Quelques-uns des Juifs célèbres que nous avons perdus en 2018
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Quelques-uns des Juifs célèbres que nous avons perdus en 2018

Un hommage à la vie et aux réalisations des grands qui sont morts cette année

(Photo illustration par Lior Zaltzman)
(Photo illustration par Lior Zaltzman)

JTA – La fin de chaque année nous donne la triste tâche de recenser les Juifs célèbres qui sont morts au cours des 12 derniers mois.

Mais ce faisant, nous sommes dans le même temps en mesure de rendre hommage à leur vie et à leurs réalisations incroyables, et de nous réjouir une fois de plus des talents et de la résilience de la communauté juive.

Cette année, nous avons perdu des lauréats du Prix Pulitzer, des vedettes de la télévision, des universitaires, des survivants de la Shoah, des chefs spirituels et bien plus encore. Voici quelques-uns de ceux qui nous ont le plus marqués.

Philip Roth

Finalement, le géant de la littérature juive n’a jamais reçu le prix Nobel. Mais ses personnages et ses histoires légendaires, de « Portnoy’s Complaint » à « American Pastoral » [“Portnoy et son complexe” et “Pastorale américaine”] (qui l’a aidé à gagner de nombreux autres prix, dont un Pulitzer, le National Book Award et un prix Franz Kafka), resteront à jamais dans la psyché juive américaine.

Rona Ramon

Après la mort de son mari Ilan Ramon, le premier et seul astronaute israélien à s’être rendu dans l’espace, dans le crash de la navette Columbia en 2003, elle est devenue une personnalité publique et a créé la Fondation Ramon, qui encourage le leadership universitaire et social parmi la jeunesse israélienne. Sa mort ce mois-ci, d’un cancer du pancréas à l’âge de 54 ans, a été particulièrement déchirante pour beaucoup en Israël et dans le monde.

A LIRE : « Qui par le feu » : En mémoire de Rona Ramon

Rona Ramon, (à gauche) et sa fille Noa, à Cocoa Beach, en Floride, avant le lancement de la navette spatiale Columbia, le 15 janvier 2003. (Crédit : AP Photo/Alan Diaz, Archives)

Amos Oz

Acclamé en Israël et à travers le monde pour ses livres, Amos Oz était l’un des plus virulents critiques de la présence israélienne dans les Territoires palestiniens après la guerre de 1967.

Lauréat du prestigieux prix Goethe 2005 en Allemagne, il a aussi reçu le prix d’Israël de littérature en 1998, le prix Méditerranée (étranger) en 2010 et le prix Franz Kafka en 2013.

Amos Oz et son chat, dans son salon de Tel Aviv en septembre 2016 (Jessica Steinberg/Times of Israel)

Joseph Joffo

Célèbre romancier, coiffeur à succès et apôtre de la tolérance, Joseph Joffo, mort à 87 ans, a marqué plusieurs générations avec son livre autobiographique Un sac de billes, dans lequel il racontait comment, à 10 ans, enfant juif de Paris, il avait fui les nazis avec son frère Maurice.

Dans cette photo prise le 4 novembre 2005, l’écrivain juif français Joseph Joffo prend la pose lors de la foire du livre de Brive-la-Gaillarde. (Crédit : COURREGES DIARMID / AFP)

Marceline Loridan-Ivens

Meurtrie à jamais par sa déportation à Auschwitz-Birkenau à l’âge de 15 ans, l’écrivaine et cinéaste, « soeur » de Simone Veil partie un an plus tôt, est morte, à 90 ans, au terme d’une vie passée à dénoncer l’injustice.

Marceline Loridan-Ivens (Photo: Facebook)

Georges Loinger

Le grand résistant juif Georges Loinger, qui avait sauvé des centaines d’enfants juifs pendant l’Occupation en France et a été associé à l’épopée de l’Exodus, est décédé vendredi à l’âge de 108 ans, a annoncé samedi la Fondation pour la mémoire de la Shoah sur son site.

« Ancien résistant durant la Seconde Guerre mondiale, Georges Loinger nous a quittés vendredi 28 décembre à l’âge de 108 ans. Avec lui s’éteint un homme d’exception dont les combats resteront dans les mémoires », écrit la Fondation dans un communiqué.

Georges Loinger durant une cérémonie lors de la journée de commémoration de la Shoah aux abords du siège de l’ONU à Genève, place de la Nation, en Suisse, le 20 avril 2009 ( Crédit :AP Photo/Keystone, Salvatore Di Nolfi)

Stan Lee

Peu d’entre eux ont eu un impact aussi important et durable sur l’industrie de la bande dessinée – et sur les méga-blocksbusters internationaux qui allaient en sortir – que Stan Lee, le génie derrière Marvel Comics.

