Tsahal renvoie un réserviste ayant prié avec les résidents d’implantations assiégeant Qusra
Toujours aucune arrestation ; le chef de la police refuse le plan Katz sur le transfert des pouvoirs des forces de l'ordre ; un activiste britannique expulsé dénonce le soutien de l’État
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Tsahal a démis de ses fonctions, mardi, un commandant de réserve qui avait été filmé, avec ses troupes, en train de prier aux côtés de résidents d’implantations assiégeant le village palestinien de Qusra, au lieu de les chasser de leur avant-poste illégal.
Ces images, datant du 10 août, ont suscité un tollé et alimenté de nouvelles accusations selon lesquelles les autorités israéliennes fermeraient délibérément les yeux sur les violences commises par les résidents d’implantations.
Si l’avant-poste où les soldats avaient été filmés en train de prier avec les extrémistes juifs a depuis été démantelé, les résidents d’implantations ont néanmoins continué à circuler librement dans la zone, pourtant déclarée zone militaire fermée par Tsahal.
Les habitants de Qusra affirment que le siège imposé par les résidents d’implantations depuis le 9 août se poursuit de fait, les familles vivant dans plusieurs maisons situées à la périphérie du village ne pouvant toujours pas quitter leurs domiciles sans se coordonner avec l’armée. Elles n’osent pas non plus quitter leur domicile tant que des résidents d’implantations restent dans les environs, de peur que les extrémistes israéliens ne s’en emparent, comme cela s’est déjà produit à la suite de sièges similaires dans des localités voisines.
Samedi, des dizaines de résidents d’implantations ont attaqué Qusra et se sont temporairement emparés d’une maison alors qu’une famille palestinienne se trouvait à l’intérieur.
Bien que les images de l’attaque permettent d’identifier le visage de plusieurs résidents d’implantations impliqués, aucune arrestation n’avait encore eu lieu mercredi matin.
אך ביומיים האחרונים האירוע החמיר עם חסימת דרכי הגישה. הוא הוסיף כי הוא מנסה למצוא דרך להוציא את אשתו ובנותיו. אתמול תועדו חיילים מגיעים לסוכה שאותה הקימו המתנחלים ומתפללים איתם. לאחר מכן לפי חסאן הם עזבו את המקום ולא פינו את המתנחלים. פניתי לצה"ל לפני זמן קצר, נאמר לי שבודקים. pic.twitter.com/OTwREJ8zGM
— Nurit Yohanan (@nurityohanan) August 10, 2026
La police a déclaré lundi que des enquêteurs s’étaient rendus sur les lieux pour effectuer des constatations, recueillir des éléments de preuve et entendre des témoins. Elle a également indiqué avoir émis plusieurs mandats d’arrêt contre des suspects « afin de les arrêter et de les traduire en justice », sans fournir davantage de précisions.
Les violences de samedi, ainsi que l’attaque d’une équipe de journalistes dans la localité palestinienne voisine de Jalud, ont suscité une nouvelle vague de condamnations internationales.
Dans un communiqué publié mardi pour annoncer les mesures disciplinaires prises contre les soldats filmés en train de prier avec des résidents d’implantations dans l’avant-poste de Qusra, l’armée a déclaré que le commandant sur place avait agi « contrairement à ce qui était attendu de lui et aux instructions qui lui avaient été données ».
L’enquête menée sur l’incident a établi que les soldats avaient prié avec les résidents d’implantations sur ordre de leur commandant.
L’armée a précisé que les soldats avaient été envoyés sur place pour s’interposer entre les résidents d’implantations et les habitants palestiniens et qu’ils devaient « s’abstenir de tout comportement susceptible de laisser penser qu’ils cautionnaient les activités illégales menées dans cet avant-poste illégal ».
À l’issue de l’enquête, Tsahal a décidé de relever le commandant de ses fonctions. Le réserviste pourrait toutefois, s’il le souhaite, continuer à servir, mais sans exercer de fonction de commandement, selon une source militaire.
Les autres soldats filmés en train de prier auraient « agi conformément aux instructions de leur commandant ; il a donc été décidé de ne pas prendre de mesures à leur encontre », a ajouté Tsahal.
Le chef de la police ordonne à ses agents de ne pas coopérer avec Katz
Par ailleurs, mardi, le commissaire de la police israélienne Daniel Levy a ordonné à ses subordonnés de ne pas coopérer avec le projet du ministre de la Défense Israel Katz visant à transférer de l’armée à la police la responsabilité de faire respecter la loi aux résidents d’implantations en Cisjordanie.
Lors d’une visioconférence avec de hauts responsables de la police, Levy leur a ordonné de ne pas rencontrer les responsables militaires souhaitant discuter de la directive émise par Katz le mois dernier, selon les médias israéliens.
« Si le ministre de la Défense, Israel Katz, ne nous a pas aidés à lutter contre la criminalité à Umm al-Fahm, pourquoi devrions-nous l’aider dans des zones qui relèvent normalement de l’armée ? », aurait déclaré Levy à ses agents.
Le 17 août, Katz avait donné à Tsahal deux semaines supplémentaires pour élaborer un plan visant à confier à la police la responsabilité des interventions contre les résidents d’implantations enfreignant la loi, alors qu’Israël était vivement critiqué pour son incapacité à endiguer les violences commises par ces derniers.
L’armée est censée exercer l’autorité souveraine en Cisjordanie, Israël n’ayant jamais officiellement annexé ce territoire. Il n’est donc pas certain que la directive de Katz puisse être mise en œuvre.
