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Riss, de « Charlie Hebdo », expose au Mémorial de la Shoah ses dessins du procès Papon

À l'époque envoyé spécial de "Charlie Hebdo", il avait vu à la cour d'assises de Bordeaux l'intégralité du procès de l'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde

Riss, caricaturiste français et directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, au Mémorial de la Shoah de Paris, le 18 octobre 2023, pour son exposition réunissant les dessins qu'il a réalisés lors du procès de Maurice Papon, fonctionnaire du gouvernement de Vichy jugé en 1997/98 pour crimes contre l'humanité. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)
Riss, caricaturiste français et directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, au Mémorial de la Shoah de Paris, le 18 octobre 2023, pour son exposition réunissant les dessins qu'il a réalisés lors du procès de Maurice Papon, fonctionnaire du gouvernement de Vichy jugé en 1997/98 pour crimes contre l'humanité. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)

Le procès de Maurice Papon comme reportage dessiné au long cours : Riss, de Charlie Hebdo, montre la matière première croquée jusqu’à la condamnation de l’ancien fonctionnaire de l’Occupation pour complicité de crimes contre l’humanité.

Les dessins sont la matière quasi exclusive de l’exposition « Riss : le procès Papon », au Mémorial de la Shoah, à Paris, jusqu’au 3 mars.

Aujourd’hui directeur de la rédaction de l’hebdomadaire satirique, il en était à l’époque, en 1997 et 1998, envoyé spécial. Et il avait vu à la cour d’assises de Bordeaux l’intégralité du procès de l’ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde, qui s’était étalé sur six mois.

« La durée du procès a certainement desservi Papon, puisqu’au bout de six mois, on connaissait le bonhomme », se souvient Riss.

Souvent cassant, parfois colérique, exagérant ses problèmes de santé, ramenant tout à lui et à l’injustice qu’il clamait subir, s’arrêtant sur des détails et laissant dans le flou l’essentiel, l’accusé avait eu l’art de rendre les débats pénibles.

Un mur de dessins de ce personnage le montre dans des attitudes très diverses mais qui cadrent souvent mal avec la gravité des faits qui lui sont reprochés.

« Les dessinateurs étaient privilégiés. On était à quelques mètres de l’accusé et des témoins. J’avais une telle chance d’être à ce point proche qu’il fallait dessiner tout ce que je voyais, là, juste sous mon nez », dit Riss (Laurent Sourisseau de son vrai nom).

Il travaillait en noir et blanc sur des feuilles A3 et publiait chaque semaine une page de compte rendu, mêlant textes et dessins. Sur les 600 planches originales, une soixantaine sont montrées sous cadre, tandis que d’autres sont reproduites sur les murs.

« Ce procès était important. Ce n’est pas tous les quatre matins que l’on juge un haut dignitaire de l’État français », a-t-il expliqué au Point. Il y avait eu le procès de Klaus Barbie en 1987. Il y avait eu celui de Paul Touvier en 1994. Je me suis dit que c’était peut-être le dernier rendez-vous judiciaire où serait examinée l’action d’un haut fonctionnaire français pendant la guerre. Je voulais voir comment la justice allait être rendue. »

Le commissariat scientifique de l’exposition a été confié à Laurent Joly, historien spécialiste de l’Occupation et du régime de Vichy. Cité par le Mémorial de la Shoah, ce dernier salue « l’œil du caricaturiste qui sait capter la force et l’émotion de telle déposition, le ridicule de tel témoin de moralité ou la comédie jouée par l’accusé ».

Riss espère que l’exposition éveillera l’intérêt pour l’Histoire chez de jeunes visiteurs qui n’ont pas connu ce procès, emblématique du changement de regard de la France, à la fin du siècle dernier, sur son propre rôle dans l’extermination des Juifs d’Europe.

« Si ça peut les rendre curieux de cette période, qui est compliquée (…) si ça peut leur donner le goût de l’Histoire (…) c’est une période qui n’est pas évidente à expliquer », souligne-t-il.

Maurice Papon a été condamné à dix ans de réclusion criminelle, pour sa participation à la déportation de quelque 1 600 Juifs de Bordeaux vers le camp de Drancy, d’où ils partaient vers les camps de la mort.

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