Trump approuve la vente de F-22 Raptor à Israël – média saoudien
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Trump approuve la vente de F-22 Raptor à Israël – média saoudien

Le journal a dit que les Etats-Unis avaient donné le feu vert à cette acquisition pour maintenir la supériorité militaire de l'Etat juif, après le projet de vente de F-35 aux EAU

Deux raptors F-22 Raptors survolent la Syrien, le 2 février 2018. (Crédit :  US Air National Guard/Staff Sgt. Colton Elliott)
Deux raptors F-22 Raptors survolent la Syrien, le 2 février 2018. (Crédit : US Air National Guard/Staff Sgt. Colton Elliott)

Au cours d’une visite effectuée cette semaine au sein de l’Etat juif, le secrétaire d’Etat américain à la Défense Mark Esper a fait savoir à des responsables israéliens que l’administration Trump avait donné son feu vert à la vente d’avions furtifs de type F-22, selon des informations parues vendredi dans un journal saoudien.

Le président Donald Trump a approuvé la vente de F-22 Raptor et de bombes de précision à Israël, a indiqué le journal Asharq Al-Awsat, basé à Londres, qui a cité des sources proches du dossier à Tel Aviv.

Les responsables de la Défense, au sein de l’Etat juif, avaient demandé à pouvoir acquérir le F-22 — l’un des avions-chasseurs les plus avancés du monde – afin de pouvoir garantir qu’Israël conserverait la supériorité militaire israélienne dans la région suite au projet des Etats-Unis de vendre des avions F-35 aux Emirats arabes unis, avait expliqué Haaretz mardi dernier.

Israël avait déjà fait part de son intérêt à l’égard du F-22 dans le passé, mais l’administration américaine avait refusé de vendre l’appareil à ce moment-là, a continué l’article. Les Etats-Unis ont stoppé la production de l’avion en 2011 et la loi précise qu’il ne peut pas être vendu à des pays étrangers.

Esper et le ministre de la Défense Benny Gantz se sont rencontrés à trois occasions en seulement un mois, avec notamment une visite faite par Esper à Tel Aviv, jeudi. Le responsable américain s’est aussi entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le directeur-général du ministère de la Défense Amir Eshel et le chef d’Etat-major de l’armée israélienne Aviv Kochavi durant son séjour.

« Ils ont évoqué la nécessité de maintenir la sécurité et la stabilité régionales et d’affronter l’Iran », a noté le bureau de Gantz.

Une source familière de la rencontre et qui a témoigné sous couvert d’anonymat a déclaré à l’AFP que Gantz et Esper avaient poursuivi les entretiens qu’ils avaient eus à Washington, la semaine dernière, sur les « progrès à réaliser pour renforcer l’avantage qualitatif militaire d’Israël » suite à « l’évolution des événements et de la situation dans la région ».

Le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Mark Esper,à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, se rencontrent aux Israel Aerospace Industries à Tel Aviv, le 29 octobre 2020. (Crédit : Paul Handley/AFP)

La semaine dernière et fin septembre, Gantz s’était rendu à Washington pour des rencontres de haut-niveau avec Esper et d’autres responsables de la Défense. Les discussions avaient porté sur les moyens de conserver la supériorité militaire israélienne mise à mal part le projet de vente aux Emirats arabes unis de cet avion de cinquième génération, à la pointe de la technologie.

Esper et Gantz ont signé un accord, la semaine dernière à Washington, qui réaffirme l’engagement des Etats-Unis à soutenir l’avantage militaire qualitatif de l’Etat juif – le terme technique désignant la supériorité militaire au Moyen-Orient.

Même si les Etats-Unis ont, en général, accepté de maintenir la suprématie militaire des Israéliens dans la région, aucun accord n’a encore été signé concernant des systèmes d’armement spécifiques ou des programmes de défense. Ces accords se focaliseront probablement sur des avions, des hélicoptères et des systèmes de défense anti-aérienne supplémentaires qui seront cédés à Jérusalem, a déclaré la semaine dernière aux journalistes un haut-responsable de la Défense proche des négociations.

La Maison blanche a fait part, jeudi, de son intention de vendre les F-35 aux Emirats.

Une notification informelle, qui a été transmise à la commission des Affaires étrangères de la Chambre, révélait que la Maison Blanche avait l’intention de vendre jusqu’à 50 unités de cet appareil fabriqué par Lockheed Martin pour un montant d’environ 10,4 milliards de dollars, a confié un haut-membre du congrès au Times of Israel. C’est le même nombre qu’avait commandé Israël – même si tous n’ont pas encore été livrés.

Les informations portant sur l’intention des Américains de vendre des F-35 à Israël avaient été rendues publiques quelques jours après qu’Abou Dhabi a accepté de normaliser ses liens avec l’Etat juif, à l’issue de négociations menées par la Maison blanche.

Des avions de chasse F-35 israéliens et américains participent à un exercice conjoint au-dessus du sud d’Israël, le 29 mars 2020. (Crédit : Armée israélienne)

Les responsables américains et israéliens avaient fait savoir que cette vente de F-35 n’était pas directement liée à la normalisation mais des officiels à la Maison Blanche avaient reconnu que l’accord de paix, signé le mois dernier, allait faciliter l’achat, par les Emirats arabes unis, de l’avion avancé. Israël est actuellement le seul pays à en posséder au Moyen-Orient.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait initialement fait part de son opposition à cette vente. Il a fait volte-face vendredi dernier, émettant un communiqué dans lequel il déclarait ne pas s’opposer aux plans américains visant à fournir « certains systèmes d’armement » aux EAU.

Interrogé sur sa réaction suite à la notification faite au Congrès de la vente, Netanyahu a répondu aux journalistes, jeudi dernier, qu’elle avait suivi des pourparlers élargis entre les Etats-Unis et Israël. Il a ajouté que Jérusalem avait obtenu « plus que simplement de la sécurité » dans les garanties apportées par les Etats-Unis que la supériorité militaire du pays serait conservée.

« Nous affrontons une menace conjointe », a-t-il dit, suggérant apparemment que les Etats-Unis vendaient peut-être les avions avec la bénédiction d’Israël en raison de la menace représentée par leur ennemi commun, l’Iran.

Le projet de vente de F-35 à Abou Dhabi est devenu un sujet sensible en Israël. Netanyahu est accusé d’avoir dit aux Etats-Unis que Jérusalem ne s’opposerait pas à ce plan dans le cadre du processus de normalisation avec les Emirats arabes unis, qui a été dirigé par la Maison blanche – le Premier ministre démentant depuis, de manière répétée, que la vente de cet avion-chasseur ait fait partie intégrante de l’accord conclu avec les Emiratis.

Gantz, pour sa part, a ouvertement accusé Netanyahu d’avoir mené les négociations concernant la vente d’armes avancées américaines aux pays de la région dans le dos du ministère de la Défense.

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