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Ukraine/Lapid : le meurtre des civils à Boutcha est un « crime de guerre »

Le ministre des Affaires étrangères dénonce un massacre "horrible" ; des centaines de corps ont été retrouvés dans cette banlieue de Kiev après la retraite des Russes

Des militaires ukrainiens autour de la dépouille d'un civil dans une rue de Boutcha, dans la banlieue de Kyiv, le 2 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Vadim Ghirda)
Des militaires ukrainiens autour de la dépouille d'un civil dans une rue de Boutcha, dans la banlieue de Kyiv, le 2 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Vadim Ghirda)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid est devenu, dimanche soir, le plus haut-responsable israélien à régir aux scènes choquantes de massacre de civils dans la banlieue de Kiyv, Boutcha, disant dans un tweet : « Il est impossible de rester indifférent face au carnage de civils dans la banlieue de Boutcha, près de Kyiv, après le départ de l’armée russe ».

« Frapper intentionnellement la population civile est un crime de guerre et je le condamne », a-t-il ajout ».

Depuis le départ de l’armée russe, les autorités ukrainiennes ont fait savoir qu’elles avaient retrouvé des centaines de corps sans vie de civils. Un grand nombre ont été découverts dans des charniers et des dizaines gisaient dans les rues. Le monde entier a réagi en exprimant son choc et sa colère, avec l’inquiétude qu’un grand nombre d’autres localités contrôlées par les Russes ne présentent ultérieurement des horreurs similaires.

La Russie a rejeté toute responsabilité dans la mort de ces civils, disant que les images qui ont été partagées par l’armée ukrainienne étaient une « fabrication ».

Le tweet de Lapid n’a pas explicitement accusé la Russie de crime de guerre. Israël utilise un langage diplomatique prudent depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, cherchant à préserver de bonnes relations avec Moscou ainsi qu’avec Kiev.

La publication de Lapid a été postée quelques heures après que son bureau a refusé de commenter de potentiels crimes de guerre commis par la Russie en réponse aux propos tenus sur Twitter par l’ambassadeur de l’État juif en Ukraine.

« Profondément choqué par les photos de Boutcha. Tuer des civils est un crime de guerre et ne saurait être justifié », avait ainsi écrit Michael Brodsky.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, au centre, le commissaire de police Yaakov Shabtai et le commandant du district de Jérusalem Doron Turgeman à la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 avril 3022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Mais un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a dit à Haaretz que Brodsky s’était exprimé en son nom propre, soulignant que l’envoyé « ne blâme pas la Russie ».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fustigé les troupes russes composées selon lui de « meurtriers, tortionnaires, violeurs, pilleurs » après le massacre de civils mis au jour à Boutcha, près de Kiev, qui devrait entraîner cette semaine de nouvelles sanctions occidentales contre Moscou.

Les images de dizaines de cadavres dans des fosses communes ou jonchant les rues des environs de la capitale ukrainienne ce week-end, à la suite du retrait russe, ont révulsé les Occidentaux, comme le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, parlant d’un « coup de poing à l’estomac ».

Des voisins se rassemblent près d’une fosse commune à Bucha, dans la banlieue de Kiev, en Ukraine, dimanche 3 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Rodrigo Abd)

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit dimanche « profondément choqué par les images de civils tués à Boutcha », et le bureau des droits de l’Homme des Nations unis a évoqué de « possibles crimes de guerre ».

Le nombre total de morts reste encore incertain. Selon la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes.

L’AFP a vu samedi les cadavres d’au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues à Boutcha, tuées d' »une balle dans la nuque », aux dires du maire, Anatoli Fedorouk, à l’AFP.

Un employé municipal libère les poignets d’un homme mort, les mains attachées derrière le dos, dans la ville de Bucha, non loin de la capitale ukrainienne Kiev, le 3 avril 2022. (Crédit : Sergei SUPINSKY / AFP)

Et il y a les fosses communes. M. Fedorouk avait affirmé samedi que « 280 personnes » avaient été enterrées « dans des fosses communes » car elles ne pouvaient être inhumées dans les cimetières communaux, tous à portée des tirs russes pendant les combats.

Le porte-parole du président ukrainien, Serguiï Nikiforovil, a pour sa part déclaré à la BBC: « Nous avons trouvé des fosses communes. Nous avons trouvé des gens avec les mains et les jambes ligotées (…) avec des impacts de balles à l’arrière de la tête », et il s’agissait « clairement de civils ».

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