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Un rassemblement propalestinien à l’université Ben Gurion suscite l’indignation

Le maire de Beer Sheva qualifie le rassemblement étudiant de "honteux" ; l'université défend l'autorisation de l'événement au nom de la diversité

Des étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestent à l'Université Ben Gurion de Beer Sheva le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)
Des étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestent à l'Université Ben Gurion de Beer Sheva le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Suite à l’interdiction d’organiser une manifestation à l’occasion du Jour de la Nakba, qui commémore la création de l’État d’Israël, la semaine dernière, des étudiants de l’université Ben Gurion à Beer Sheva dans le Neguev, ont organisé un rassemblement propalestinien sur le campus lundi, brandissant des drapeaux palestiniens et chantant des chansons nationalistes,

Des étudiants pro-israéliens ont organisé une contre-manifestation en opposition au rassemblement. Les deux camps ont été séparés par des barrières, des policiers et du personnel de sécurité.

Les non-étudiants qui sont arrivés avec des drapeaux israéliens n’ont pas été autorisés à entrer, une mesure que l’université a expliquée comme étant destinée à maintenir la paix. Les étudiants étaient eux autorisés à apporter des drapeaux israéliens.

Certains des membres du groupe propalestinien ont brandi des pancartes sur lesquelles était écrit « Shalom », ou paix. Le groupe propalestinien, composé essentiellement d’étudiants arabes israéliens, comptait plusieurs étudiants juifs.

Ruvik Danilovich, le maire de Beer Sheva, a critiqué l’événement pro-palestinien, écrivant dans une lettre au président de l’université Daniel Chamovitz que c’était « une honte ».

« Le drapeau palestinien est brandi fièrement et des chants sont entonnés à la gloire des ennemis d’Israël dont le seul désir est de le détruire », a écrit Danilovich.

Des étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestent à l’Université Ben Gurion de Beer Sheva le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Mon cœur va vers les familles endeuillées, qui ont perdu ceux qui leur étaient les plus chers et qui assistent à cette disgrâce », a-t-il ajouté. « Une autre ligne rouge a été franchie aujourd’hui ».

« En tant que président, vous vous avez l’obligation de faire une déclaration claire à ce sujet », a exhorté Danilovich.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton, membre du parti de droite Tikva Hadasha, a déclaré : « Les images que nous avons vues ce matin sont incroyables. »

Elle a déclaré que le Conseil de l’enseignement supérieur, qui supervise les universités et les collèges d’Israël, considérerait le rassemblement comme une incitation potentielle.

L’université a répondu par une déclaration rappelant que la Journée internationale de la diversité a eu lieu il y a deux jours et que les événements ont montré que les étudiants issus de toute les strates de la société israélienne présents sur le campus pouvaient « avoir des opinions et des points de vue différents. »

Des étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestent à l’université Ben Gurion de Beer Sheva, le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Le campus, a-t-il dit, est « un point de rencontre » pour les gens et les idées nouvelles, et les administrateurs ont donc autorisé « deux rassemblements politiques aux vues opposées. »

« Nous sommes fiers de nos étudiants qui se soucient de ceux qui les entourent et expriment leurs opinions. Aujourd’hui, ils ont été confrontés à des points de vue opposés, mais ont néanmoins maintenu l’ordre public et assuré le bon déroulement des rassemblements », a déclaré l’université.

La section locale d’Im Tirtzu, un groupe d’activistes nationalistes de droite, a critiqué dans un communiqué l’université pour avoir empêché les non-étudiants de pénétrer sur le campus.

« Brandir le drapeau de l’OLP dans des instituts universitaires ne devrait pas passer inaperçu. Nous continuerons à faire campagne pour les valeurs sionistes en tout lieu et à tout moment », a déclaré Im Tirtzu.

Des étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestent à l’université Ben Gurion de Beer Sheva, le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Il y a deux semaines, un petit groupe d’étudiants de l’université Ben Gurion s’était réuni pour protester contre la mort de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée alors qu’elle couvrait des affrontements entre des soldats israéliens et des tireurs palestiniens à Jenin. Ils se sont rapidement dispersés lorsque d’autres étudiants ont commencé à former une contre-manifestation.

Le groupe voulait organiser une manifestation pour marquer le jour de la Nakba, au cours duquel les Palestiniens déplorent la création de l’État d’Israël, mais on lui a demandé de la reporter à lundi, ont expliqué les organisateurs au Times of Israel.

Lundi, les organisateurs ont souligné que l’événement n’était pas une « protestation », mais plutôt une « assemblée » pour le Jour de la Nakba. Ils ont déclaré qu’il s’agissait du premier rassemblement de ce type sur le campus et qu’ils prévoyaient d’organiser un rassemblement similaire chaque année, sous réserve de l’approbation de l’université.

« Il est important de noter la différence entre leur manifestation et notre assemblée. Il y a une énorme différence, la commémoration de la Nakba n’est pas une protestation », a déclaré Watan Madi, l’une des organisatrices.

Elle a ajouté que le groupe ne faisait qu’agiter des drapeaux palestiniens et chanter des chansons, et a nié que des chants haineux aient été entonnés de leur côté.

Du côté israélien, de nombreux manifestants ont scandé « Mort aux terroristes », et certains ont ajouté « Vous êtes des terroristes ».

La semaine dernière, des militants d’Im Tirtzu se sont affrontés à des participants à un rassemblement beaucoup plus important du Jour de la Nakba à l’université de Tel Aviv. Trois étudiants arabes ont été arrêtés par la police après qu’une bagarre a éclaté entre eux et le groupe Im Tirtzu. Les deux parties se rejettent la responsabilité de l’incident.

Les Palestiniens appellent la création d’Israël en 1948 la Nakba, un mot arabe signifiant catastrophe. Des centaines de milliers de Palestiniens ont fui ou ont été expulsés pendant la guerre d’indépendance, alors que l’État juif naissant luttait pour sa survie.

Des rassemblements ont lieu chaque année le 15 mai, date anniversaire de la déclaration d’indépendance d’Israël. Les Israéliens, quant à eux, célèbrent la création de leur État à la date hébraïque, qui change d’année en année selon le calendrier juif.

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