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Pour sortir de la liste noire américaine, NSO choisit un ex-ambassadeur US comme président

David Friedman estime que la plupart des "critiques" adressées à la société sont injustifiées et compte la présenter à l'administration Trump comme un moyen de "renforcer la sécurité des Américains"

L'ancien ambassadeur américain en Israël David Friedman s'exprimant lors d'un événement de la Coalition juive républicaine, à Philadelphie, le 17 août 2022. (Crédit : Matt Rourke/AP)
L'ancien ambassadeur américain en Israël David Friedman s'exprimant lors d'un événement de la Coalition juive républicaine, à Philadelphie, le 17 août 2022. (Crédit : Matt Rourke/AP)

La société israélienne NSO Group, spécialisée dans les logiciels espions, a nommé l’ancien ambassadeur américain en Israël David Friedman au poste de président exécutif, pour tenter de sortir de la liste noire de Washington, où elle a été inscrite en 2021 pour avoir facilité la « répression transnationale ».

La nomination de Friedman, fervent partisan des implantations israéliennes et de l’annexion de la Cisjordanie, intervient après qu’un groupe d’investisseurs américains, mené par le producteur hollywoodien Robert Simonds, a fait l’acquisition d’une participation majoritaire dans NSO le mois dernier.

Les fondateurs de NSO — Niv Karmi, Shalev Hulio et Omri Lavie, dont les prénoms forment l’acronyme du nom de la société — ne sont plus actionnaires de la société d’espionnage controversée qu’ils ont lancée en 2010.

Devant les employés de NSO au siège de l’entreprise à Ramat HaSharon, dans le centre d’Israël, Friedman a souligné le rôle essentiel que joue la technologie de NSO « dans le soutien aux gouvernements dans leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et les crimes graves ».

« Les chercheurs et les ingénieurs de NSO comptent parmi les esprits les plus brillants de l’incroyable industrie high-tech israélienne », a déclaré Friedman, qui a été ambassadeur en Israël sous la première administration du président américain Donald Trump.

« Malgré l’attention négative souvent portée à l’entreprise, pour la plupart injustifiée, vous continuez à travailler sans relâche pour fournir des technologies de pointe à ceux dont la mission est de protéger le public et de sauver des vies », a-t-il déclaré.

Un homme tient son téléphone avec le logo NSO GROUP sur un écran d’ordinateur en arrière-plan, à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Renforcer la sécurité des Américains »

NSO a été accusée à plusieurs reprises de vendre sciemment ses produits à des régimes autoritaires qui les utilisent pour espionner leurs détracteurs. L’entreprise insiste sur le fait que ses logiciels espions ne sont vendus qu’à des « gouvernements autorisés », après approbation du ministère israélien de la Défense, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

L’entreprise a déclaré dimanche qu’elle continuerait à opérer depuis Israël sous l’autorité réglementaire totale du ministère de la Défense, tout en étendant sa présence mondiale et en cherchant à reprendre ses activités aux États-Unis.

En 2021, estimant que la société avait agi « contrairement à la politique étrangère et aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis », le président américain de l’époque, Joe Biden, avait interdit à NSO d’acheter certaines technologies aux États-Unis.

En 2023, Biden avait également signé un décret interdisant au gouvernement américain d’utiliser des logiciels espions commerciaux qui « présentent des risques pour la sécurité nationale ou ont été utilisés à mauvais escient par des acteurs étrangers pour permettre des violations des droits humains dans le monde entier ».

Le président américain Joe Biden arrive au département d’État à Washington, DC, pour prononcer son dernier discours de politique étrangère, le 13 janvier 2025. (Crédit : Roberto Schmidt/AFP)

Les efforts déployés par NSO pour repousser la surveillance américaine ont conduit l’entreprise à dépenser quelque 7,6 millions de dollars en lobbying à Washington entre 2020 et 2024, et à faire appel personnellement au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au conseiller et gendre de Trump, Jared Kushner, selon des informations publiées par le Wall Street Journal et le quotidien économique israélien The Marker.

Selon le Wall Street Journal, les agences américaines ne sont pas susceptibles de traiter avec NSO à moins que le décret présidentiel de Biden de 2023 ne soit abrogé.

Dans une interview publiée dimanche par ce journal, Friedman, qui vit entre la Floride et Israël, a déclaré qu’il ferait valoir auprès de l’administration Trump que la technologie de NSO pouvait contribuer à renforcer la sécurité des Américains.

« Si l’administration, comme je m’y attends, est disposée à envisager toute opportunité susceptible de renforcer la sécurité des Américains, elle nous prendra en considération », a déclaré Friedman.

Il a également déclaré que pour empêcher l’utilisation abusive des logiciels espions de NSO, il fallait trouver des clients dignes de confiance, et qu’il chercherait à vendre les produits de NSO aux forces de l’ordre américaines, y compris aux unités de police.

Le président américain de l’époque, Donald Trump, au centre, est entouré de l’ambassadeur en Israël de l’époque, David Friedman, à gauche, et du conseiller principal de l’époque, Jared Kushner, dans le bureau ovale, le 12 août 2020. (Crédit : AP/Andrew Harnik)

« Aujourd’hui, NSO est une entreprise beaucoup plus prudente dans l’octroi de licences pour sa technologie qu’il y a cinq ou six ans », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs précisé que l’entreprise avait été freinée par ses difficultés juridiques.

« Elle a connu des difficultés et cherché des capitaux. Ce changement de contrôle et de propriété lui apporte les capitaux suffisants pour poursuivre ses activités », a-t-il déclaré.

Le logiciel espion Pegasus de NSO, qui cible diverses applications pour smartphones, permet aux utilisateurs d’activer à distance des téléphones et d’en extraire les données.

Ce logiciel espion aurait été utilisé par l’Arabie saoudite, l’Inde et l’ancien gouvernement de droite de Pologne, entre autres, pour réprimer la dissidence. Il a également fait des vagues en Israël, où, en 2023, contre les appels de la procureure générale et d’anciens hauts responsables de la sécurité, le ministre de la Justice Yariv Levin a créé une commission d’enquête sur l’utilisation du logiciel espion par la police.

Le mois dernier, un tribunal américain a porté un coup dur à NSO en lui ordonnant de cesser de cibler WhatsApp.

S’adressant au Wall Street Journal, Friedman a qualifié cette décision de « revers significatif, non seulement pour NSO Group, mais aussi potentiellement pour les personnes qui bénéficient de cette surveillance ».

A LIRE : Les experts parlent de Pegasus, cette arme « contre laquelle il n’y a pas de défense »

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