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Schreker, musicien maudit par les nazis, ressuscite à l’Opéra de Strasbourg

Fils d'un juif converti, le compositeur allemand interdit par les nazis et oublié après guerre mourra en 1934, un an après l'arrivée au pouvoir de Hitler, après avoir tout perdu

L'Opéra de Strasbourg, situé Place Broglie. (Crédit : Stefano Merli)
L'Opéra de Strasbourg, situé Place Broglie. (Crédit : Stefano Merli)

L’Opéra de Strasbourg présente « Le Chercheur de trésors », un opéra inédit en France, plus d’un siècle après sa création par le compositeur post-romantique Franz Schreker, interdit par les nazis et oublié après la guerre.

Fils d’un juif converti, considéré comme un avant-gardiste aux thèmes d’opéra sulfureux et décadents, le compositeur allemand mourra en 1934, un an après l’arrivée au pouvoir de Hitler, après avoir tout perdu.

« Une injustice de l’histoire », selon Alain Perroux, directeur général de l’Opéra national du Rhin (ONR) qui qualifie pour l’AFP l’œuvre de « post-wagnérienne », par la complexité de ses alliages musicaux et les motifs conducteurs associés aux personnages ou aux objets.

En donnant une première française d’un Schreker, l’ONR récidive. « Le Son lointain » avait été joué en 2012 à Strasbourg.

L’image du compositeur et chef d’orchestre Franz Schreker (1878-1934).

L’intrigue du « chercheur de trésors » est celle d’un conte de fées sensuel à tiroirs qui tourne mal.

Dans un royaume autoritaire, Elis, un ménestrel qui possède un luth enchanté, est à la recherche des bijoux égarés de la reine. Tout comme Els, la fille d’un aubergiste est prête à toutes les vicissitudes pour s’en emparer. A moins que l’amour ne soit le véritable trésor qui relie ces deux êtres…

Reflet de la modernité qui s’épanouissait sous la république de Weimar, « le Chercheur de trésors » avait été créé en 1920 à l’Opéra de Francfort.

Dans la mise en scène actuelle de Christof Loy, des hommes en tenue militaire et des aristocrates en smoking aux airs de carnassiers évoluent dans un décor de marbre noir et de rideaux rouges.

L’orchestre est dirigé par le Slovène Marko Letonja, directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg de 2012 à 2021, et qui avait déjà officié sur « Le son lointain ».

La soprano finlandaise Helena Kuntunen incarne une Els manipulatrice et victime à la fois, proie du désir oppressant des hommes et amoureuse vénale.

Le spectacle, coproduit avec la Deutsche Oper de Berlin, a déjà été présenté au public allemand en mai dernier.

Le spectacle se joue à Strasbourg jusqu’au 8 novembre, puis à Mulhouse du 27 au 29 novembre.

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