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Une collectionneuse US, grand soutien d’Israël, inquiétée par des oeuvres volées

Certaines des 23 œuvres détenues par Shelby White et faisant l’objet de mandats de perquisition avaient déjà été restituées à l'Italie et à la Turquie

Shelby White à la cérémonie de pose de la première pierre du Centre Archéologique de la Mosaïque de Lod en 2017. (Crédit : Raanan Kislev, Autorité des antiquités d’Israël)
Shelby White à la cérémonie de pose de la première pierre du Centre Archéologique de la Mosaïque de Lod en 2017. (Crédit : Raanan Kislev, Autorité des antiquités d’Israël)

Des objets d’art volés ont été saisis dans la collection privée d’une philanthrope américaine, par ailleurs généreuse donatrice à Israël et à des causes juives, ont fait savoir vendredi dernier les médias américains.

Évoquant des mandats de perquisition émis par le bureau du procureur du district de Manhattan en juin 2021 et avril 2022, The Art Newspaper a indiqué que « le Département américain de Sécurité intérieure avait des ‘motifs raisonnables’ de croire [que 23 œuvres détenues par la philanthrope Shelby White] avaient été volées ».

Selon les termes des mandats, ces œuvres constituent des preuves de possession criminelle de biens volés à divers degrés et de complots en vue de commettre ces crimes.

Matthew Bogdanos, chef de l’unité de trafic d’antiquités de la DA de Manhattan, a refusé de commenter l’affaire, toujours en cours.

White a pour sa part déclaré au journal : « Je n’ai absolument rien à dire. »

White dirige la Fondation Leon Levy, du nom de son défunt mari. Sa fondation a versé des centaines de millions de dollars au Metropolitan Museum of Art de New York et financé la restauration de l’ancienne mosaïque de Lod au Shelby White & Leon Levy Lod Mosaic Archaeological Center situé près de l’aéroport Ben Gurion, qui a ouvert ses portes en juin 2022.

Parmi les objets pillés saisis en avril figurent une statue en bronze grandeur nature de l’empereur romain Lucius Verus, de près de 1 800 ans et d’une valeur estimée à 15 millions de dollars, quatre parties d’un sarcophage anatolien à colonnes datant du deuxième siècle, estimées à 15 millions de dollars, et quatre parties d’un sarcophage anatolien du deuxième siècle, restituées à la Turquie en octobre, selon la source d’information.

Ces pièces ont été exposées au musée d’Antalya en novembre dernier.

Le consulat américain à Istanbul a déclaré que les antiquités avaient été pillées lors de fouilles illégales, puis introduites clandestinement aux États-Unis il y a plus de 50 ans.

Selon une liste publiée sur le blog Looting Matters, plusieurs œuvres qui faisaient autrefois partie de la collection de White ont été rapatriées en Italie en septembre, dont un cratère (récipient utilisé pour mélanger le vin et l’eau) à motifs rouges vieux d’environ 2 500 ans et d’une valeur de 3 millions de dollars.

Le journal Art a noté qu’un « buste masculin en bronze » du premier siècle avant notre ère, également évalué à 3 millions de dollars, et un chaudron avec quatre têtes d’animaux du sixième siècle avant notre ère, d’une valeur de 150 000 dollars, avaient également été restitués aux autorités italiennes.

Mosaïque de Lod pendant les travaux de restauration. (Crédit : Emil Aladjem, Autorité des antiquités d’Israël)

Ce n’est pas la première fois que la collection de White défraye la chronique. Une étude réalisée en 2000 par les archéologues David Gill et Christopher Chippindale avait révélé que 93 % des pièces exposées par White et Levy dix ans plus tôt étaient d’origine inconnue.

En 2008, la donatrice avait restitué 10 objets à l’Italie et deux à la Grèce, puis en 2011, un torse de statue à la Turquie.

Gill a déclaré à The Art Newspaper qu’il était pour lui « très révélateur » que les autorités n’aient pas dit que les pièces appartenaient à White, et que les saisies faisaient probablement partie d’une enquête plus vaste encore.

« De toute évidence, un certain nombre d’objets ont été excavés illégalement et sortis de leur pays d’origine en dehors de tout cadre légal », a expliqué Gill.

« Je suis certain qu’ils diront avoir acquis ces objets en toute bonne foi. Mais l’ampleur des pillages est tel qu’ils auraient dû faire preuve de diligence avant de les acheter. De la même manière, les musées doivent faire preuve de diligence avant d’accepter des prêts », a-t-il ajouté.

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