Un Israélien accusé d’avoir vendu des fusils à air comprimé transformés en armes
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Un Israélien accusé d’avoir vendu des fusils à air comprimé transformés en armes

Un résident de Sderot aurait vendu des armes non létales à des Palestiniens de Hébron, en sachant qu'elles seraient converties en vraies armes, selon le Shin Bet

L'Israélien Yuri Shaulov, à gauche, est accusé de trafic d'armes avec un résident de Cisjordanie, Muhammad Abu Hiya, à droite, selon le Shin Bet, le 3 février 2021.(Crédit : Government Press Office)
L'Israélien Yuri Shaulov, à gauche, est accusé de trafic d'armes avec un résident de Cisjordanie, Muhammad Abu Hiya, à droite, selon le Shin Bet, le 3 février 2021.(Crédit : Government Press Office)

Trois Israéliens ont été accusés mercredi d’avoir fait entrer en contrebande des fusils à air comprimé en Cisjordanie, où ils ont été transformés en armes mortelles, a indiqué le service de sécurité du Shin Bet. Le Shin Bet et la police israélienne ont également arrêté trois résidents palestiniens de Hébron, en Cisjordanie, dans le cadre de cette opération, a indiqué le Shin Bet.

Le procureur du district du sud d’Israël a déposé plusieurs « mises en accusation sévères » contre tous les suspects dans l’affaire mercredi devant un tribunal du district du sud, a fait savoir le Shin Bet, sans préciser quelles étaient les charges retenues contre eux.

Les pistolets à air comprimé sont des jouets qui tirent des balles sphériques, généralement en plastique, à une faible vitesse. Ils sont souvent des répliques de véritables armes à feu et sont utilisés à des fins récréatives. Elles ne sont, pour la plupart, pas dangereuses si elles sont utilisées avec une protection oculaire.

Les pistolets à air comprimé sont vendus dans les magasins israéliens pour seulement 300 shekels. Une petite industrie a vu le jour en Israël et en Cisjordanie. Elle est spécialisée dans la transformation de ces jouets en armes mortelles en changeant le canon et le mécanisme interne pour lui permettre de contenir des balles réelles. Ces « armes converties » sont moins puissantes que les armes à feu traditionnelles, et aussi beaucoup, beaucoup moins chères, mais elles peuvent facilement blesser et même tuer, selon le Shin Bet.

Au fil des ans, la police israélienne et l’armée israélienne ont réprimé le phénomène – notamment par une importante saisie l’année dernière – mais leurs efforts se concentrent généralement sur la Cisjordanie. L’enquête du Shin Bet a été l’une des rares à impliquer des suspects israéliens.

Selon le Shin Bet, au cours des deux dernières années, le principal suspect, Yuri Shaulov, un commerçant de Sderot, a vendu un certain nombre de fusils à airsoft à des Palestiniens en Cisjordanie par le biais de deux intermédiaires bédouins, « alors qu’il savait qu’il était illégal de les vendre en Cisjordanie et que les armes qu’il vendait étaient destinées à être transformées en véritables armes à feu ».

Le service de sécurité a identifié les suspects bédouins israéliens. Il s’agit de Hassan Al-Ubra, de la ville de Rahat, et Fares Abu Al-Qia’an, de Hura. Le Shin Bet a déclaré qu’ils servaient d’intermédiaires pour Shaulov et qu’ils avaient fait passer les appareils en contrebande en Cisjordanie.

Selon le Shin Bet, le principal acheteur des fusils à air comprimé était Muhammad Abu Hiya, un marchand d’armes présumé de la ville de Hébron. Abu Hiya a revendu les armes et les pièces détachées à d’autres personnes à Hébron qui les ont ensuite converties en armes à feu de fortune, a indiqué le Shin Bet. L’identité des deux autres palestiniens impliqués n’a pas été révélée.

Les suspects Hassan Al-Ubra, à gauche et Faris Abu Al-Kian, à droite. (Crédit : Government Press Office)

Plusieurs attentats terroristes ont été perpétrés avec des armes transformées ces dernières années, notamment une fusillade à Jérusalem en 2016 qui a tué un policier et un civil, et le meurtre d’un couple en Cisjordanie en 2015.

L’armement artisanal a également été utilisé dans plusieurs fusillades dirigées contre les troupes israéliennes en Cisjordanie au cours des dernières années, a déclaré le Shin Bet.

« La vente de ces armes alimente une dangereuse industrie de production d’armes de fortune, qui font leur chemin jusqu’aux terroristes et sont utilisées pour des attaques contre des cibles israéliennes », a déclaré le Shin Bet.

Les fusils dits « Carlo », ou mitraillettes Carl Gustav, ont été couramment utilisés lors d’une série d’attaques terroristes en Israël en 2016. Cependant, elles étaient souvent fabriquées dans des ateliers à partir de matières premières, plutôt que converties à partir de dispositifs existants, comme dans le cas de ces fusils à air comprimé. Ces armes rudimentaires, fabriquées artisanalement ou à la main, étaient imprécises et avaient une portée limitée, mais elles étaient bon marché et mortelles, et difficiles à contrôler par les autorités israéliennes, bien que les forces de sécurité israéliennes aient réprimé avec un certain succès les ateliers qui fabriquent ces armes ces dernières années

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