Réaction des associations juives au discours de Trump sur l’état de l’Union
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Réaction des associations juives au discours de Trump sur l’état de l’Union

Les organisations américaines critiquent la remarque du président selon laquelle il a "protégé la liberté religieuse", mais le félicitent pour son soutien à Israël

Le président américain Donald Trump applaudit lors du discours sur l'état de l'Union à la Chambre des représentants à Washington, DC, le 30 janvier 2018. (AFP PHOTO / POOL / Win McNamee)
Le président américain Donald Trump applaudit lors du discours sur l'état de l'Union à la Chambre des représentants à Washington, DC, le 30 janvier 2018. (AFP PHOTO / POOL / Win McNamee)

Mardi, des organisations juives américaines ont exprimé des réactions mitigées au discours sur l’état de l’Union prononcé par le président américain Donald Trump. Elles ont salué la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël et souligné le danger que représente l’Iran, tout en critiquant sa position sur l’immigration, les réductions d’impôts, les soins de santé et les libertés religieuses.

Le B’nai B’rith a publié un communiqué disant qu’il « salue le Président Donald J. Trump pour son soutien indéfectible à Israël lors de son discours sur l’Etat de l’Union », ajoutant que « le refus de la communauté internationale de reconnaître Jérusalem comme la capitale légitime d’Israël est regrettable ».

« Israël est le seul pays au monde dont le choix d’une capitale n’est pas internationalement reconnu. Nous félicitons ce gouvernement pour le soutien sans équivoque qu’il apporte à Jérusalem et pour avoir relancé les relations entre les États-Unis et Israël », a-t-il déclaré, se référant à la déclaration du président américain du 6 décembre.

Toutefois, l’organisation a exprimé sa « déception » face aux réductions d’impôt de Trump et aux efforts déployés par l’administration pour abroger le programme de soins de santé « Affordable Care Act », connu sous le nom d’Obamacare, en affirmant que la loi avait « fait un travail louable pour limiter quelque peu les frais de soins de santé pour les personnes âgées ».

Le président américain Donald J. Trump (D) salue le juge adjoint Neil M. Gorsuch de la Cour suprême des États-Unis lors du discours sur l’état de l’Union prononcé à la Chambre des représentants le 30 janvier 2018 à Washington, DC. (Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Dans son allocution de 80 minutes, Trump s’est juré de poursuivre des politiques d’immigration qui mettent l’accent sur « les meilleurs intérêts des travailleurs américains et des familles américaines ».

« Les Américains sont aussi des rêveurs, » a dit Trump.

Il a fait cette remarque alors que 700 000 immigrants amenés illégalement aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants, les fameux « rêveurs », risquent de perdre leur statut de protégé pendant que la Maison Blanche et le Congrès débattent de leur sort.

En ce qui concerne l’immigration, le B’nai B’rith a appelé « les deux parties à s’entendre sur un plan pour une réforme globale de l’immigration ».

Mais d’autres organisations juives ont vivement critiqué la rhétorique de Trump au sujet de la nécessité d’une réforme de l’immigration, y compris l’équation du président américain entre les immigrants et les criminels et la tension économique, et ont appelé le Congrès à adopter des restrictions sévères lors d’une séance commune.

Trump a déploré le fait que pendant des décennies, les « frontières ouvertes » ont permis aux « drogues et aux gangs d’envahir » les États-Unis, et a de nouveau appelé à la construction d’un mur frontalier qui n’est toujours pas financé par le Congrès ».

« Les États-Unis sont une nation bienveillante, a-t-il dit, mais en tant que président des États-Unis, ma plus grande loyauté, ma plus grande compassion et mon souci constant sont les enfants des États-Unis, les travailleurs américains en difficulté et les communautés oubliées d’Amérique ».

La Hebrew Immigration Aid Society (HIAS) a indiqué sur Twitter que « fermer nos portes à ceux qui cherchent refuge ou qui sont dans le besoin n’est pas ce que nous défendons. Ce n’est pas l’esprit américain. »

La Ligue contre la diffamation (ADL) a exprimé des opinions similaires. « Une justice différée pour les jeunes immigrants, est une justice déniée », a déclaré l’ADL dans un tweet. « Le Congrès doit agir pour faire passer le #DreamActNow. Nos enfants méritent un avenir où l’égalité d’accès au rêve américain soit respectée. »

Cette photo prise le 5 octobre 2017 montre des protestataires lors d’une manifestation contre le président américain Donald Trump lors d’un rassemblement de soutien à l’action différée pour les arrivées d’enfants (DACA), également connue sous le nom de Dream Act, près de la tour Trump à New York. (AFP PHOTO / Jewel SAMAD)

Les organisations juives étaient particulièrement irritées par la déclaration de Trump selon laquelle son administration défendait « totalement notre deuxième amendement » et avait « pris des mesures historiques pour protéger la liberté de religion ».

L’ADL a indiqué sur Twitter que l’administration de Trump « ne devrait pas rendre plus difficile l’accès aux services sous prétexte de ‘liberté religieuse’. Elle devrait mettre en œuvre des protections contre la discrimination, et non permettre la discrimination. »

L’organisation se référait à un programme du ministère de la Santé et des Services sociaux visant à réglementer les « activités qui violent la conscience », ce qui, selon elle, pourrait « faciliter la discrimination des prestataires de soins de santé à l’égard des femmes, des LGBTQ et d’autres personnes au nom de la religion ».

Le rabbin Jack Moline, président de l’Alliance interreligieuse, a déclaré dans un communiqué que le président américain « ne sait manifestement pas ce que signifie l’expression ‘liberté religieuse’ s’il pense avoir pris des mesures historiques pour la protéger. Ses actions au cours de sa première année en tant que président ont en fait considérablement sapé les droits des personnes de foi dont les croyances ne sont pas en accord avec les partisans du président dans le droit religieux. »

Parallèlement, certaines organisations juives américaines ont exprimé leur soutien à la réaffirmation par Trump de sa position ferme contre l’Iran et son opposition à l’accord nucléaire de 2015 signé entre Téhéran et les puissances mondiales.

« Nous sommes d’accord avec l’évaluation du président selon laquelle l’accord nucléaire iranien n’est pas une bonne affaire », a déclaré le B’nai B’rith, ajoutant que « la menace globale posée par l’accès de l’Iran aux armes nucléaires ne doit pas être exagérée ».

L’ADL, quant à elle, a déclaré qu’elle a exhorté Trump et le Congrès à « poursuivre une législation qui cible le soutien de l’Iran à la terreur, et de continuer à travailler pour s’assurer que le régime ne se livre pas à des activités nucléaires illicites ».

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