Suite aux violentes élections, un juge israélien gèle l’expulsion de Congolais
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Suite aux violentes élections, un juge israélien gèle l’expulsion de Congolais

Six ONG israéliennes ont saisi la justice après les élections congolaises entachées par des tirs à balles réelles sur des manifestants. Elle craignent pour la sécurité des réfugiés

Des demandeurs d'asile africains quittent la prison de Saharonim dans le sud d'Israël où ils avaient été emprisonnés en raison de leur refus de quitter le pays, le 15 avril 2018. (Hadas Parush/Flash90)
Des demandeurs d'asile africains quittent la prison de Saharonim dans le sud d'Israël où ils avaient été emprisonnés en raison de leur refus de quitter le pays, le 15 avril 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Lundi 31 décembre, un juge israélien a décidé de « suspendre » l’expulsion des Congolais présents en Israël qui bénéficiaient jusqu’alors de la protection accordée aux réfugiés.

« La procédure a été lancée par six organisations israéliennes de défense des droits de l’Homme qui contestent l’évaluation de la situation en République démocratique du Congo (RDC) faite par le gouvernement israélien, » rapporte RFI.

Selon Israël, la protection accordée aux 3 000 à 4 000 Congolais n’est plus justifiée, et les demandeurs d’asile devaient quitter le territoire samedi 5 janvier prochain.

Cependant cette décision rendue en octobre dernier par le ministère de l’Intérieur en accord avec le ministère des Affaires étrangères est aujourd’hui caduque selon les ONG, qui mettent en avant les récentes violences advenues au Congo.

Des élèves de l’école Bialik, dans le sud de Tel Aviv, dont beaucoup sont des enfants de demandeurs d’asile africains, assistent à un seder avant Pessah dans la cour de l’école le 20 mars 2018. (Miriam Alster/FLASH90)

Suite aux élections du 30 décembre dernier, des manifestations d’opposants ont été violemment réprimées.

Les ONG mettent en avant les « tirs à balles réelles, les arrestations d’opposants. Pour elles, il existe un risque de guerre civile » ajoute RFI.

Elles réclament aujourd’hui « l’évaluation du contexte congolais réalisé par le gouvernement » israélien. Le juge a d’ores et déjà donné jusqu’au 7 janvier au gouvernement israélien pour répondre aux demandes d’éclaircissements des associations d’aide aux réfugiés.

Ces citoyens congolais résidant en Israël ont fui le Congo à la suite des violences survenues dans le pays au début des années 2000.

Outre les demandeurs d’asile du Soudan, du Sud-Soudan et de l’Érythrée, les citoyens du Congo sont les seuls à pouvoir bénéficier du statut de protection temporaire en Israël.

La Haute Cour de justice a rejeté les projets du gouvernement visant à emprisonner ou à expulser les migrants, affirmant qu’une solution conforme aux normes internationales devait être trouvée.

Les Africains, principalement originaires du Soudan déchiré par la guerre et de la dictature érythréenne, ont commencé à arriver en Israël à partir de sa frontière poreuse avec l’Égypte, après que les forces égyptiennes eurent violemment annulé une manifestation de réfugiés au Caire. Des dizaines de milliers de personnes ont traversé la frontière du désert, souvent après des voyages périlleux, avant qu’Israël n’achèvent une barrière en 2012 qui stoppa alors l’afflux de réfugiés.

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