Un chef de gang et dix complices inculpés dans une affaire de chantage à 1,4 M de NIS
Les procureurs accusent la famille criminelle Abu Latif d’avoir extorqué un homme d’affaires pendant plus de quatre ans, mêlant menaces armées, violences et travail forcé
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Des actes d’accusation ont été déposés vendredi contre 11 membres et affiliés de la famille criminelle Abu Latif, y compris son chef, Nidal Abu Latif, à l’issue d’une enquête policière portant sur une affaire de chantage particulièrement brutale.
L’affaire concerne l’extorsion d’un homme d’affaires, dont l’identité n’a pas été révélée, qui s’était lourdement endetté durant la pandémie de COVID-19. Pendant plus de quatre ans, la victime aurait été soumise à des menaces répétées, à des pressions et à du chantage, avant d’être contrainte de travailler dans des conditions qualifiées d’inhumaines pour le compte du gang, selon les procureurs.
Les suspects ont été interpellés lors d’une vaste opération menée en décembre, au terme d’une enquête d’un an au cours de laquelle un agent infiltré avait noué des liens étroits avec des membres de haut rang des familles criminelles Abu Latif et Hariri, deux des organisations criminelles les plus influentes du pays.
L’opération a été déclenchée après le témoignage de l’homme d’affaires, devenu témoin à charge, devant les enquêteurs.
Selon l’acte d’accusation, les créanciers de la victime, Ziyad et Fares Ayyash, père et fils et propriétaires d’une usine de tahini à Naplouse, se sont tournés vers la famille Abu Latif à la fin de l’année 2020 afin de récupérer une dette d’environ 600 000 shekels.
Leur contact au sein du gang, Fadi Artoul, aurait alors « racheté » la dette aux Ayyash et porté le montant exigé à 1,4 million de shekels, somme destinée à être partagée entre les créanciers et la famille Abu Latif.
Fin mars 2021, le gang était parvenu à soutirer 50 000 shekels à la victime. Lorsqu’il est apparu qu’elle ne disposait plus des moyens de payer, les pressions se sont étendues à sa famille. Des hommes armés liés au gang ont ouvert le feu sur la maison de ses parents, brisant des fenêtres et endommageant les murs, avant de tirer également devant le domicile de son frère.
Sous la menace, la famille aurait versé environ 850 000 shekels au gang, en liquide et sous forme de chèques postdatés. Mais le chantage ne s’est pas limité à l’aspect financier. Selon l’accusation, Artoul aurait contraint l’homme d’affaires à travailler presque sans interruption pour le gang et pour des entreprises sous son contrôle.
La victime aurait ainsi été forcée de travailler jour et nuit, y compris les week-ends, pour commercialiser le tahini acquis par le groupe criminel auprès de ses créanciers, importer et distribuer du riz et du tabac, transporter de la viande et assurer régulièrement le nettoyage des entrepôts du gang. Son épouse aurait également été contrainte de gérer les comptes de membres de l’organisation.
L’avocat de l’homme d’affaires, Husam Sabit, qui figure parmi les personnes mises en cause, est soupçonné d’avoir collaboré avec la famille Abu Latif.
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