Un ministre israélien sur le mont du Temple après 3 ans d’interdiction
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Un ministre israélien sur le mont du Temple après 3 ans d’interdiction

Uri Ariel est le premier à profiter de la nouvelle décision prise par le Premier ministre autorisant les députés à se rendre sur le lieu saint de Jérusalem une fois par trimestre

Le ministre de l'Agriculture Uri Ariel visite le mont du Temple à Jérusalem le 8 juillet 2018 (Autorisation)
Le ministre de l'Agriculture Uri Ariel visite le mont du Temple à Jérusalem le 8 juillet 2018 (Autorisation)

Un ministre israélien s’est rendu dimanche sur le mont du Temple de Jérusalem. C’est la première visite de ce type depuis la levée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’une interdiction d’entrée sur ce lieu saint sensible de la ville, qui a été appliquée durant trois ans.

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel du parti religieux HaBayit HaYehudi est devenu le premier député a profiter de cette autorisation donnée et il est entré dans le complexe – le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième site le plus vénéré de l’islam – au commencement des heures de visite définies pour les non-musulmans, peu après 7 heures du matin.

Ariel avait salué, la semaine dernière, la décision prise par le Premier ministre, déplorant toutefois qu’elle n’aille pas plus loin.

« Le mont du Temple doit être ouvert à la prière juive pendant toute l’année, y compris aux personnalités », avait-il dit.

« Les musulmans ne sont pas à la tête du mont et il leur est interdit d’utiliser des menaces et des violences qui placent des limites à l’entrée des Juifs sur le mont du Temple. J’appelle le Premier ministre à ouvrir le mont du Temple à la prière juive sans limitations, à tous ceux qui le désirent ».

Cette visite est survenue au milieu d’une période annuelle de trois semaines qui marque le deuil, par les Juifs, de la destruction du Premier et du Second temple qui se tenaient sur le site il y a 2 000 ans. Cette période particulière a commencé le 1er juillet, lors de la journée de jeûne du dix-septième jour de Tammuz, et elle s’achèvera le 22 juillet, date à laquelle les Juifs fêteront le jeûne de Tisha Beav – qui est également celle de la destruction des Temples, selon la tradition.

Citant le prophète biblique Zacharie, Ariel a déclaré au groupe de Juifs qui visitait le mont du Temple que « nous espérons et nous prions pour que Tisha Beav soit une journée de joie et pour la reconstruction du temple, de manière à ce que le jeûne n’ait plus lieu d’être. Nous prions aussi pour que nous soyons en mesure de répondre à tous les sacrifices que nous avons évoqués durant la lecture de la Torah, cette semaine – nous devons être capables de les mener à bien, pas seulement d’en tirer les enseignements ».

Mardi, Netanyahu a indiqué qu’il lèverait l’interdiction faite aux parlementaires de visiter le mont du Temple trois ans après que le gouvernement leur a interdit de pénétrer sur le site pour des raisons sécuritaires.

Dans un courrier envoyé au président de la Knesset Yuli Edelstein, Netanyahu a indiqué que les députés seraient autorisés à se rendre sur le mont du Temple une fois par trimestre et que cette fois – contrairement à une initiative-pilote menée il y a un an – les ministres auraient également la permission d’aller sur le site.

Au mois d’octobre 2015, le gouvernement avait interdit aux parlementaires de se rendre sur le lieu le plus saint du judaïsme – qui accueillait les temples bibliques – dans le cadre d’une tentative visant à réduire les tensions en pleine vague d’attentats terroristes liée au mont du Temple, que les Arabes appellent Haram al-Sharif, et qui accueille le Dôme du rocher et la mosquée Al-Aqsa.

Après l’apaisement des menaces et des violences, le commandant de la police de Jérusalem Yehoram Halevy avait recommandé au chef de la police, Roni Alsheich, que les députés aient à nouveau le droit d’aller sur le mont du Temple.

La députée Shuli Mualem au mur Occidental après s’être rendue au complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 29 août 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Sous les termes d’un accord mis en place il y a des décennies et appliqué par Israël, seuls les musulmans ont le droit de prier à l’intérieur du complexe et les Juifs ne peuvent s’y rendre qu’à certains moments, souvent escortés par les forces de sécurité.

Yehuda Glick, député du Likud qui, aux côtés de Shuli Moalem-Refaeli du parti HaBayit HaYehudi, s’était rendu au mont du Temple il y a un an, a félicité Netanyahu pour sa suppression de l’interdiction la semaine dernière.

« Je félicite le Premier ministre qui a mis un terme à l’interdiction illégale et déraisonnable faite aux députés de visiter le mont du Temple et je l’appelle à procéder à un vrai changement et à permettre aux parlementaires de se rendre sur le mont lorsqu’ils le désirent, comme c’est le droit de tous les citoyens ou de tous les touristes, » a-t-il déclaré.

Le député arabe israélien Ahmad Tibi en visite à la mosquée Al-Aqsa, le 25 février 2014. (Crédit : Sliman Khader/Flash90)

Glick a souligné que « le mont du Temple est un lieu dédié à tous ceux qui veulent se rapprocher du maître de l’univers et ce n’est pas un lieu qui doit accueillir ceux qui incitent ou utilisent la violence, ou les terroristes ».

Le député prône depuis longtemps les visites des Juifs sur le mont du Temple. En 2014, un terroriste palestinien avait tenté d’assassiner Glick en raison de son activisme en faveur du mont du Temple. Le tireur avait dit à Glick, juste avant de sortir son arme, qu’il était « un ennemi d’Al-Aqsa ».

Les députés de la Liste arabe unie ont pour leur part critiqué la décision prise par Netanyahu.

« Les députés de la Liste arabe unie ne viendront pas aujourd’hui à la mosquée Al-Aqsa dans le cadre de la provocation et des conditions mises en place par Netanyahu et la police israélienne », a dit le député Ahmad Tibi. « Les parlementaires arabes iront là-bas quand ils le veulent, et non quand Netanyahu le veut. Les choses se passaient ainsi dans le passé et elles se passeront ainsi à l’avenir ».

« Netanyahu ne dira pas aux musulmans, aux députés ou aux autres quand aller ou quand prier », a dit la parlementaire Hanin Zoabi. « Un non-musulman n’a aucun besoin d’aller à cet endroit. Netanyahu veut créer une querelle pour faire oublier les enquêtes criminelles et les menaces de rupture de sa coalition ».

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