centre Moshe Dayan de l’université de Tel Aviv, « sous peine de le perdre et que quelqu’un d’autre s’en occupe. »

Ismail Haniyeh, le chef du Hamas dans la bande de Gaza (à gauche) et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan saluent les élus et soutiens du parti islamique de la Justice et du Développement d’Ergodan au parlement à Ankara, en Turquie, le 3 janvier 2012. (Crédit : AP)

Des acteurs comme la Turquie et le Hamas tentent de déchoir la Jordanie de ses prérogatives.

L’Égypte, elle aussi, a condamné les actions d’Israël, mais ses efforts en tant que principal intermédiaire entre l’État juif et le Hamas sont restés sa préoccupation tout au long de la semaine.

De son côté, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a expliqué que l’Égypte, la Tunisie et les autres pays de la région pouvaient jouer un rôle déterminant dans les efforts de désescalade. Selon le journal égyptien Al-Masry Al-Youm, le ministre d’État britannique pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, James Cleverly, s’est entretenu avec l’ambassadeur égyptien à Londres, Tarek Adel, pour saluer le travail de médiation du Caire.

L’Égypte voit ce conflit comme une manière de montrer au monde, en particulier à l’administration Biden, qu’elle est un acteur crucial dans le maintien de la stabilité dans la région, explique Albo. Alors qu’Israël a signé de nouveaux accords de paix avec les pays arabes, la possibilité pour l’Égypte de perdre ce rôle déterminant pour la paix dans la région avait été évoquée. Le cycle de violences actuelle est l’occasion pour Le Caire de montrer que le pays est irremplaçable.

L’Égypte s’est tournée vers Israël pour aider à calmer les violences en cours mais n’a pas reçu de réponse de la part de l’État juif, a indiqué le ministre des Affaires étrangères égyptien lors d’une réunion d’urgence de la Ligue arabe qui a été organisée mardi dernier.

« Ces derniers jours, l’Égypte a fait appel à de nombreuses reprises à Israël et aux autres pays concernés, en leur recommandant de faire tous les efforts possibles pour prévenir la détérioration de la situation à Jérusalem », avait commenté lors de la réunion le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukry, en avril 2015. (Wikipedia Commons CC BY-SA 3.0 PL)

Malgré les initiatives gouvernementales de désescalade, les Égyptiens et les chefs religieux institutionnels ont condamné avec les mots les plus durs Israël et les Juifs.

Pendant les prières du vendredi, à la mosquée Al-Azhar du Caire, l’imam a qualifié les sionistes « d’abomination de la nature » et promis que « ce qui a été pris par la force sera repris par la force ».

Les partenaires d’Israël dans le Golfe, les Émirats arabes unis et Bahreïn, qui ont signé des accords officiels avec l’État juif, ainsi que ceux qui coopèrent discrètement avec ce dernier dans l’ombre ont dénoncé les agissements d’Israël, se concentrant seulement sur Jérusalem.

e ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan, a déclaré que le royaume « rejette catégoriquement les projets et les mesures prises par Israël visant à exproprier des Palestiniens et à imposer sa souveraineté sur leur territoire ».

« Le royaume se tient aux côtés des Palestiniens et il soutient toutes les initiatives visant à mettre en place une solution équitable et complète au problème palestinien, en permettant aux Palestiniens de créer leur État indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément aux résolutions internationales et à l’Initiative de paix arabe [de 2002] », a-t-il continué.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, s’exprime lors de sa rencontre avec le secrétaire d’État Mike Pompeo, au Département d’État, le 14 octobre 2020, à Washington. (Crédit ; Manuel Balce CENETA / POOL / AFP)

A Bahreïn, des manifestations de soutien aux Palestiniens ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs régions et des organisations de la société civile ont appelé à rompre les liens avec l’Etat hébreu.

Le ministre des Affaires étrangères bahreini, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, a eu une conversation téléphonique dans la journée de vendredi avec le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyadh Al-Maliki au cours duquel ils ont discuté des violences en cours en Israël, en Cisjordanie et à Gaza « et les attaques israéliennes contre le peuple et le reste des territoires palestiniens occupés dans la ville de Jérusalem », selon un relevé du bureau de Zayani.

