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Tzachi Hanegbi annonce que la libération des otages ne se fera pas « avant vendredi »

Le président du Conseil national de Sécurité israélien a dit que les pourparlers autour de l'accord et de la trêve "progressent" ; la guerre continuera jusqu'à sa mise en vigueur

  • Le conseiller à la Sécurité nationale Tzahi Hanegbi s'adressant aux journalistes aux quartiers généraux de l'armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 14 octobre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash 90)
    Le conseiller à la Sécurité nationale Tzahi Hanegbi s'adressant aux journalistes aux quartiers généraux de l'armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 14 octobre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash 90)
  • Des proches d’otages israéliens détenus par le Hamas à Gaza tiennent une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 novembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
    Des proches d’otages israéliens détenus par le Hamas à Gaza tiennent une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 novembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
  • Des photos des civils retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, dans une rue de Jérusalem, le 22 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Des photos des civils retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, dans une rue de Jérusalem, le 22 novembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une annonce surprise faite vers minuit dans la nuit de mercredi à jeudi, un proche conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir que la libération très attendue du premier groupe de 50 otages israéliens actuellement retenus en captivité par le Hamas – une remise en liberté survenant dans le cadre d’un accord – n’aurait pas lieu jeudi, comme cela avait été annoncé de prime abord, mais vendredi seulement.

Le président du Conseil national de sécurité, Tzachi Hanegbi, a distribué et partagé un document qui note ainsi que les négociations autour des otages « progressent constamment » et que « la libération des captifs commencera conformément aux dispositions établies dans le cadre de l’accord initial entre les parties, et ce pas avant vendredi ».

Une source israélienne a indiqué que la trêve de quatre jours concernant les combats, telle qu’elle est évoquée dans l’accord, était elle aussi mise en suspens et que les opérations militaires à Gaza continueraient tant que l’accord n’est pas finalisé, selon Haaretz.

Quelques heures plus tard, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qatari a indiqué que les négociations sur la remise en liberté des otages, des pourparlers où l’émirat joue le rôle d’intermédiaire entre Israël et le Hamas, « progressent positivement » et que l’annonce sur le moment exact du début de la trêve serait faite dans les heures à venir.

Le porte-parole du chef de la diplomatie du Qatar, Majed al-Ansari, a expliqué dans une déclaration que les autorités de l’émirat travaillaient avec les deux parties et avec les États-Unis de manière à « garantir le début rapide de la trêve » et de façon « à fournir tout ce qui sera nécessaire pour assurer que les deux parties en lice resteront attachées aux engagements qu’elles ont pris dans le cadre de l’accord. »

Ce retard est un coup dur pour les familles, désespérées de revoir enfin leurs enfants, leurs conjointes, leurs filles et leurs sœurs revenir à leurs côtés après près de cinquante jours passés entre les mains du Hamas.

Des portraits d’otages israéliens détenus à Gaza depuis l’attaque du 7 octobre par le Hamas, à Tel Aviv, le 21 novembre 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Selon les termes de l’accord, le Hamas libérera 50 otages israéliens vivants – des enfants, leurs mères et d’autres femmes, par groupes de 12 à 13 personnes – en échange d’une accalmie de quatre jours dans les combats et de la libération de jusqu’à 150 prisonniers palestiniens, plus précisément des femmes et des mineurs. L’accord prévoit également un afflux de carburant et des aides humanitaires à Gaza pendant la pause, une première depuis que le Hamas a déclenché la guerre il y a près de sept semaines, lorsque ses hommes armés avaient pris d’assaut le sud d’Israël et qu’ils avaient massacré quelque 1 200 personnes, dont la plupart étaient des civils.

Le même jour, plus de 240 personnes avaient été kidnappées sur le territoire israélien. Elles sont depuis retenues en captivité dans la bande de Gaza.

Un responsable israélien qui s’est exprimé devant les journalistes, sous condition d’anonymat, dans la soirée de mercredi a expliqué ce retard, affirmant que contrairement à ce qui avait été initialement compris à Jérusalem, l’État juif et le Hamas devaient signer un document ratifiant l’accord avant qu’il ne soit mis en œuvre.

Un document qui sera, avec un peu de chance, signé dans les prochaines vingt-quatre heures, à temps pour que les premiers otages puissent être remis en liberté, a continué l’officiel.

Il a précisé que contrairement à ce qu’avait affirmé un reportage diffusé par la Douzième chaîne – qui avait déclaré que le chef du Mossad, David Barnea, avait reçu la liste des noms des 50 otages qui devaient recouvrer la liberté – il semblait que cette liste n’avait pas été remise.

Le directeur du Mossad, David Barnea, s’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du musée national Eli Cohen à Herzliya, le 12 décembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

De son côté, Israël ne publiera aucun nom pour éviter de faux espoirs aux familles si l’accord devait échouer.