Parmi les personnages qu’il a co-créé avec d’autres artistes figurent Spider-Man, Hulk, X-Men, Fantastic Four, Iron Man et Thor. Il est né Stanley Lieber d’immigrants juifs roumains.

Dans cette photo d’archive du 16 avril 2002, Stan Lee, créateur de bandes dessinées telles que « Spider-Man », « The Incredible Hulk » et « X-Men », sourit lors d’une séance photo dans son bureau de Santa Monica , Californie. (Crédit : AP / Reed Saxon, Fichier)

Neil Simon

Il n’y avait sans doute aucun dramaturge aussi populaire ou aussi astucieux pour explorer les angoisses et les faiblesses des Juifs de la classe moyenne que Neil Simon, dont les comédies ont dominé le box-office de Broadway pendant une bonne partie de la seconde moitié du 20e siècle.

Parmi ses créations les plus célèbres pour la scène, le grand écran et la télévision figurent « Barefoot in the Park », « The Odd Couple » et « Lost in Yonkers », qui a remporté un prix Pulitzer.

Dans cette photo prise le 27 juillet 2006, le dramaturge Neil Simon parle sur scène lors de la tournée de presse de la Summer Television Critics Association pour PBS qui a eu lieu à l’hôtel Ritz-Carlton Huntington à Pasadena, Californie (AFP PHOTO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / FREDERICK M. BROWN)

Claude Lanzmann

« Shoah » de Lanzmann – un documentaire de neuf heures datant de 1985 – a changé le discours public et a établi la norme pour la réalisation de films sur la Shoah.

Le directeur visuel de Yad Vashem a déclaré à JTA après la mort de Lanzmann, en juillet, que « les films sur la Shoah, tous genres confondus, avaient changé après ‘Shoah' ».

Sur cette photo prise le 11 février 2016, Claude Lanzmann, écrivain, journaliste et producteur de films français, pose à Paris le 11 février 2016. (AFP PHOTO / JOEL SAGET)

Anthony Bourdain

L’identité juive du célèbre chef cuisinier et animateur casse-cou de l’émission de voyage – sa mère était juive mais il n’a jamais été religieux – n’était pas très connue et on n’en parlait pas avant qu’il fasse un épisode de sa série « Parts Unknown » sur Israël, sur CNN.

Tout en dégustant la cuisine d’Israël et des Territoires palestiniens, Bourdain a brossé un portrait nuancé des structures sociales et politiques du pays et de sa propre identité conflictuelle. Son suicide en juin a choqué le monde entier, pas seulement l’industrie alimentaire.

Par ailleurs dans le monde de l’alimentation, Jonathan Gold – le premier écrivain culinaire à avoir remporté un Pulitzer pour ses critiques, qui était connu pour ses travaux sur les restaurants ethniques moins connus dans son Los Angeles natal – est décédé en juillet à 57 ans.

Anthony Bourdain au mur Occidental. (Crédit : Youtube)

Shoshana Cardin

Cette emblématique leader institutionnelle a brisé les plafonds de verre de plusieurs des organisations juives les plus importantes et les plus puissantes – de sa fédération locale dans sa ville natale de Baltimore à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines (elle a également été présidente de la Jewish Telegraphic Agency de 1999 à 2001).

Elle est décédée en mai à 91 ans.

Shoshana Cardin. (Capture d’écran : YouTube)

Connie Sawyer

La  » Clown Princess of Comedy  » était également connue comme la plus vieille femme active d’Hollywood lorsqu’elle est décédée à 105 ans.

Née Rosie Cohen de parents orthodoxes, Sawyer a joué plus de 140 rôles, la plupart de petits rôles, dans des films et des spectacles allant de « Hawaii Five-O » à « Seinfeld » à « Pineapple Express ».

Connie Sawyer, la doyenne des actrices de Hollywood, est décédée à l’âge de 105 ans. (YouTube)

Evelyn Berezin

Nous pouvons remercier Berezin, une enfant d’immigrants juifs de Russie, pour le premier traitement de texte informatisé, qu’elle a conçu et commercialisé à la fin des années 60.

« Sans Mme Berezin, il n’y aurait pas de Bill Gates, pas de Steve Jobs, pas d’Internet, pas de traitement de texte », a déclaré l’écrivain britannique Gwyn Headley en 2010.

Evelyn Berezin, qui a lancé le premier traitement de texte sur le marché, est décédée à 93 ans (Capture d’écran/YouTube).

Mac Miller

À seulement 26 ans au moment de sa mort – le résultat d’une overdose de drogue – Miller était en quelque sorte une étoile improbable dans le monde du hip hop grand public.

Né Malcolm James McCormick d’une mère juive et d’un père irlandais à Pittsburgh, Miller a parfois fait référence à son identité juive en public et dans ses textes, et il avait une Etoile de David en tatouage.

