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Qatar : Le ministre des Finances arrêté pour abus de pouvoir (médias d’État)

Ali Cherif Al-Emadi a géré l'économie de son pays qui a subi de plein fouet un blocus économique imposé par l'Arabie saoudite et trois de ses alliés

Le ministre qatari des Finances, Ali Charif al-Emadi (à droite) au comité de coopération financière et économique du CCG à Koweït, le 6 novembre 2018. (Crédit : Yasser Al-Zayyat / AFP)
Le ministre qatari des Finances, Ali Charif al-Emadi (à droite) au comité de coopération financière et économique du CCG à Koweït, le 6 novembre 2018. (Crédit : Yasser Al-Zayyat / AFP)

Le ministre qatari des Finances Ali Cherif al-Emadi a été arrêté pour abus de pouvoir et détournement de fonds publics, ont annoncé jeudi des médias d’État.

Bien qu’il y ait déjà eu des arrestations de haut niveau dans des affaires de corruption au Qatar, des sources officielles ont indiqué que M. Al-Emadi était la personne la plus en vue à faire face à de telles allégations sous le règne de l’émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. 

« Le procureur général a ordonné l’arrestation du ministre des Finances Ali Cherif al-Emadi (pour) l’interroger concernant des signalements de crimes liés au service public impliquant des torts à l’égard des fonds publics, abus de fonction et abus de pouvoir », ont indiqué ces médias.

Selon l’agence de presse officielle QNA, une enquête a été ouverte mais elle n’a pas donné davantage de détails.

M. Al-Emadi a pris les commandes du ministère des Finances en 2013. Il est également président du conseil d’administration de la compagnie aérienne nationale Qatar Airways et président du conseil d’administration de la Qatar National Bank.

Un diplomate basé au Qatar a déclaré à l’AFP que « l’arrestation était inattendue ». « Il est toujours bon de voir les gouvernements respecter leurs lois et réprimer la corruption et les abus de pouvoir », a-t-il ajouté.

« C’est formidable, cela montre que le Qatar prend la corruption au sérieux – si cela s’avère en être – et cela permet de forger l’image du respect de l’Etat de droit », a estimé un autre diplomate à Doha.

Hussein Ibish, un expert du Golfe basé à Washington, a tweeté jeudi qu’il était « assez remarquable » qu’Emadi ait été arrêté « pour des soupçons de corruption et de détournement de fonds ».

Ali Cherif Al-Emadi a géré l’économie de son pays qui a subi de plein fouet un blocus économique imposé par l’Arabie saoudite et trois de ses alliés : Émirats arabes unis, Bahreïn et Egypte.

Accusant Doha de soutenir des groupes islamistes classés « terroristes » par des pays du Golfe et d’avoir des relations trop étroites avec l’Iran, rival régional du royaume saoudien, ces quatre pays avaient rompu en juin 2017 les liens avec ce pays auquel ils avaient également imposé un blocus. Cette brouille a duré plus de trois ans avant que ces pays ne se réconcilient en janvier.

Il a été salué pour avoir évité une dévaluation de la monnaie locale face à une pression extérieure extrême, liquidant près d’un quart des réserves économiques du Qatar pour surmonter la tempête.

Il a également lancé des dépenses massives pour la Coupe du monde du football que le Qatar doit accueillir en 2022.

Le Qatar, riche en gaz, est l’un des plus petits États arabes, avec une population de 2,8 millions d’habitants, dont la plupart sont des étrangers. 

L’ancien émir cheikh Khalifa ben Hamad Al-Thani a été détrôné en juin 1995 lors d’un coup d’État sans effusion de sang par son fils – et père de l’actuel émir – cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani.

Cheikh Hamad avait hérité de caisses de l’État pratiquement vides au milieu d’allégations de corruption et de mauvaise gestion économique de la part de son prédécesseur.

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