Selon de multiples informations, Barnea avait eu la liste entre les mains mercredi – il se trouvait alors à Doha avec le général Nitzan Alon, en charge du dossier des captifs au sein de Tsahal, et les deux hommes avaient, semble-t-il, rencontré le Premier ministre Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani pour consolider les derniers détails de l’accord.

Un reportage de la Douzième chaîne, non-sourcé, a indiqué dans la soirée de mercredi que le retard dans la mise en œuvre de l’accord avait été entraîné par un manque de compréhension mutuelle « des règles du jeu » qui s’appliqueront pendant la trêve de quatre jours dans la guerre, une pause qui figure dans l’accord.

Question de temps

L’annonce-surprise faite par Hanegbi a eu lieu plusieurs heures après qu’un responsable israélien a fait savoir que la remise en liberté des 50 otages commencerait jeudi, confirmant les détails de l’accord conclu avec le Hamas pendant un point-presse avec les journalistes, mercredi soir.

Un point-presse qui a suivi une déclaration d’un officiel du Hamas, Moussa Abu Marzouk, précisant que l’arrangement entre les deux parties entrerait en vigueur jeudi à 10 heures du matin.

Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et Benny Gantz, ministre au sein du cabinet de guerre, ont donné une longue conférence de presse pour évoquer les mérites de l’accord, mercredi soir.

S’il devait se concrétiser, l’accord serait l’avancée diplomatique la plus importante à avoir lieu depuis le début du conflit, le mois dernier.

Selon ce dernier, si le Hamas parvient à localiser de nouveaux otages – mineurs et femmes non-combattantes – qu’il est en mesure de libérer, l’accord pourra être prolongé jusqu’à dix jours, avec vingt-quatre heures de pause supplémentaire dans les combats en échange de chaque groupe de dix otages. Trois prisonniers palestiniens seraient libérés contre chaque captif rapatrié en Israël.

Des Israéliens manifestent pour demander la libération d’otages enlevés par des terroristes du Hamas à Gaza, devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 21 novembre 2023 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Au cours de son point-presse devant les journalistes, dans l’après-midi de mercredi, le haut-responsable israélien a fait savoir que Jérusalem pensait que dans le cadre des négociations, le Hamas s’intéressait surtout à la nécessité d’optimiser la durée de la trêve dans les hostilités et que l’entrée, au sein de l’enclave côtière, de carburant et d’aides humanitaires n’étaient pas sa préoccupation principale.

Initialement, a ajouté l’officiel, le Hamas voulait une trêve d’un mois – revoyant ensuite cette requête à la baisse en réclamant quatre jours. Il a toutefois fait remarquer que l’un des principaux objectifs du groupe terroriste était de prolonger la trêve au-delà du temps imparti.

Dans la mesure où le Hamas souhaite prolonger la pause encore pendant plusieurs jours, il y a une chance de voir les 80 enfants et femmes enlevés par le groupe terroriste et qui se trouvent entre ses mains remis en liberté, conformément aux dispositions de l’accord, a-t-il fait remarquer.

Le Hamas a fait savoir qu’il détenait 210 otages sur les 240 personnes qui ont été enlevées dans le sud d’Israël, le 7 octobre – le Jihad islamique et les autres factions en auraient une trentaine sous leur contrôle. Le Hamas a annoncé qu’il aurait besoin de temps pour pouvoir localiser les captifs qui ne sont pas placés sous sa garde.

Un officiel américain avait indiqué mardi aux journalistes, lors d’une conférence de presse, que le Hamas avait fourni une liste qui présentait des informations nominatives sur les 50 enfants et femmes que le groupe terroriste prévoit de libérer dans les prochains jours.

Concernant le nombre quotidien de libérations, le haut-responsable israélien a fait remarquer que le Hamas était dans l’obligation, en vertu de l’accord, de libérer 50 otages dans les quatre jours – avec pas moins de dix otages par jour de trêve supplémentaire. Ainsi, si le Hamas ne libère que dix otages par jours au cours des trois premiers jours, il devra faire un sorte d’avoir remis en liberté un total de 50 captifs au quatrième jour de la pause dans les combats.

98 femmes et enfants otages

Selon des estimations israéliennes, le Hamas détient un nombre total de 98 femmes et enfants et une quarantaine d’entre eux sont âgés de moins de 19 ans. Au tout début de la guerre, le groupe terroriste avait entre les mains plus cent femmes et enfants mais après les meurtres de Yehudit Weiss et de Noa Marciano en captivité, ce chiffre a baissé. De surcroît, le Hamas a libéré quatre femmes et une cinquième a été secourue au cours d’une opération militaire à haut-risque.

À gauche : Yehudit Weiss. (Crédit : Autorisation) ; à droite : Cpl. Noa Marciano (Crédit : Autorisation)

Parmi les 98 femmes et enfants, il y a aussi cinq soldates qui n’ont pas été incluse dans l’accord.

La source israélienne a aussi indiqué qu’au-delà du maximum potentiel de 80 femmes et enfants qui pourraient être rapatriés au sein de l’État juif au cours des prochains jours, le Hamas devait « récupérer » les femmes et les enfants qui se trouvent ailleurs, dans la bande, qui pourraient faire l’objet d’un échange de prisonniers ultérieur.

