Rafi Peretz quitte Yamina pour rejoindre le nouveau gouvernement
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Rafi Peretz quitte Yamina pour rejoindre le nouveau gouvernement

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, a accusé le Premier ministre d'avoir "choisi de se débarrasser de Yamina, qui était l'épine dorsale de la nation"

Rafi Peretz, alors chef du parti HaBayit HaYehudi, à Petah Tikva, le 20 février 2019. (Gili Yaari/Flash90)
Rafi Peretz, alors chef du parti HaBayit HaYehudi, à Petah Tikva, le 20 février 2019. (Gili Yaari/Flash90)

Le ministre de l’Éducation sortant, le rabbin Rafi Peretz, quittera le parti Yamina et deviendra ministre des Affaires de Jérusalem dans le nouveau gouvernement, selon de nombreux médias.

Il a accepté la proposition du Premier ministre Benjamin Netanyhau, qui aurait fait pression mercredi à ce sujet.

Le chef de Yamina, Naftali Bennett, a accusé le Premier ministre d’avoir « choisi de se débarrasser de Yamina, qui était l’épine dorsale de la nation ».

Dans un message publié sur Facebook après l’échec des négociations avec le Likud, il a soutenu que Netanyahu avait choisi « une voie qui n’est pas celle de la droite. Une voie sans souveraineté, sans gouvernance, sans position nationale ».

Il a affirmé qu’il ne cherchait pas le pouvoir lors de ses négociations avec le Likud, mais plutôt à « avoir de l’influence ». Le Premier ministre « ne communique avec nous que par le biais de vidéos et de tweets », a-t-il également dénoncé.

Le ministre de la Défense Naftali Bennett assiste au lancement de la campagne de l’alliance politique de droite Yamina, le 12 février 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

Netanyahu « a besoin d’une boussole nationale forte, mais il n’aime pas en avoir une ».

Yamina « va dans l’opposition sans hésitation », a-t-il dit. « Nous serons directs, fondamentalement à droite. Nous critiquerons quand il le faudra et nous serons un soutien quand il le faudra ».

Les négociations de coalition tendues entre le parti de droite Yamina et le Likud ont échoué mercredi après une ultime tentative.

Les demandes du leader de Yamina, Naftali Bennett, « n’ont aucun rapport avec la taille électorale de son parti, ou avec les priorités du sionisme religieux », a accusé le Likud, et Yamina de « demander quatre portefeuilles de haut rang [du cabinet] qui n’ont aucun lien avec le sionisme religieux ».

Le Premier ministre avait appelé Bennett lundi soir pour proposer à la petite alliance forte de six sièges les ministères de l’Éducation et des Affaires de Jérusalem, un poste de vice-ministre « important » responsable du volontariat pour le service national et la Division des implantations qui supervise leur développement en Cisjordanie.

L’intéressé, de son côté, a exigé les ministères de la Santé et des Transports, ainsi que la présidence de la puissante commission des Lois de la Knesset.

Yamina a été un élément clé du bloc religieux de droite de Netanyahu au cours des deux dernières élections, bien que le chef du Likud et Naftali Bennett entretiennent une relation tendue.

La rupture des pourparlers mardi est survenue après que le Premier ministre a demandé à Gantz de le laisser ajouter des ministères supplémentaires au nouveau gouvernement – ce qui porterait à 36 le nombre total de ministres devant prêter serment jeudi, le plus élevé jamais atteint – dans le but d’y inclure Yamina.

Le départ de l’alliance sioniste-religieuse atténue les difficultés de Netanyahu au sein du Likud, où un grand nombre de députés de haut rang sont en concurrence pour un nombre de ministères plus restreint que dans le dernier gouvernement. Selon les termes de l’accord de coalition Gantz-Netanyahu, la moitié des portefeuilles ministériels du nouveau gouvernement doit revenir au bloc de 19 députés de Gantz et l’autre moitié à celui de 59 députés de Netanyahu.

Le chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit tourne le couteau dans la plaie de Yamina après que Rafi Peretz a décidé de quitter le parti pour rejoindre le gouvernement. « Ceux qui ont poussé Rafi Peretz à poignarder ses partenaires politiques dans le dos la première fois ne devraient pas se plaindre quand il adopte la [même] méthode une deuxième fois », a-t-il dit. On se souvient que Peretz était revenu sur son accord pour se présenter avec Otzma Yehudit à la dernière minute avant la dernière élection.

La volte-face embarrassante, qui avait laissé Otzma Yehudit se présenter seul (et échouer pour entrer à la Knesset, avait conduit Peretz à effacer un tweet, où il avait écrit « ma parole m’engage », seulement trois minutes après l’avoir publié. A ce moment-là, il cherchait à rassurer le parti d’extrême droite qu’il ne se retirerait pas de leur accord.

Le parti du Likud a déclaré que Bennett attaque uniquement le nouveau gouvernement parce qu’il n’a pas obtenu le portefeuille qu’il souhaitait. « Si Bennett avait reçu le portefeuillle de la Santé, il dirait que c’est un gouvernement de droite de rêve. Mais puisque ce n’est pas le cas, il a décidé d’entraîner Yamina dans l’opposition », a déclaré le parti.

« Lors du premier scrutin, Bennett n’a pas franchi le seuil électoral et il a gâché des voix de droite. Dans la troisième élection – juste pour créer le chaos – Bennett a choisi d’entraîner ses 6 élus de droite dans l’opposition avec Lapid et Liberman, au lieu de rejoindre un gouvernement qui allait prendre le cap historique de la souveraineté ».

« L’époque de Bennett est révolue », a déclaré le parti.

Bezalel Smotrich de Yamina a tweeté la photo d’une clef de voiture Mitsubishi en réaction à la décision de Rafi Peretz de rompre avec le parti. Il semblait faire ici référence à ce que l’on a surnommé « l’Accord Mitsubishi », où l’ancien député du Likud Alex Goldfarb avait soutenu les Accords d’Oslo en échange d’un poste de vice-ministre qui venait avec une voiture Mitsubishi. Les partisans de la droite ont depuis utilisé la marque comme un symbole de trahison politique pour un intérêt personnel.

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