Le ministre a réitéré « la ferme condamnation par le Royaume de Bahreïn des attaques lancées par les forces israéliennes contre la bande de Gaza, exprimant les condoléances du Royaume aux dirigeants et au peuple palestiniens pour les martyrs qui ont été tués à la suite des attaques israéliennes, et souhaitant aux blessés un prompt rétablissement », indiquait le communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères a encore exprimé la solidarité du Royaume de Bahreïn avec le peuple palestinien frère, soulignant la position du Royaume de Bahreïn en faveur de la cause palestinienne, croyant au droit du peuple palestinien d’établir son État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, sur la base du principe de la solution à deux États et de l’Initiative de paix arabe et conformément aux décisions de légitimité internationales pertinentes. »

Zayani a fait part de l’appui de Bahreïn à l’initiative saoudienne de tenir une réunion du comité exécutif de l’Organisation de la coopération islamique sur la violence en cours.

La lecture de Bahreïn, qui a normalisé les relations avec Israël l’année dernière, n’inclut aucune mention des tirs de roquettes du Hamas.

Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, s’exprime lors d’une conférence de presse avec le secrétaire d’État américain et le Premier ministre Netanyahu après leur rencontre trilatérale à Jérusalem, le 18 novembre 2020. (Menahem Kahana/Pool/Flash90)

Les Saoudiens ont aussi joint leur voix à la Jordanie, à l’AP, à l’Égypte, au Maroc et au Qatar pour recommander au Conseil de sécurité des Nations unies d’agir pour mettre un terme aux politiques israéliennes en Israël. L’organe onusien, composé de 15 membres et actuellement dirigé par la Chine doit se réunir dimanche.

Les pays sunnites alliés des Occidentaux, même ceux qui entretiennent des liens avec Israël, « doivent tous s’assurer qu’ils ne sont pas perçus comme n’étant pas suffisamment inquiets face à ‘l’assaut contre l’islam’, » note Krasna.

« Ce qui est particulièrement compliqué pour les EAU et le Maroc, ajoute-t-il, qui doivent répondre à des questions sur leur décision prise de normaliser les relations avec l’État juif. Le public les interroge
maintenant : ‘Et que dites-vous, aujourd’hui ? Qu’est-ce que la normalisation signifie maintenant ?’ »

Pour Hugh Lovatt, analyste au centre de réflexion European Council on Foreign Relations, la crise actuelle est « le premier véritable test » pour les Emirats.

Mais il semble peu vraisemblable qu’Abou Dhabi renie cette normalisation ou la mette à mal car les Emirats « bénéficient grandement des liens avec Israël », notamment les partenariats dans les technologies ou l’achat de matériel militaire aux Etats-Unis.

« Compte tenu du profond intérêt bilatéral, l’escalade en Palestine est probablement tout au plus un ralentisseur. N’oublions pas que les liens entre les Emirats et Israël se développent depuis des années et qu’ils ont survécu aux guerres de Gaza », dit le chercheur à l’AFP.

Alors que des roquettes étaient tirées sur Israël depuis Gaza, des fervents soutiens du régime d’Abou Dhabi ont dénoncé le Hamas au pouvoir dans l’enclave palestinienne, le pays étant notoirement hostile aux mouvements islamistes.

« Les Émirats avaient fortement vendu leur relation avec Israël comme étant un moyen de pousser le pays à la retenue. Il y avait cette idée d’obtenir davantage en s’engageant qu’en ne s’engageant pas », continue-t-il.

Le ministre d’État des Affaires étrangères des Émirats Arabes Unis, Anwar Gargash, s’adresse aux journalistes à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, le lundi 18 juin 2018. (AP/Jon Gambrell)

« Les Émirats arabes unis défendent les droits palestiniens, avec la fin de l’occupation israélienne, avec la solution à deux États et avec un État palestinien indépendant dont Jérusalem-Est serait la capitale – et c’est une position historique et de principe qui ne bouge pas », a écrit sur Twitter Anwar Gargash, qui a démissionné de son poste de ministre d’État aux Affaires étrangères des EAU au mois de février.

Dans le sillage des accords d’Abraham, les Émirats arabes unis (EAU) avaient ces derniers mois été en contact avec le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza au sujet de divers projets d’infrastructure pour améliorer la vie des résidents, a rapporté le journal Globes.

