Trump pourrait venir inaugurer l’ambassade ; Israël « complètement surpris »
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Trump pourrait venir inaugurer l’ambassade ; Israël « complètement surpris »

Le président américain pourrait finalement dévoiler sa proposition de paix israélo-palestinienne très attendue au moment de l'inauguration de l'ambassade

Le président américain Donald Trump tient un mémorandum signé après avoir prononcé son discours concernant Jérusalem depuis la Maison-Blanche, à Washington, le 6 décembre 2017, sous le regard du vice-président américain Mike Pence (Crédit : Saul Loeb / AFP)
Le président américain Donald Trump tient un mémorandum signé après avoir prononcé son discours concernant Jérusalem depuis la Maison-Blanche, à Washington, le 6 décembre 2017, sous le regard du vice-président américain Mike Pence (Crédit : Saul Loeb / AFP)

Les responsables israéliens se sont déclarés « complètement surpris » samedi par les propos tenus vendredi par le président américain Donald Trump, qui a dit qu’il pourrait se rendre le mois prochain en Israël pour l’inauguration de la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Se tenant aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse organisée à la Maison Blanche, Trump a répondu à une question du Christian Broadcasting Network sur son éventuel déplacement à la cérémonie d’inauguration.

« Je pourrais bien y aller », a déclaré le président. « J’en suis très fier ».

Des informations avaient précédemment indiqué que si Trump avait réfléchi à sa présence lors de cet événement, il avait renoncé à s’y rendre.

Selon la chaîne Hadashot, des sources israéliennes auraient fait savoir que les propos de Trump avaient été complètement inattendus et que son nom ne figurait pas sur les documents partagés par les Américains avec leurs homologues israéliens concernant la délégation américaine présente lors de l’inauguration. Elles ont noté qu’il fallait dorénavant attendre pour voir si le président américain avait bien l’intention de participer à la cérémonie.

Le consulat américain dans le quartier Arnona de Jérusalem, le 24 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90)

Le même reportage diffusé à la télévision a cité les propos d’un responsable américain qui a déclaré, sous couvert d’anonymat, que l’administration Trump pourrait finalement dévoiler sa proposition de paix israélo-palestinienne très attendue au moment de l’inauguration de l’ambassade, ou peu après, et qu’elle pourrait contenir un élément de « compensation » en faveur des Palestiniens – très probablement pour compenser cette avancée significative pour Israël qu’a été la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat juif par Trump et la relocalisation de l’ambassade américaine dans la ville.

Cette information – qui a suivi un article paru dans le quotidien arabe Al-Hayat qui affirmait que l’administration avait récemment transmis de nouvelles idées au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas via deux états arabes non-identifiés, un mouvement d’ouverture rejeté par le responsable de l’AP – n’a pas été confirmée.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le message américain aurait proposé de repousser les discussions sur le sort de Jérusalem à une date ultérieure et aurait souligné que les Etats-Unis n’avaient pas pris position sur le statut final de la ville.

Le journal a cité des sources palestiniennes disant qu’Abbas, qui boycotte l’administration américaine depuis la reconnaissance par Trump de Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif au mois de décembre, estime que les Etats-Unis tentent d’utiliser la question palestinienne comme passerelle pour atteindre d’autres états arabes et qu’ils n’ont pas présenté de cadre sérieux pour la résolution du conflit israélo-palestinien.

Sur cette photo prise le 13 février 2018, Mike Pompeo, directeur de la CIA, témoigne des menaces qui pèsent sur le monde entier lors d’une audience de la commission sénatoriale du renseignement au Capitole à Washington, DC. (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Le nouveau secrétaire d’Etat de Trump Mike Pompeo est arrivé samedi en Arabie saoudite, donnant le coup d’envoi à son tout premier voyage à l’étranger en tant que plus haut diplomate américain. Pompeo se rendra ensuite en Israël et en Jordanie. Il retournera aux Etats-Unis à la fin de la semaine mais il a été dit qu’il pourrait revenir pour l’ouverture de l’ambassade deux semaines plus tard.

Le président a également déclaré vendredi qu’il avait été prêt à donner son approbation à un projet de construction d’une ambassade à Jérusalem pour un montant d’un milliard de dollars. Mais il a ajouté qu’il s’était interrompu pendant la signature – après avoir écrit « Donald » mais avant d’écrire « Trump » – lorsqu’il avait réalisé que le coût était trop élevé. Il a ajouté avoir su instinctivement que l’ambassade pourrait être ouverte pour une somme de 300 000-400 0000 dollars à travers la réfection d’une partie d’une installation américaine pré-existante.

Le consulat américain à Arnona, Jérusalem, où sera probablement construite la future ambassade. (Capture d’écran de Hadashot News)

Il a ajouté qu’il avait appelé David Friedman, ambassadeur américain en Israël, pour évoquer les coûts. Friedman, s’est souvenu Trump, a déclaré : « Je peux la faire construire pour 150 000 dollars » en transformant une structure consulaire existante, ajoutant que « au lieu de l’inaugurer dans dix ans, nous pourrons l’ouvrir en trois mois ».

Trump avait alors approuvé un budget s’élevant entre 300 000 et 400 000 dollars. « C’est ainsi que travaille le gouvernement », a-t-il précisé. « On allait dépenser un milliard de dollars et on va finalement dépenser bien moins d’un million de dollars », a-t-il poursuivi.

« Ca va être beau. Et ce sera quelque peu temporaire même si ça peut rester comme ça pendant de nombreuses années », a-t-il noté.

« L’ambassade à Jérusalem a été promise pendant plusieurs années par des présidents », a dit Trump.

« Ils ont tous fait des promesses de campagne et ils n’ont jamais eu le courage de les mettre à exécution. Moi je l’ai fait », s’est-il exclamé.

Trump avait promis de relocaliser l’ambassade américaine dans la ville sainte au mois de décembre dernier, alors qu’il venait également de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Washington a finalement décidé d’accélérer ce transfert depuis Tel Aviv en réutilisant une structure qui accueille actuellement les opérations consulaires du Consulat général de Jérusalem. Le bâtiment, qui se situe dans le quartier d’Arnona, dans le sud de Jérusalem, hébergera dans un premier temps l’ambassadeur américain et une petite équipe, avait indiqué la Maison Blanche au mois de janvier.

Au mois de janvier, Trump avait aussi annoncé que la nouvelle structure ouvrirait au mois de mai pour coïncider avec le 70ème anniversaire d’Israël.

Saluée par Israël, les Palestiniens ont considéré cette initiative comme une provocation et ont déclaré qu’elle ôtait à l’administration Trump la capacité à tenir de manière équitable le rôle d’intermédiaire dans les négociations de paix. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et d’autres responsables ont depuis refusé de rencontrer les membres de l’équipe de Trump.

Le secrétaire d’Etat au Trésor Steven Mnuchin devrait se trouver à la tête de la délégation forte de 250 membres qui assistera à cet événement, et qui comprendra 40 membres du congrès ainsi que le gendre de Trump, Jared Kushner, et sa fille Ivanka Trump. Des informations livrées mercredi par la chaîne Hadashot ont établi que c’est Pompeo qui pourrait éventuellement diriger cette délégation.

Les sénateurs républicains Ted Cruz et Lindsay Graham prévoiraient également d’assister à l’événement, tout comme l’envoyé pour la paix au Moyen Orient de Trump, Jason Greenblatt. Le groupe devrait également inclure des leaders juifs et les chefs d’organisations chrétiennes pro-israéliennes.

L’AFP a contribué à cet article.

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