Un tiers des enfants israéliens vivent dans la pauvreté
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Un tiers des enfants israéliens vivent dans la pauvreté

Les chiffres de l’institut national de l’assurance montrent qu’1,7 million de personnes est considéré comme pauvre

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Photo illustrative d'une femme pauvre demandant la charité à Jérusalem (Crédit photo:  (Nati Shohat/Flash90)
Photo illustrative d'une femme pauvre demandant la charité à Jérusalem (Crédit photo: (Nati Shohat/Flash90)

Presqu’un tiers des enfants en Israël vivent sous le seuil de pauvreté, selon les chiffres d’un rapport de l’institut national de l’assurance (INA) publié mercredi.

Cette revue de la pauvreté en Israël en 2014 a été présentée au ministre de la Santé Haim Katz par Shlomo Mor-Yosef, le directeur de l’institut national de l’assurance.

L’année dernière, l’INA a classé 1,7 million de personnes comme pauvre en Israël, y compris 776 000 enfants de 444 900 familles, faisant de l’état juif l’un des pays les plus touchés par la pauvreté dans le monde développé. Selon le bureau central des statistiques, il y a un total de 2 740 000 enfants âgés de 17 ans ou moins en Israël.

Les données montrent, cependant, qu’il y a seulement eu une légère augmentation de la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, comparé à 2014.

Les standards de l’INA définissent la pauvreté pour une personne seule à un revenu inférieur à 3 077 NIS ($792) par mois, et à 4 923 NIS pour un couple.

Une famille de cinq personnes dont le revenu est inférieur à 9 230 NIS est aussi considérée comme pauvre.

Les résultats placent le niveau de pauvreté d’Israël au second niveau parmi les nations de l’OCDE, le Mexique étant en première place. Israël a aussi le second taux de pauvreté le plus élevé chez les enfants, derrière la Turquie.

Les personnes pauvres représentaient 21,8 % de la population en 2013 et 22 % en 2014, tandis que les familles pauvres passent de 16,8 % du total en 2013 à 18,8% en 2014.

Parmi les familles avec des enfants, 23,3 % étaient considérées comme pauvres en 2014, comparé à 23 % en 2013. Le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté a augmenté de 30,8 % à 31 % sur la même période.

Au contraire, le nombre de familles monoparentales qui vivent dans la pauvreté a chuté de 27,5% en 2013 à 24% en 2014. Les familles qui n’ont qu’une seule source de revenus vivant dans la pauvreté étaient 29,5% en 2013, et 30,2% en 2014.

Parmi les ultra-orthodoxes, 54,3 % sont sous le seuil de pauvreté, et deux tiers de ces enfants vivent dans la pauvreté.

Katz défendait la politique du gouvernement sur la pauvreté et a promis de faire plus de progrès en s’assurant que les personnes qui travaillent gagnent un salaire décent.

« Dans le budget actuel, nous avons augmenté les indemnités pour les personnes âgées qui reçoivent un revenu de soutien et créé un outil pour réduire la pauvreté intergénérationnelle, sous la forme d’un don pour chaque enfant – des étapes qui réduisent la pauvreté », a-t-il déclaré.

Haim Katz, président de la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé à la Knesset (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Haim Katz, président de la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé à la Knesset (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Nous allons vaincre le phénomène pervers dans lequel les gens qui travaillent sont pauvres et ne peuvent pas terminer le mois », a promis Katz. « L’Etat est obligé de soutenir les populations en difficulté et d’assurer les besoins de tous ceux qui, pour des raisons légitimes, ne peuvent pas travailler.

« La plus grande responsabilité du pays est de donner à l’homme qui travaille la capacité de gagner un salaire respectable. La pauvreté n’est pas une fatalité, et avec une planification correcte, nous pouvons réduire le niveau de pauvreté en Israël. »

Le chef de l’opposition le député Isaac Herzog de l’Union sioniste a demandé une enquête sur la pauvreté dans le pays.

« La pauvreté est une guerre qui fait des centaines de milliers de victimes », a déclaré Herzog. « Netanyahu doit répondre pour cela. »

« Le rapport sur la pauvreté n’intéresse pas le Premier ministre, » a-t-il écrit sur son compte Twitter. « Pourquoi ? Parce que la pauvreté et les pauvres n’intéressent le Premier ministre. Il n’a pas de temps pour eux. »

Se référant à la période pendant laquelle Netanyahu était ministre des Finances entre 2003 et 2005, Herzog a déclaré : « Netanyahu est celui qui a poussé des couches entières de la population dans la pauvreté en 2003 et il l’a fait à nouveau en 2013 et, avec une perspective d’une économie [cupide] aux dépens de ceux qui se battent dans la société ».

Selon l’INA, la hausse du nombre de familles pauvres est dûe en partie à la réduction des allocations familiales en août 2013.

«Je suggère que le gouvernement fixe des objectifs macro-sociaux à long terme pour réduire la pauvreté et l’inégalité des revenus», a déclaré Mor-Yosef.

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