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Un politicien colombien affirme que ses éloges d’Hitler étaient destinées à Einstein

Rodolfo Hernandez, candidat au second tour de l'élection présidentielle colombienne a conquis un public improbable grâce à une campagne autofinancée sur les réseaux sociaux

Rodolfo Hernandez, candidat à la présidence de la Colombie à Bogota, Colombie, le 2 juin 2022. (Crédit: AP Photo/Fernando Vergara)
Rodolfo Hernandez, candidat à la présidence de la Colombie à Bogota, Colombie, le 2 juin 2022. (Crédit: AP Photo/Fernando Vergara)

L’un des deux candidats à la prochaine élection présidentielle colombienne a fait l’éloge d’Adolf Hitler l’année dernière, avant de revenir sur ses propos en disant qu’il avait confondu le leader nazi avec Albert Einstein.

Le populiste Rodolfo Hernandez, âgé de 77 ans, a déclaré lors d’une interview à la radio qu’il était un « disciple d’un grand penseur allemand nommé … Adolf Hitler ».

Il a par la suite déclaré qu’il voulait parler d’Einstein et qu’il n’était pas un fan d’Hitler. Cependant, l’ancien maire a, par le passé, prononcé d’autres commentaires extrêmement désobligeants.

Le second tour de l’élection entre Hernandez et son rival de gauche Gustavo Petro aura lieu ce week-end. Les sondages laissent à penser que la course sera serrée.

Hernandez, qui n’a aucun lien avec les partis établis ni aucune tendance politique évidente, est un magnat de l’immobilier indépendant qui mène sa campagne autofinancée principalement sur les réseaux sociaux.

L’autoproclamé « roi de TikTok » s’adresse directement à son électorat via la plateforme – où il compte près de 600 000 followers – et publie des émissions sur Facebook. Ses diatribes sont parfois offensantes et grossières.

Outre le commentaire sur Hitler, il a fait des remarques désobligeantes sur les femmes, décrivant les femmes vénézuéliennes comme « des usines à fabriquer des enfants pauvres ».

Il est également connu pour avoir giflé un conseiller de l’opposition lors d’un désaccord devant les caméras en 2018.

À la surprise générale, il est arrivé en deuxième position lors du premier tour électoral le 29 mai, privant le candidat favori, Petro d’une victoire absolue et battant le candidat de droite jusqu’alors considéré comme le principal concurrent du candidat de gauche.

Hernandez, ancien maire de la ville de Bucaramanga, située dans le nord de la Colombie, s’est présenté comme l’homme de main de la lutte contre la corruption et a largement préféré utiliser les réseaux sociaux pour diffuser son message plutôt que des apparitions publiques. Il a catégoriquement refusé de débattre avec les autres candidats.

Hernandez a largement axé sa campagne sur la lutte contre la pauvreté, qui touche environ 39 % des 50 millions de Colombiens. Il a promis de ne pas augmenter les impôts, de réduire la TVA de 19 à 10 % et d’augmenter les dépenses sociales en réduisant la bureaucratie.

Hernandez attribue à la corruption du gouvernement une grande partie des inégalités économiques profondément ancrées en Colombie, alors qu’il fait lui-même l’objet d’une enquête pour des « privilèges injustifiés » accordés à des tiers lorsqu’il était maire.

Il a été accusé d’avoir promis des logements gratuits dans les quartiers défavorisés lorsqu’il était candidat à la mairie de Bucaramanga, promesse qu’il n’a finalement pas tenue.

Bien qu’il n’ait pas tenu son ambitieuse promesse, Hernandez reste populaire auprès de nombreux habitants de Bucaramanga, admiré pour son audace et pour avoir construit des terrains de sport dans les quartiers pauvres au cours de son mandat, entre 2016 et 2019.

Il a fait don de son salaire de maire à des causes sociales et a vécu de sa fortune qui s’élève, à ses dires, à 100 millions de dollars.

Hernandez a été suspendu de ses fonctions de maire pour avoir interférer  dans des élections locales, et a finalement démissionné peu avant la fin de son mandat.

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