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Un Américain bloqué en Iran autorisé à quitter le pays, son fils libéré

Baquer Namazi, un ex responsable de l'Unicef, avait été détenu en 2016 lorsqu'il était venu faire libérer son fils Siamak, arrêté en octobre 2015 ; ils sont soupçonnés d'espionnage

Baquer Namazi, à gauche, et son fils Siamak, tous deux détenus en Iran, dans un lieu non identifié. (Crédit : Babak Namazi via AP)
Baquer Namazi, à gauche, et son fils Siamak, tous deux détenus en Iran, dans un lieu non identifié. (Crédit : Babak Namazi via AP)

Un américano-iranien de 85 ans, Baquer Namazi, bloqué en Iran après y avoir été détenu, a été autorisé à quitter le pays, tandis que son fils Siamak a été remis en liberté, une information annoncée samedi par l’ONU et saluée par Washington.

« Ce sont de premières étapes cruciales, mais nous ne nous arrêterons pas tant que les Namazi ne pourront pas tous rentrer aux Etats-Unis et que leur long cauchemar aura enfin pris fin », a réagi l’avocat des deux hommes, Jared Genser, dans un communiqué.

De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, s’est dit « reconnaissant qu’à la suite de (ses) appels au président de la République islamique d’Iran (Ebrahim Raïssi), notre ancien collègue Baquer Namazi a été autorisé à quitter l’Iran pour recevoir un traitement médical à l’étranger ».

Baquer Namazi, un ancien responsable de l’Unicef, avait été détenu en février 2016 lorsqu’il s’était rendu en Iran pour faire libérer son fils, Siamak Namazi, un homme d’affaires irano-américain arrêté en octobre 2015.

Tous deux ont été condamnés à dix ans de prison en octobre 2016 pour espionnage. Le père, âgé de 85 ans, a été dispensé en 2020 d’exécuter sa peine mais ne pouvait pas quitter l’Iran malgré des problèmes médicaux.

« Pour la première fois depuis sept ans, Siamak Namazi est à la maison avec ses parents à Téhéran », a indiqué l’avocat.

« Efforts loin d’être terminés »

Le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price, s’est dit « profondément heureux » de cette nouvelle. « Nos efforts sont loin d’être terminés. Nous restons engagés et déterminés à assurer la liberté de tous les Américains injustement détenus en Iran et ailleurs », a-t-il indiqué dans un communiqué.

En juin, dans une tribune publiée dans le New York Times, Siamak Namazi avait « imploré » le président américain Joe Biden de conclure un accord sur un échange de prisonniers avec Téhéran, malgré des négociations nucléaires dans l’impasse avec la République islamique.

L’espoir de Siamak Namazi d’être libéré avait été ravivé en 2021, disait-il, à la reprise des discussions indirectes entre Washington et Téhéran visant à raviver l’accord nucléaire avec l’Iran, dont l’ex-président américain Donald Trump s’était retiré en 2018. Ces négociations restent au point mort.

Le pouvoir iranien fait face à un vaste mouvement de contestation, qui a débuté le 16 septembre, quand une jeune femme kurde de 22 ans, Mahsa Amini, est décédée, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l’Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

La répression de ce mouvement a fait au moins 83 morts.

Des manifestations avaient encore lieu samedi dans plusieurs universités du pays pour dénoncer cette répression meurtrière, tandis que des rassemblements étaient organisés à travers le monde en solidarité avec ce mouvement, le plus important en Iran depuis 2019.

Deux autres citoyens américains sont actuellement retenus en Iran: Emad Sharqi, un investisseur condamné à dix ans de prison pour espionnage, et Morad Tahbaz, qui a également la nationalité britannique, et qui a été remis en liberté provisoire.

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