Tsahal n’a escorté Zvi Sokot qu’après ses menaces d’aller seul à Madama
Les soldats qui l’accompagnaient lors de la destruction du mémorial disent être "pris au piège" entre terrorisme juif et terrorisme palestinien en Cisjordanie
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L’armée israélienne n’a accepté d’escorter mardi le député d’extrême droite Zvi Sokot lors d’une visite de plusieurs localités palestiniennes de Cisjordanie qu’à la suite de sa menace de s’y rendre seul si Tsahal ne lui fournissait pas d’escorte, a rapporté mercredi la radio de l’armée. Au cours de cette visite, le député a détruit un monument dédié à des « martyrs » palestiniens.
Le député du parti HaTzionout HaDatit a été filmé mardi en train de détruire à coups de masse, sous le regard des soldats, un monument dédié à des Palestiniens tués, dont beaucoup étaient des terroristes, dans le village de Madama, en Cisjordanie. L’incident a été largement condamné, suscitant des réactions négatives de la part de l’armée et de responsables politiques de tous bords.
Selon la radio de l’armée, Sokot avait contacté Tsahal plusieurs semaines auparavant afin d’organiser une « visite » de Madama et de plusieurs autres localités abritant des monuments similaires. L’armée avait toutefois initialement refusé sa demande, invoquant un manque d’effectifs alors que des résidents d’implantations assiégeaient des habitations palestiniennes dans la localité voisine de Qusra.
Sokot a alors menacé de se rendre dans les villages palestiniens sans escorte militaire, accompagné uniquement de membres de la Garde de la Knesset chargés de sa protection, selon le reportage. Craignant qu’un tel déplacement ne le mette en danger, Tsahal a fini par céder et a indiqué qu’une escorte lui serait fournie une fois les tensions dans la région apaisées.
Des soldats de l’unité chargée d’escorter Sokot jusqu’à Madama ont déclaré à la radio de l’armée que l’opération avait été une perte de temps et avait inutilement mobilisé des effectifs. Les commandants ont été « choqués », ont-ils ajouté, lorsque Sokot a sorti une masse de son véhicule et commencé à détruire le monument.
« Nous sommes coincés ici entre le terrorisme juif et le terrorisme palestinien », a déclaré l’un d’entre eux à la radio de l’armée.
L’incident survenu mardi a d’abord été rapporté par les médias palestiniens, qui ont publié une vidéo montrant un soldat se tenant derrière Sokot et plusieurs de ses collaborateurs tandis qu’ils frappaient le monument, alors que d’autres soldats se tenaient un peu plus loin, à côté d’un véhicule militaire.
Sokot a ensuite publié sa propre vidéo de la destruction du « monument aux martyrs », sur lequel figurent les noms de dix Palestiniens du village, morts entre 1930 et 2004. Des lettres effacées au bas du monument indiquaient : « Offert par les camarades du Front populaire [de libération de la Palestine] », un groupe terroriste palestinien responsable de nombreuses attaques meurtrières.
Des photos publiées par les médias palestiniens à la suite de l’incident montraient que le monument était toujours debout, mais avait été considérablement endommagé.
L’armée a déclaré mardi avoir bel et bien autorisé la visite en Cisjordanie, mais a accusé Sokot et ses collaborateurs d’avoir agi de manière « trompeuse et manipulatrice » en détruisant le monument.
Elle n’avait alors pas expliqué pourquoi elle avait autorisé cette visite et n’a pas réagi aux informations rapportées mercredi par la radio de l’armée.
Sokot a affirmé avoir détruit le monument parce que Tsahal n’avait donné suite à aucune de ses demandes visant à faire retirer celui-ci ainsi que d’autres monuments similaires en Cisjordanie.
« Nous ne contribuerons pas à une situation dans laquelle ceux qui ont fait du mal aux Juifs et aux soldats de Tsahal sont commémorés comme des héros », a-t-il déclaré, appelant l’armée à retirer ce qu’il a qualifié de « tous les monuments au terrorisme » présents en Cisjordanie.
Sokot avait déjà suscité la controverse par des actions similaires.
En juillet, Sokot, qui préside la commission de l’Éducation de la Knesset, s’était filmé en train de briser le panneau d’une école palestinienne dans la Vieille Ville de Jérusalem, promettant de faire fermer l’établissement en raison de son utilisation d’un programme scolaire de l’Autorité palestinienne (AP).
Un mois plus tôt, il s’était rendu dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, et avait accroché un drapeau israélien à l’extérieur de l’une de ses écoles, alors que le système éducatif de la ville était en grève pour protester contre sa visite.
Sokot faisait également partie des manifestants d’extrême droite qui avaient provoqué des troubles à l’extérieur de la base militaire de Sde Teiman avant de la prendre d’assaut en juillet 2024, exigeant que la police militaire libère des réservistes arrêtés, soupçonnés d’avoir gravement maltraité un détenu originaire de Gaza qui y était incarcéré.
Peu après l’incident, Sokot avait déclaré devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset : « Je faisais mon travail », précisant au Times of Israel que son statut de député à la Knesset « me donne le droit d’accéder à n’importe quel lieu sur le territoire de l’État d’Israël ».
Il a été interrogé par la police sous le coup d’une mise en garde en novembre dernier au sujet de son rôle dans cette intrusion.
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