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"L'ennemie du peuple"

Réunion du cabinet agitée : Amsalem s’en prend à Baharav-Miara, Ben Gvir à Eisenkot

Ben Gvir est furieux contre Netanyahu, l'accusant d'avoir procédé à la hâte à un vote sur l'aide à Gaza avant son arrivée ; les participants se sont mutuellement accusés d'incitations à la violence

Le ministre David Amsalem arrivant à la réunion hebdomadaire du cabinet, au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 7 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre David Amsalem arrivant à la réunion hebdomadaire du cabinet, au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 7 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministres du cabinet ont échangé de furieuses accusations lors d’une rencontre houleuse qui a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, et les alliés du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’en sont pris à la procureure-générale qui, selon eux, met la vie du chef de gouvernement en péril.

Selon la presse israélienne, le ministre de la Coopération régionale, David Amsalem, a qualifié « d’ennemie du peuple » la procureure-générale Gali Baharav-Miara, qui était présente lors de cette réunion, justifiant cette attaque par l’incapacité, a-t-il dit, de la juriste à poursuivre les manifestants qui avaient pris part à un rassemblement anti-gouvernemental qui avait dégénéré lorsqu’ils avaient traversé les barricades qui les séparaient du domicile de Netanyahu.

Benny Gantz, ministre du cabinet de guerre, a critiqué âprement Amsalem, disant qu’il était inacceptable de parler de cette manière « de hauts-fonctionnaires qui ont prouvé leur loyauté » comme c’était le cas de la procureure-générale.

« Mais c’est ce que je pense », a répondu Amsalem. « Elle se comporte de manière scandaleuse, comme une politicienne, et elle laisse libre cours au chaos et aux menaces pesant sur la vie du Premier ministre ».

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, avait émis mercredi une rare réprimande à l’égard des participants au mouvement de protestation de la veille, après que plusieurs dizaines de personnes ont franchi les barricades qui se trouvaient autour de la résidence de Netanyahu, à Jérusalem, alors que lui-même était à son domicile.

Netanyahu a aussi soulevé la question lors de la rencontre du cabinet.

« Rien n’est écrit sur le mur, mais sur la clôture – j’ai vu comment ils se sont dirigés tout droit vers la clôture, autour de la résidence », a indiqué Netanyahu lors de la rencontre du cabinet. Il a ajouté : « Il y a des incitations à la violence ».

Selon les médias israéliens, le cabinet s’était réuni, jeudi soir, pour discuter d’une frappe iranienne potentielle qui viendrait répondre à une attaque israélienne présumée à Damas qui avait entraîné la mort, jeudi, d’un commandant de premier plan du Corps des Gardiens de la révolution. Les membres du cabinet ont aussi, à cette occasion, voté l’ouverture du poste-frontière d’Erez, qui sépare Israël du nord de la bande de Gaza, pour permettre à de plus grandes quantités d’aides humanitaires d’entrer au sein de l’enclave touchée par la famine. Israël y mène actuellement une guerre contre le Hamas.

La police essayant de repousser les personnes manifestant contre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et pour la libération des otages, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir aurait été indigné quand, arrivant vingt minutes en retard, il a été informé qu’un vote sur l’aide humanitaire à Gaza avait d’ores et déjà eu lieu. Il a alors accusé Netanyahu d’avoir volontairement avancé le moment du vote parce qu’il savait que le ministre d’extrême-droite s’opposerait à toute augmentation de l’assistance humanitaire parvenant dans la bande de Gaza – même si le vote de Ben Gvir n’aurait pas suffi à bloquer la mesure.

« Depuis quand votons-nous au début d’une réunion ? Ce n’est jamais le cas. Les votes ont toujours lieu à la fin », aurait dit Ben Gvir. Suite à l’éclat de colère de son ministre, le Bureau de Netanyahu a fait savoir que l’opposition de Ben Gvir au vote serait enregistrée dans le compte-rendu de la rencontre.

Ben Gvir a également condamné la police, condamnant ce qu’il a considéré comme étant une répression insuffisante des manifestants les plus bruyants.

« La semaine dernière, quand j’ai mis en garde contre les incitations lancées à l’encontre du Premier ministre, le chef du Shin Bet a méprisé ce que j’avais dit et il a indiqué que la source de ces incitations à la violence provenaient ‘d’un bot iranien’, » a dit Ben Gvir.

« Et voyez donc ce qui est arrivé cette semaine – des protestataires sont arrivés, par la violence, à presque entrer dans le domicile du Premier ministre et ils ont presque brûlé un policier », a-t-il expliqué, faisant référence à un manifestant qui avait lancé une torche allumée en direction d’un policier pendant le mouvement de protestation de mardi.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir arrivant dans un bureau de vote, lors des élections municipales, à Tel Aviv, le 27 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le membre du cabinet de guerre Gadi Eisenkot a fait remarquer que Ben Gvir lui-même avait pris part à des manifestations où des slogans le prenant pour cible avaient été scandés lorsqu’il était chef d’état-major, et notamment : « Gadi, attention, Rabin cherche un ami », en référence au Premier ministre Yitzhak Rabin qui avait été assassiné par un extrémiste de droite en 1995.

Ben Gvir a alors dit à Eisenkot qu’il était un « menteur ».

« Je peux bien avoir hurlé toutes sortes d’insanités quand j’étais jeune », a affirmé Ben Gvir, « mais jamais quelque chose comme ça ou quelque appel que ce soit à la violence physique ».

Ben Gvir avait accordé un entretien peu avant le meurtre de Rabin, dans lequel l’activiste d’extrême-droite, qui était à l’époque âgé de 19 ans, avait fièrement exhibé l’emblème qu’il avait arraché sur la voiture du Premier ministre et qu’il avait dit : « On arrivera jusqu’au Premier ministre tout comme nous avons réussi à avoir cet emblème ».

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