C’est pour cette raison qu’Israël a consenti de ne pas envoyer ses drones, chargés de collecter des renseignements, pendant six heures par jour tout au long de la trêve, ce qui permettra au Hamas et à ses hommes de rassembler les otages dans des secteurs différents de la bande, a expliqué la source.

Mardi, les responsables israéliens avaient déclaré aux journalistes que tout travail de renseignement ne cesserait pas, malgré tout, pendant cette fenêtre de six heures, d’autres mécanismes dont la nature n’a pas été précisée étant également en place pour continuer la collecte d’informations diverses.

Le mécanisme de libération

Le premier groupe d’otages devrait être remis à la Croix Rouge internationale et, peut-être, à d’autres parties qui n’ont pas été identifiées. Les captifs seront ensuite rendus aux autorités israéliennes à l’un des postes-frontières internationaux de Gaza, a indiqué l’officiel.

Après avoir eu la preuve que les otages libérés sont bien les citoyens israéliens dont l’identité a été convenue dans le cadre de l’arrangement, l’État juif remettra alors en liberté les prisonniers palestiniens.

Au vu des inquiétudes portant sur la possibilité que le Hamas ne libère pas les captifs qu’il s’est engagé à remettre en liberté, Israël a décidé de ne pas informer les familles que leurs proches devaient être libérés dès jeudi, a noté le haut-responsable.

Après leur arrivée du côté israélien, les anciens otages seront examinés par les premiers secours puis ils seront pris en charge dans des hôpitaux où ils retrouveront enfin leurs familles.

Les pressions américaines sur le Qatar

Les États-Unis ont exercé de fortes pressions sur le Qatar pour améliorer les dispositions de l’accord, a raconté l’officiel.

Le président Joe Biden a ainsi envoyé le chef de la CIA, William Burns, au Qatar pour faire supprimer une demande du groupe terroriste qui voulait désigner toutes les femmes de moins de 50 ans comme soldates, et pour pousser le Hamas à accepter d’utiliser cette classification pour les seules femmes – elles sont cinq – actuellement en service actif qui ont été kidnappées par l’organisation, a indiqué le responsable.

De plus, l’exigence d’une visite effectuée par les personnels de la Croix Rouge auprès de tous les captifs qui resteront à Gaza est un élément contraignant de l’accord, a-t-il continué et les États-Unis, l’Égypte et le Qatar exerceront les pressions nécessaires de manière à ce que cet engagement soit honoré.

Le responsable de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orient Brett McGurk, à gauche, rencontre le Premier ministre du Qatar, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani, le 19 novembre 2023. (Crédit : Qatar News Agency/AFP)

L’accord tout entier, a-t-il poursuivi, n’a pas été ratifié sur un document signé mais il a été officialisé par le biais d’une annonce mutuelle – par Israël via les États-Unis et par le Hamas par l’intermédiaire du Qatar.

Alors que l’accord permet le rapatriement de 80 otages maximum, il restera 160 captifs encore en détention dans la bande de Gaza après sa mise en œuvre.

Le nombre total des otages n’est pas encore définitif parce qu’Israël estime qu’il y a encore des portés-disparus presque sept semaines après le massacre commis par le Hamas dans le sud d’Israël – deux ressortissants étrangers et six citoyens israéliens.

Les violations de la trêve

Israël craint que le Hamas puisse contrevenir à la pause décidée dans les combats et que les hommes armés n’ouvrent le feu dans les secteurs du nord de Gaza placés sous le contrôle de Tsahal, a expliqué le responsable israélien.

Si des soldats devaient essuyer des tirs, ils auront le droit de riposter, a-t-il ajouté. Toutefois, Israël s’abstiendra d’initier toute action militaire.

Il a estimé que le groupe terroriste n’avait plus qu’un contrôle faible dans le nord de la bande et qu’il ne pourra pas être en mesure d’exercer son autorité sur tous les terroristes du périmètre.

Les soldats israéliens devant l’hôpital Shifa, à Gaza, le 22 novembre 2023.(Crédit : AP/Victor R. Caivano)

En conséquence, l’État juif examinera avec soin la manière de répondre à d’éventuelles violations de la trêve et au cas par cas, en conservant à l’esprit l’impératif de garantir que le processus de remise en liberté des otages ne sera pas entravé. Les militaires riposteront à toute menace directe tout en ne prenant aucune action susceptible d’être interprétée comme une violation de l’accord.

Israël a l’intention d’utiliser la pause dans les combats afin de planifier les prochaines phases de la guerre, notamment en s’assurant que le plus grand nombre possible d’otages pourront rentrer chez eux, a continué l’officiel.

Le cabinet de guerre s’est engagé à continuer la campagne militaire – dont les objectifs sont de détruire le Hamas et d’obtenir la libération de tous les captifs – lorsque la trêve sera terminée.

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