Israël en guerre - Jour 143

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Une ado aide les survivants de la Shoah à raconter leurs histoires à travers l’art

Shira Israeli, élève en Terminale, a d'abord commencé à se pencher sur l'histoire de sa famille pendant la Shoah - aujourd'hui, elle aide les survivants

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Shira Israeli (à droite, veste rouge) rassemble survivants de la Shoah et lycéens dans le"Théâtre de la mémoire", dans le cadre de l'organisation à but non-lucratif LEAD. (Autorisation : Shira Israeli)
Shira Israeli (à droite, veste rouge) rassemble survivants de la Shoah et lycéens dans le"Théâtre de la mémoire", dans le cadre de l'organisation à but non-lucratif LEAD. (Autorisation : Shira Israeli)

Il y a quatre ans, Shira Israeli, qui était alors élève en 4e au collège des sciences à Lod, avait été amenée à réaliser un film sur l’histoire de sa famille pendant la Shoah dans le cadre d’un projet pour son cours d’anglais.

« C’était un réel problème pour moi parce que ma famille ne parle pas de la Shoah », explique l’adolescente, qui habite Shoham et qui est aujourd’hui en Terminale.

Israeli ne connaissait que quelques détails sur ce qu’avait vécu sa famille pendant le génocide juif – elle savait que son grand-père paternel était né en Allemagne, mais pas beaucoup plus.

Restait alors la boîte remplie de photographies qui se trouvait dans la cave de ses parents depuis des décennies.

Elle a commencé à fouiller dans la boîte et dans l’histoire familiale – et, après une recherche minutieuse, fastidieuse, elle est parvenue à créer son propre lien avec ces événements historiques terribles, ouvrant finalement la voie à son « Théâtre pour la mémoire », un projet destiné à la fois aux jeunes Israéliens et aux survivants.

Israeli a été en capacité d’établir ce programme l’année dernière, quand elle était encore en Première, à travers sa participation au sein de LEAD, une organisation à but non-lucratif qui vise à éduquer une nouvelle génération de leaders dans les lycées. LEAD permet aux adolescents de concevoir, de développer et de prendre en charge leur propre projet et Israeli a ainsi pu créer des groupes artistiques avec des survivants, rassemblant finalement 40 lycéens et 15 survivants au sein de deux collectifs, l’un qui se trouve à Lod et l’autre à Ramat Gan.

Des lycéens et des survivants de la Shoah apprennent à se connaître dans le cadre du « Théâtre de la mémoire », créé par Shira Israeli, une élève de Terminale, dans le cadre de l’organisation à but non-lucratif LEAD. (Autorisation : Shira Israeli)

Les groupes se rencontrent chaque semaine et ils travaillent ensemble, dessinant ou sculptant. Ils enregistrent les témoignages des survivants en utilisant des supports vidéo, en réalisant des œuvres d’art et des illustrations.

Alors qu’il ne reste que 150 000 survivants de la Shoah au sein de l’État hébreu et que 15 000 d’entre eux disparaissent chaque année, il est vital que les plus jeunes générations entendent leurs histoires, déclare Israeli.

« Au cours de la prochaine décennie, nous apprendrons un jour que le dernier survivant de la Shoah est mort », explique-t-elle.

« J’ai voulu les aider d’une certaine façon, en particulier après la pandémie. Je voulais que les jeunes, autour de moi, puissent établir un lien avec la Shoah, avec la sirène quand ils l’entendent », ajoute-t-elle, se référant à la sirène qui, pendant deux minutes, immobilise tout le pays à l’occasion de Yom HaShoah, qui tombe cette année en date du 18 avril.

Des lycéens et des survivants de la Shoah apprennent à se connaître dans le « Théâtre de la mémoire », un programme créé par Shira Israéli dans le cadre de l’organisation à but non-lucratif LEAD. (Autorisation : Shira Israeli)

« Nous avons entendu des histoires incroyables. Un survivant nous a raconté comment il avait réussi à survivre en Italie quand il était bébé, comment il avait été emmené en Grèce », s’exclame la lycéenne. Un autre couple de survivants, dans le groupe de Ramat Gan, lui a confié que prendre part à ces ateliers préparés par ses soins l’avait aidé à parler pour la toute première fois depuis des années de la Shoah.

En même temps, d’autres survivants ont des difficultés à partager leurs histoires et d’autres encore – souvent des russophones – ne connaissent pas l’hébreu, ce qui rend les échanges difficiles.

« Je considère cette aventure comme la plus importante de toute ma vie jusqu’à présent », dit Israeli avec enthousiasme. « J’ai appris tant d’outils, j’ai appris comment communiquer avec de grosses organisations, j’ai appris à penser que tout est possible. ‘Non’ ne peut jamais être une réponse. »

Israeli travaille actuellement avec Yad Vashem et avec le Musée d’Art de Tel Aviv pour exposer les œuvres d’art réalisées et rendre publics les enregistrements des témoignages : la jeune fille a le sentiment que tous les Israéliens doivent pouvoir accéder à ces histoires.

« Je ne veux pas que ces histoires restent dans l’ombre, je veux les mettre en lumière », dit Israeli, qui espère avoir 15 groupes, l’année prochaine.

Concernant la fameuse boîte de photographies qui a été à l’origine de tout le reste, elle a d’abord regardé les visages qu’elle ne reconnaissait pas avant de se lancer dans des recherches qui lui ont permis de leur donner un nom – des recherches entreprises avec la bénédiction de sa grand-mère.

Les membres de la famille de Shira Israeli qui sont morts pendant la Shoah. (Autorisation : Shira Israeli)

« Ma grand-mère m’a dit qu’elle était fière de moi et de mon travail », dit Michaeli qui ajoute que cette aventure individuelle avait aussi permis à sa famille de mieux comprendre son histoire.

« Shira est un exemple formidable de la force, de la vigueur qui est celle de nos jeunes lorsqu’il s’agit d’initier le changement », commente Amit Bohensky, président de l’Association des amis de LEAD. « Voir une adolescente de 17 ans parvenir à rassembler ainsi une série de collectifs solides avec d’autres jeunes, créant la différence, c’est étonnant ».

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