Le rappeur Mac Miller en tournée à
Philadelphie le 13 juillet 2013. (Crédit ! Owen Sweeney/Invision/AP, File)

Rachel Cowan

En tant que pionnière du mouvement de guérison juif qui a finalement été frappée par une forme agressive de cancer du cerveau – le même genre que celui qui a affligé feu le sénateur John McCain – Cowan a ressenti le besoin de s’exprimer au moment d’un vote crucial du Sénat sur le sort de la loi sur le Affordable Care Act en 2017.

Elle a réalisé une vidéo exhortant les sénateurs à faire respecter la loi et a écrit une lettre à McCain qui a fait la Une des journaux. Dans le cadre du Jewish Life and Values Program de la Nathan Cummings Foundation à New York, elle a contribué à l’octroi de subventions pour des programmes axés sur les dimensions spirituelles des maladies graves, apportant la sagesse juive sur le mieux-être à un vaste public.

Capture d’écran d’un message vidéo du rabbin Rachel Cowan au Congrès demandant aux législateurs de ne pas abroger la loi « Affordable Care Act », le 20 juillet 2017. (YouTube / Auburn Seminary)

Charles Krauthammer

Krauthammer était étudiant en première année de médecine à Harvard lorsqu’un accident de la route l’a laissé en fauteuil roulant à vie. Il est devenu psychiatre, puis a commencé à écrire – il a d’abord essayé d’écrire des discours, puis s’est tourné vers le commentaire politique.

Il est devenu l’un des chroniqueurs conservateurs les plus connus et les plus respectés du pays, demeurant un fervent partisan d’Israël. Son fils Daniel a rappelé comment son père Charles a aidé un nombre incalculable d’Américains à « s’orienter dans le paysage politique » à travers sa chronique hebdomadaire du Washington Post et ses fréquentes apparitions sur Fox News.

Charles Krauthammer (Capture d’écran YouTube)

Naomi Cohen

Cohen fut l’une des premières chercheuses en études juives, alors que le domaine lui-même était encore nouveau et émergent. Ses recherches ont porté sur les liens entre la politique et la religion au XXe siècle et elle a enseigné à la City University of New York.

Connie Kurtz

La militante LGBTQ était surtout connue pour son procès contre le New York City Board of Education, qui a établi des avantages sociaux pour tous les employés municipaux en 1994. Elle a épousé Ruthie Berman, lors d’une cérémonie présidée par Sharon Kleinbaum, rabbin LGBTQ, en 2000, alors qu’il était encore illégal pour les lesbiennes de se marier dans un mariage civil.

Ruthie Berman (à droite) et Connie Kurtz, deux New-Yorkaises de souche résidant maintenant à West Palm Beach, en Floride, dansent devant le bureau du greffier municipal de Manhattan après avoir obtenu leur certificat de mariage, dimanche 24 juillet 2011, à New York. (AP Photo/Jason DeCrow)

Charlotte Rae

L’actrice connue pour son rôle populaire dans « The Facts of Life », et dont les performances lui ont valu des nominations pour Tony et Emmy, est née Charlotte Rae Lubotsky à Milwaukee d’immigrants juifs russes.

Clara Schwarz Kramer

Pendant la Shoah, Kramer s’est cachée dans un vide sanitaire souterrain en Pologne pendant près de deux ans. Son journal intime de l’époque est conservé au US Holocaust Memorial Museum à Washington, DC, et ses mémoires racontent cette douloureuse expérience. Avec un groupe d’autres survivants, elle a cofondé le Holocaust Resource Center de l’Université Kean, dans le New Jersey.

Clara Kramer a survécu à la Shoah en se cachant pendant deux ans dans un abri de fortune en Pologne. (Orjan F. Ellingvag/Dagbladet/Corbis/Getty Images/via JTA)

Victimes de la fusillade de la synagogue de Pittsburgh

Le 27 octobre, un tireur antisémite est entré dans la synagogue Tree of Life, dans le quartier tranquille Squirrel Hill de Pittsburgh, et a tué 11 fidèles juifs. C’était la pire fusillade de l’histoire juive américaine et elle a eu des répercussions dans tout le pays et dans le monde entier, suscitant des hommages réconfortants et des appels à prendre des mesures contre l’antisémitisme de droite.

Voici leurs noms :

David Rosenthal

Cecil Rosenthal

Bernice Simon

Sylvan Simon

Daniel Stein

Jerry Rabinowitz

Richard Gottfried

Joyce Fienberg

Rose Mallinger

Melvin Wax

Irvin Younger

Un mémorial de fortune devant la synagogue Tree of Life à la suite d’une fusillade meurtrière à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 29 octobre 2018. (Crédit : Matt Rourke/AP)
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