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Un député de Yamina dit qu’il ne votera pas en faveur du budget

Amichai Chikli dit que le parti n’a pas cherché son soutien; l’opposition aurait utilisé un projet de construction d'hôpital pour convaincre un élu Raam de voter contre le budget

Le député Yamina Amichai Chikli vu à la Knesset, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)
Le député Yamina Amichai Chikli vu à la Knesset, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)

Le député Amichai Chikli (Yamina) a déclaré samedi qu’il ne voterait pas avec la coalition en faveur du budget, mettant potentiellement en péril la survie du gouvernement.

« Je ne fais pas de calculs d’intérêt personnel, et il n’y a pas d’accord par lequel je soutiendrai le budget », a déclaré Chikli à la Douzième chaîne. Il a également déclaré que son parti n’avait pas essayé de discuter du budget avec lui et n’avait pas tenté d’obtenir son soutien.

La composition hétéroclite du gouvernement dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett – composé de partis de droite, centristes et de gauche – complique les efforts pour adopter un budget, avec l’opposition d’un seul législateur théoriquement capable de faire tomber l’étroite coalition.

Le projet de loi de finances pour 2021 a été adopté en première lecture en septembre par 59 voix contre 54, le budget 2022 ayant obtenu le feu vert avec un vote de 59 contre 53. La coalition doit faire passer le budget en deuxième et troisième lectures d’ici le 14 novembre, mais espère le faire quelques jours avant cette échéance si cela s’avère possible.

Chikli a affirmé, sans aucune preuve, que l’argent mis de côté dans le budget pour des projets dans la communauté arabe serait plutôt utilisé pour la « radicalisation ».

« C’est un budget très dangereux, 30 milliards de shekels vont être gérés par le parti Raam et [son chef] Mansour Abbas, et c’est une très mauvaise chose », a-t-il déclaré, faisant référence au membre de la coalition.

Les responsables gouvernementaux ont promis d’avancer de près de 35 milliards de NIS de financement total pour la communauté arabe au cours des cinq prochaines années afin de compenser des décennies de négligence de l’État dans les villes arabes et de faire face à la montée en flèche de la criminalité.

Le député Mazen Ghanaim vu à la Knesset, avant la session d’ouverture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)

Dans le même temps, la Douzième chaîne a rapporté que le parti d’opposition de la Liste arabe unie cible le député Raam Mazen Ghanaim et tente de le convaincre de ne pas voter pour le budget, et ainsi de renverser le gouvernement. La chaîne note que Ghanaim a été absent d’un certain nombre de votes clés récents.

Selon la même source, le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a rencontré Ghanaim samedi et lui a proposé qu’un projet de loi soit soumis pour établir un hôpital à Sakhnin, la ville dont le député Raam était auparavant maire.

La source note que la Liste arabe unie a été soutenue dans ses efforts à un niveau « symbolique et superficiel » par le Likud, mais que le parti de Benjamin Netanyahu n’apporterait son soutien à la législation qu’aux stades préliminaires.

La coalition a également essayé d’obtenir le soutien de la Liste arabe unie afin qu’elle puisse adopter le budget.

(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

La Douzième chaîne a rapporté que le gouvernement tentait de convaincre Ahmad Tibi et Osama Saadi de la Liste arabe unie de s’absenter lors du vote du budget ou de s’en abstenir.

La semaine dernière, la commission des Finances de la Knesset a avancé le plan de la nouvelle coalition visant à financer le gouvernement pour les années 2021 et 2022 après une session houleuse de six heures qui a vu des dizaines de millions de shekels alloués à la demande de l’opposition.

Le budget va maintenant être présenté à la Knesset pour un vote en deuxième et troisième lectures. Il devra passer un vote final d’ici le 14 novembre afin que des élections anticipées soient évitées.

La dernière fois qu’une coalition a réussi à adopter un budget, c’était en mars 2018.

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