Trump évoque un « petit » nombre de soldats américains restant en Syrie
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Trump évoque un « petit » nombre de soldats américains restant en Syrie

Le président US a précisé que ces soldats se trouvaient près de la Jordanie et d'Israël, tandis que d'autres étaient déployés pour "protéger le pétrole" à proximité de l'Irak

Le président américain Donald Trump dans la roseraie de la Maison Blanche, le 14 juin 2019. (AP /Jose Luis Magana)
Le président américain Donald Trump dans la roseraie de la Maison Blanche, le 14 juin 2019. (AP /Jose Luis Magana)

Donald Trump a annoncé lundi qu’il restait un « petit » nombre de soldats américains en Syrie, alors que les troupes quittaient le nord-est du pays comme prévu.

Le président des Etats-Unis a précisé que ces soldats se trouvaient dans « une partie totalement différente de la Syrie », près de la Jordanie et d’Israël, tandis que d’autres étaient déployés pour « protéger le pétrole », c’est-à-dire à proximité de l’Irak.

Washington avait annoncé le 13 octobre le retrait de Syrie d’un millier de militaires, à l’exception des quelque 150 soldats américains positionnés sur la petite garnison d’Al-Tanf, à la frontière avec la Jordanie.

Un premier retrait de soldats américains des abords de la frontière turque, dans le nord-est de la Syrie, avait ouvert la voie le 7 octobre à une offensive de la Turquie contre les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS).

« J’ai toujours dit, ‘si on y va, gardons le pétrole' », a déclaré lundi Donald Trump à la Maison-Blanche. Les Etats-Unis pourraient « peut-être envoyer l’une de (leurs) grandes compagnies pétrolières pour le faire correctement », a-t-il suggéré.

Une idée vite rejetée par l’ancien envoyé spécial de la présidence américaine auprès de la coalition luttant contre le groupe Etat islamique (EI), Brett McGurk, qui a souligné que ce serait « illégal ».

« Nous ne pouvons pas exploiter ces ressources pétrolières, à moins de devenir des contrebandiers », a indiqué l’ancien diplomate, qui a démissionné de ses fonctions en décembre 2018 lorsque M. Trump a pour la première fois évoqué un retrait de Syrie.

Le pétrole syrien appartient à une société pétrolière publique, « qu’on le veuille ou non », a rappelé M. McGurk.
« Cela ne veut pas dire que les FDS ne peuvent pas l’exploiter et en tirer des revenus, mais c’est de la contrebande », a-t-il ajouté.

Pas « une goutte de sang »

Lors d’une visite à Kaboul lundi, le chef du Pentagone Mark Esper a aussi laissé entendre que les Etats-Unis pourraient laisser une force résiduelle en Syrie afin d’y sécuriser les champs de pétrole.

Dans cette photo du 8 juillet 2019, le secrétaire américain à la Défense Mark Esper attend l’arrivée de l’Emir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani au Pentagone. (AP Photo/Susan Walsh)

Le ministre de la Défense a déclaré que le retrait des forces américaines prendrait « des semaines, pas des jours », et que les troupes basées dans le nord-est syrien près des champs de pétrole ne seraient « pas concernées par la phase actuelle de retrait ».

Il a ajouté qu’il lui reviendrait « en temps utile » de présenter au président américain différentes options concernant cette force.

Les principaux champs de pétrole syriens se trouvent dans la région de Deir ez-Zor, non loin de la frontière irakienne, qui paraît encore contrôlée par les Etats-Unis, mais des champs de pétrole plus petits se trouvent dans le nord-est, près de la frontière turque.

M. Trump a estimé que le retrait américain de Syrie se déroulait « très bien » et démenti que les militaires américains soient obligés de se retirer à la hâte, détruisant les équipements qu’ils laissent derrière eux afin qu’ils ne tombent pas entre des mains hostiles.

« Jusqu’ici, aucun soldat américain n’a perdu une goutte de sang. Personne n’a été blessé, personne ne s’est coupé le doigt, rien », a-t-il affirmé.

« Nous avons aidé les Kurdes », a encore dit le locataire de la Maison-Blanche, alors que les critiques pleuvent au sein de la communauté internationale depuis l’annonce du retrait des troupes américaines.

« Ce ne sont pas des anges », a de nouveau dit à propos des Kurdes l’ancien homme d’affaire, qui a semblé vouloir semer le doute sur leurs capacités de combattants.

« Beaucoup de gens se battent bien quand ils se battent avec nous », a-t-il déclaré. « Vous savez, quand vous avez 10 milliards de dollars d’avions qui bombardent à 15 km de votre ligne de front, c’est beaucoup plus facile. »

L’offensive d’Ankara contre les Kurdes est suspendue depuis jeudi par une trêve négociée par Washington, qui expirera mardi à 19H00 GMT.

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