Les soldats de Tsahal sont censés interpeller les résidents d’implantations pris en flagrant délit, puis les remettre à la police en vue d’éventuelles poursuites. Or, ces interpellations sont rares et les poursuites le sont plus encore, ce qui alimente les accusations de soutien tacite des autorités israéliennes aux violences commises par les résidents d’implantations.
L’ancien chef de la division de police de Cisjordanie fait l’objet d’une enquête pour avoir refusé de poursuivre des résidents d’implantations impliqués dans des violences afin de s’attirer les faveurs du ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Levy a déclaré mardi, lors de la visioconférence, que les États-Unis en avaient « ras-le-bol » de l’incapacité d’Israël à réprimer les violences commises par les habitants des implantations.
« Nous sommes perçus dans le monde comme des voyous et des criminels », a-t-il déclaré dans des propos qui ont largement fuité dans les médias.
Levy a précisé que les auteurs de ces actes ne représentaient qu’une petite minorité d’extrémistes juifs « dont le seul objectif est de venir attaquer les Palestiniens. Cela nuit à notre image ».
مستوطنون يحرقون مركبات الفلسطينيين خلال هجومهم على المنطقة الشرقية لبلدة بيتا جنوب نابلس. pic.twitter.com/4L8Sb32tBj
— Alhadath Newspaper|صحيفة الحدث الفلسطيني (@Alhadath_news1) September 2, 2026
Quelques heures après ces déclarations, des résidents d’implantations ont incendié deux véhicules pendant la nuit dans le village palestinien de Beita, selon les médias palestiniens.
Des images de vidéosurveillance montrent des suspects masqués et vêtus de noir mettant le feu aux deux véhicules avant de prendre la fuite.
Un activiste britannique expulsé dénonce la complicité de l’État
Un activiste britannique détenu par des résidents d’implantations ce week-end en Cisjordanie est rentré au Royaume-Uni après avoir été expulsé par Israël en début de semaine.
Dans sa première interview depuis son retour, Finn Joughin a déclaré à Times Radio attendre de son gouvernement qu’il condamne les violences commises par les habitants des implantations ainsi que la complicité du gouvernement israélien dans ces actes.
« Ma première préoccupation concerne le devoir du gouvernement britannique de protéger ses citoyens. J’aimerais donc avant tout entendre une condamnation ferme des violences commises par les habitants des implantations, mais aussi de la complicité indéniable de l’État, qui permet à ces violences de perdurer », a-t-il déclaré.
Samedi, des résidents d’implantations ont enlevé Joughin dans le village d’Umm al-Kheir, en Cisjordanie, où il participait bénévolement à une mission dite de « présence protectrice », dans le cadre de laquelle des Israéliens et des étrangers se rendent sur place pour tenter de protéger les habitants contre les attaques de résidents d’implantations voisins.
Les résidents d’implantations ont emmené Joughin de force jusqu’à leur avant-poste illégal situé à proximité, avant de le remettre à la police.
Les forces de l’ordre israéliennes ont déclaré que Joughin était soupçonné d’avoir commis un acte indécent sur un mineur, bien que les images sur lesquelles les policiers se seraient appuyés montrent simplement l’activiste britannique tentant de barrer le passage avec son corps à un enfant d’habitants des implantations qui cherchait à entrer dans Umm al-Kheir. La décision d’Israël d’expulser Joughin plutôt que de le poursuivre pour l’infraction présumée laisse penser que le dossier à son encontre était peu solide.
Lors de son interview sur Times Radio, Joughin a également attiré l’attention sur les difficultés auxquelles sont actuellement confrontés les Palestiniens de Cisjordanie, où les attaques de résidents d’implantations sont quotidiennes et restent presque toujours impunies.
« C’est une situation absolument horrible que [les Palestiniens] vivent au quotidien », a-t-il déclaré. « On leur interdit de faire paître leurs moutons sur leurs propres terres. On leur interdit de récolter les fruits de leurs propres oliviers, de cultiver leurs propres jardins et leurs propres champs. »
« Les habitants d’Umm al-Kheir doivent se battre en permanence simplement pour préserver leur village. D’ici une semaine, les tribunaux israéliens rendront probablement une décision qui ordonnera, dans les faits, la destruction de l’ensemble du village. Près de 40 familles, dont des dizaines d’enfants, se retrouveront alors sans abri », a-t-il déploré.
Revenant sur sa détention par des résidents d’implantations, Joughin a expliqué avoir été prévenu que, « face à des résidents d’implantations, il ne fallait pas se montrer agressif. Il ne fallait pas leur donner le moindre prétexte pour riposter ou appeler la police. Je suis donc resté très ferme. J’ai tenu bon. Je me suis assuré de filmer l’intégralité de l’incident. »
« Tout à coup, l’un des adultes, armé d’un fusil d’assaut, s’est approché de moi. Ils me bousculaient, me poussaient et me criaient dessus. Avant même que je m’en rende compte, ils m’avaient saisi. Ils m’ont pris à la gorge, m’ont tordu le bras derrière le dos, puis m’ont enlevé. Ils m’ont forcé à m’asseoir et m’ont enfermé dans ce qui était, si j’ai bien compris, un abri anti-bombes, où je suis resté pendant au moins une demi-heure sous la menace d’une arme », a-t-il déclaré.
la Communauté du Times of Israël !







