Un mois après des heurts avec l’armée israélienne, un Palestinien blessé décède
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Un mois après des heurts avec l’armée israélienne, un Palestinien blessé décède

Selon l'AP, Islam Dweikat était en soins intensifs depuis qu'il a été touché par une balle lors d'un affrontement le mois dernier au cours duquel un jeune Palestinien a été tué

De jeunes Palestiniens se protègent contre des gaz lacrymogènes lors de heurts avec les forces israéliennes dans un village au sud de Naplouse en Cisjordanie, le 11 mars 2020. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
De jeunes Palestiniens se protègent contre des gaz lacrymogènes lors de heurts avec les forces israéliennes dans un village au sud de Naplouse en Cisjordanie, le 11 mars 2020. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Un Palestinien blessé il y a quelques semaines lors de heurts avec l’armée israélienne en Cisjordanie a succombé mercredi à ses blessures, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.

Islam Dweikat, 22 ans, avait été atteint par balle lors d’affrontements entre manifestants et l’armée israélienne à la sortie de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, selon le ministère, qui n’a pas précisé s’il s’agissait d’une balle réelle ou en caoutchouc.

Un Palestinien de 15 ans avait été tué par l’armée israélienne lors de ces heurts, survenu le 11 mars dernier et qui avaient éclaté après des rumeurs selon lesquelles des Israéliens allaient s’emparer de terres près de Naplouse, principale ville du nord de la Cisjordanie.

Les soldats israéliens, dont certains portaient des masques visiblement pour se protéger du nouveau coronavirus, avaient tiré des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et réelles pour disperser le rassemblement, selon des témoins.

Près de 500 émeutiers palestiniens lançaient des pierres sur les soldats israéliens.

Les affrontements ont éclaté après l’arrivée des forces de sécurité israéliennes au sommet de la colline d’Orma, dans le village de Beita, selon le site officiel d’information de l’AP, Wafa. Dix-sept Palestiniens ont été blessés, dont deux grièvement, a indiqué le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne.

L’armée israélienne a indiqué ne pas avoir utilisé de balles réelles, mais a confirmé mercredi à l’AFP qu’une enquête avait été ouverte sur ces heurts.

À l’époque, Walid Assaf, le chef de la « Commission palestinienne contre le Mur et les Colonies », a déclaré que les Palestiniens avaient tenu un sit-in au sommet de la colline pour « empêcher qu’elle ne soit prise par les colons ».

« Vers 5 heures du matin, un grand nombre de jeeps de l’armée sont arrivées à Orma et les soldats ont commencé à tirer à balles réelles, à tirer des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et tout ce qu’ils avaient, en notre direction », a déclaré Assaf lors d’un appel téléphonique, notant que les Palestiniens se sont régulièrement rassemblés sur le site depuis qu’ils ont appris « les efforts des colons pour s’en emparer ».

Il a déclaré que les affrontements ont continué pendant plusieurs heures en fin de matinée.

Le sommet de la colline se trouve dans la zone B de la Cisjordanie, où – selon les accords d’Oslo – l’AP est responsable des affaires civiles et Israël est en grande partie responsable des questions de sécurité.

Assaf l’a décrit comme un site archéologique contenant une ancienne forteresse et 18 puits, mais a minimisé les liens des Juifs avec ce site, affirmant qu’ils n’avaient pas participé à sa construction.

Le président du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a décrit le site comme étant juif dans une publication Facebook le 17 février et a affirmé que c’est là que l’histoire biblique d’Abimélek, qui était roi dans le Livre des Juges, a eu lieu.

Dagan a également accusé l’AP de détruire Orma et a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres responsables à intervenir.

« Il est totalement interdit à l’État d’Israël d’abandonner le site de cette manière », a-t-il déclaré.

Plusieurs responsables de l’AP, dont Assaf, ont participé à une manifestation le 26 février pour inaugurer un projet qui, selon le gouvernorat de Naplouse, vise à transformer le site en parc archéologique.

Assaf a nié que les Palestiniens causaient des dommages au site.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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