Un haut responsable des EAU a déclaré au journal que de tels projets n’iraient pas de l’avant si le Hamas ne maintenait pas le calme sur son territoire.

« Nous sommes toujours prêts et désireux de promouvoir des projets civils en coopération avec l’Autorité palestinienne et sous la direction de l’ONU [à Gaza], mais notre condition nécessaire est le calme », a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat.

« Si le Hamas ne s’engage pas en faveur d’un calme complet, il condamne les habitants de la bande de Gaza à une vie de souffrance. Ses dirigeants doivent comprendre que leurs politiques nuisent d’abord et avant tout à la population de Gaza. »

Face à la pression de la rue et des manifestations, le royaume marocain a dû condamner les actions des forces israéliennes à Jérusalem-Est et annoncé l’envoi d’une aide humanitaire aux Palestiniens, une annonce parfois raillée sur les réseaux sociaux.

A Madrid, près de 2 500 personnes ont défilé samedi, dont beaucoup de jeunes femmes d’origine marocaine.

Le Soudan, qui a normalisé ses relations avec Israël pour sortir de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme, a lui aussi « condamné et rejeté les mesures prises par Israël » contre les Palestiniens.

« Ces attaques et ces crimes sont une provocation flagrante », a fustigé la ministre soudanaise des Affaires étrangères Mariam al-Mahdi, craignant qu’elles ne « déclenchent un cycle de violence ».

Les Marocains brûlent un drapeau israélien lors d’une manifestation contre la normalisation avec Israël, dans la capitale Rabat, le 16 mai 2021. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

La dernière confrontation militaire entre Israël et le Hamas s’est terminée par un cessez-le-feu vendredi dernier. Elle a débuté le 10 mai, lorsque le Hamas a lancé un barrage massif de roquettes sur les villes israéliennes, dont la capitale israélienne de Jérusalem, déclenchant des frappes de représailles de l’armée israélienne et 11 jours de combats.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré qu’au moins 243 Palestiniens avaient été tués, dont 66 enfants et adolescents, et que 1 910 personnes avaient été blessées. Le Hamas ne fait pas de distinction entre les membres du groupe terroriste et les civils. L’armée israélienne a maintenu qu’elle avait tué quelque 225 agents terroristes et que le nombre de morts palestiniens était en fait beaucoup plus élevé que ce qui avait été annoncé. Elle a également déclaré que certaines des victimes civiles avaient été tuées par des roquettes du Hamas qui n’avaient pas atteint leur cible et étaient retombées dans la bande de Gaza.

Treize personnes ont été tuées en Israël, dont un soldat, un garçon de 5 ans et une adolescente de 16 ans. Quelque 357 personnes ont été blessées en Israël. Les groupes terroristes de Gaza ont tiré plus de 4 300 roquettes sur Israël pendant les combats.

Pendant et après ce cycle de violence, les communautés juives du monde entier, et notamment des États-Unis, ont été victimes d’attaques antisémites.

À New York, durant un double rassemblements pro-israéliens et pro-palestiniens jeudi, plusieurs Juifs ont été agressés dans la rue.

Dans les jours qui ont suivi, des Juifs de New York ont publié sur les réseaux sociaux des messages indiquant qu’ils avaient été menacés, harcelés ou attaqués de toute autre manière parce qu’ils étaient juifs. Ces rapports rappellent une série d’incidents antisémites survenus à New York dans les mois qui ont précédé l’arrêt de la pandémie dans les rues du monde entier. Au niveau national, l’Anti-Defamation League a enregistré une augmentation des incidents antisémites au cours de la première semaine des combats entre Israël et le Hamas.

Des attaques contre des synagogues et des Juifs ont également eu lieu dans d’autres villes. Des synagogues en Floride, en Illinois et en Arizona ont été visées. Plus tôt dans la semaine, deux incidents antisémites ont été filmés à Los Angeles.

L’ADL a déclaré qu’elle avait également reçu davantage de rapports sur de possibles incidents antisémites depuis que le conflit a éclaté en Israël, avec 193 rapports dans la semaine qui a suivi le début de la crise, contre 131 la semaine précédente.

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