Un avion commercial israélien autorisé à entrer dans l’espace aérien du Soudan
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Un avion commercial israélien autorisé à entrer dans l’espace aérien du Soudan

L'avion, identifié comme ElY046, a été vu sur le site de pistage des avions flightradar24 entrant dans l'espace aérien soudanais vers 9h30 (heure d'Israël)

Une capture d'écran d'un site qui suite les avions montre un avion d'El Al volant au-dessus de l'espace aérien du Soudan, le 4 juin 2020. (Capture d'écran: flightradar24)
Une capture d'écran d'un site qui suite les avions montre un avion d'El Al volant au-dessus de l'espace aérien du Soudan, le 4 juin 2020. (Capture d'écran: flightradar24)

Jeudi, un avion d’El Al en provenance de l’Argentine a survolé l’espace aérien soudanais, le premier avion de ligne israélien à le faire. Il s’agit d’un nouveau signe de réchauffement des liens entre l’Etat juif et le pays arabe africain, qui a longtemps soutenu des positions hostiles à Israël.

L’avion, identifié comme ElY046, a été vu sur le site de pistage des avions flightradar24 entrant dans l’espace aérien soudanais vers 9h30 (heure d’Israël), environ 12 heures après avoir décollé depuis Buenos Aires. Le vol devait atterrir à Tel Aviv autour de minuit.

Cette autorisation de survol, si elle devient permanente, permettrait une réduction d’environ deux heures des vols directs entre l’aéroport Ben Gurion et Buenos Aires. Le voyage ne prendrait alors plus que 16 heures.

Une source impliquée dans le dossier a confirmé au Times of Israël qu’il s’agissait de la première fois qu’un avion de ligne israélien reçoit la permission de survoler le Soudan.

Le Conseil national de sécurité a été impliqué, a déclaré la source.

Un avion d’El Al décolle de l’aéroport international Ben Gurion le 3 septembre 2014. (Moshe Shai/Flash90)

Le vol de mercredi en direction de Buenos Aires, transportant des agents  de la casheroute, avait emprunté le trajet habituel, plus long. Il avait survolé la Méditerranée avant de mettre le cap vers le sud uniquement après avoir dépassé l’Espagne, selon la source.

Le feu vert pour le retour des vols au-dessus du Soudan a été donné jeudi, mais les autorités soudanaises ont cherché à minimiser l’attention apportée à cette information. Elles ont donc demandé que le vol soit retardé afin que l’avion n’entre dans son espace aérien qu’après la fin du journal du soir du pays, a déclaré la source.

El Al a refusé de commenter l’information, et le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu à la demande de commentaire du Times of Israël.

Alors qu’il s’agissait du premier avion de ligne israélien à survoler le Soudan, ce n’était pas le premier avion de l’Etat juif à le faire.

En février, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé qu’un avion israélien avait effectué le premier vol au-dessus du Soudan, deux semaines après avoir rencontré le dirigeant de l’Etat arabe en Ouganda.

Un officiel du gouvernement israélien avait alors déclaré que l’avion était un « jet israélien privé », et non pas un avion de la compagnie aérienne nationale d’Israël, El Al. L’officiel s’est exprimé sous condition d’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à parler à la presse.

Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, chef du conseil militaire, s’exprime lors d’un rassemblement soutenu par l’armée, dans le district d’Omdurman, à l’ouest de Khartoum, au Soudan, le 29 juin 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

Le Premier ministre avait rencontré le chef du gouvernement de transition du Soudan, le général Abdel-Fattah Burhane, dans une étape clef en vue de l’amélioration des relations bilatérales.

Israël et le Soudan « discutent d’une normalisation rapide », avait déclaré Netanyahu à l’époque, ajoutant que « le premier avion israélien est passé hier dans le ciel du Soudan ». Il s’exprimait alors à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem.

Le chef soudanais de longue date Omar al-Bashir a été destitué dans un coup d’Etat militaire en pleines protestations pro-démocratie. Burhane dirige actuellement le conseil de transition à la tête du pays.

La semaine dernière, la Treizième chaîne a rapporté qu’Israël avait envoyé un avion avec du personnel et des équipements médiaux au Soudan pour tenter de sauver la vie d’une diplomate malade du COVID-19. Elle était à l’origine de la relance des liens diplomatiques secrets entre Jérusalem et Khartoum. Najwa Gadaheldam a succombé à la COVID-19, 24 heures plus tard.

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