Un ex-cadre du parti néonazi grec Aube Dorée refuse d’être remis à Athènes
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Un ex-cadre du parti néonazi grec Aube Dorée refuse d’être remis à Athènes

Ioannis Lagos, élu au Parlement européen en 2019 et dont l'immunité vient d'être levée par cette assemblée, a été arrêté mardi à Bruxelles en vertu d'un mandat d'arrêt européen

Le député européen indépendant Ioannis Lagos, l'un des principaux dirigeants de l’organisation Aube dorée, qui a fait défection du parti en 2019, après avoir remporté un siège au Parlement européen, quitte la salle d'audience d'Athènes, le 12 octobre 2020. (Crédit : LOUISA GOULIAMAKI / AFP)
Le député européen indépendant Ioannis Lagos, l'un des principaux dirigeants de l’organisation Aube dorée, qui a fait défection du parti en 2019, après avoir remporté un siège au Parlement européen, quitte la salle d'audience d'Athènes, le 12 octobre 2020. (Crédit : LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Un ancien cadre du parti néonazi grec Aube Dorée, réclamé par la justice de son pays pour y purger une peine de prison, a comparu mercredi devant un juge belge auquel il a signifié son refus d’être extradé, a annoncé le parquet de Bruxelles.

Ioannis Lagos, élu au Parlement européen en 2019 et dont l’immunité vient d’être levée par cette assemblée, avait été arrêté mardi dans la capitale belge en vertu d’un mandat d’arrêt européen émis par Athènes fin 2020.

En octobre dernier, la justice grecque avait condamné M. Lagos à 13 ans et huit mois de prison ferme pour « direction d’une organisation criminelle », ce qui l’avait poussé à se réfugier en Belgique, selon des sources parlementaires.

Mercredi, au lendemain de son arrestation à Bruxelles, il a été présenté à un juge belge chargé par le parquet de faire appliquer le mandat d’arrêt, comme le veut la procédure.

Il « n’a pas accepté sa remise aux autorités grecques » et « le juge d’instruction a décidé de le placer en détention », a précisé le parquet dans un communiqué.

L’ancien député et chef du parti Aube dorée, Nikolaos Michaloliakos, témoigne devant un tribunal d’appel, le 6 novembre 2019, dans le cadre d’un procès phare sur un homicide ayant impliqué Aube dorée. (Crédit : Aris MESSINIS / AFP)

Dans un délai de quinze jours, la chambre du conseil du tribunal néerlandophone de Bruxelles, désormais chargée du contentieux, devra statuer sur l’exécution du mandat d’arrêt, est-il souligné.

Ioannis Lagos, 48 ans, bénéficiait de l’immunité parlementaire depuis son élection en juillet 2019 au Parlement européen sous la bannière d’Aube Dorée, une formation qu’il a quittée quelques mois plus tard pour devenir indépendant.

Le jour du verdict de la cour pénale d’Athènes, en octobre, il avait « quitté la Grèce pour Bruxelles afin d’échapper à sa condamnation », a expliqué l’eurodéputée française Marie Toussaint (Verts), la rapporteure du Parlement européen sur ce dossier.

Cet ancien cadre de la formation néonazie fait partie de la quarantaine de membres d’Aube Dorée condamnés il y a six mois à l’issue d’un procès marathon de cinq ans et demi.

Les dirigeants du parti avaient été mis en cause dans l’affaire du meurtre d’un musicien antifasciste, Pavlos Fyssas, en septembre 2013 près d’Athènes. Un temps en détention provisoire, M. Lagos avait été remis en liberté conditionnelle 18 mois plus tard dans l’attente de son procès.

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