Une leçon d’histoire en Pologne pour les chefs religieux non-juifs d’Israël
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Une leçon d’histoire en Pologne pour les chefs religieux non-juifs d’Israël

Des religieux grec-orthodoxes, arméniens et anglicans ainsi qu’un sheikh druze ont visité Varsovie, Cracovie et Auschwitz

Les restes du Crematorium 1 bombardé à Auschwitz-Birkenau, détruit par les nazis avant la marche de la mort (Crédit : Amanda Borschel-Dan/The Times of Israel)
Les restes du Crematorium 1 bombardé à Auschwitz-Birkenau, détruit par les nazis avant la marche de la mort (Crédit : Amanda Borschel-Dan/The Times of Israel)

VARSOVIE, Pologne — Les chefs de plusieurs groupes religieux en Israël ont visité la Pologne pour en savoir davantage sur la vie des Juifs maintenant comme dans le passé.

Dimanche, la délégation a rencontré des représentants de la communauté juive de Varsovie à la synagogue Nozyk, et, le jour suivant, ils ont visité le Musée de l’Histoire des Juifs polonais.

Le groupe voyagera ensuite à Cracovie pour rencontrer le Cardinal Stanislaw Dziwisz, ainsi que des Juifs locaux. Mercredi, la délégation se rendra sur le site du camp de la mort nazi d’Auschwitz et s’entretiendra avec des évêques polonais.

L’ambassadeur-adjoint d’Israël en Pologne, Ruth Cohen Dar, a déclaré à JTA que cette mission avait pour objectif d’amener « les chefs religieux les plus importants en Israël en Pologne ».

« En tant que chefs des communautés religieuses d’Israël nous avons décidé de faire cette visite historique en Pologne et dans l’ancien camp nazi d’Auschwitz-Birkenau » (sud de la Pologne), écrivent-ils dans une déclaration.

« Nous voulons par cette visite rendre hommage aux millions de Juifs et d’autres victimes de l’Holocauste et exprimer notre volonté de faire tout notre possible pour que ces atrocités ne se reproduisent plus jamais », poursuivent-ils.

« Nous appelons les dirigeants de tous les pays et les membres des Nations unies à ce qu’ils s’opposent avec fermeté à l’antisémitisme et à toute forme de haine d’autrui, qui risque de devenir de nouveau un fléau de la civilisation contemporaine ».

Cette délégation comprend le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Théophile III; l’administrateur apostolique du Patriarcat latin, le custode Pierbattista Pizzaballa; le patriarche arménien de Jérusalem, Nourhan Manougian; l’évêque anglican de Jérusalem, Suheil Dawani; et le le dirigeant spirituel druze, Sheikh Mowafaq Tarif ainsi que les rabbins Dimony Icchak Elefant et David Rosen.

Le groupe est arrivé avec un message clair : celui que ses membres feront tout pour préserver et enseigner aux futures générations le “respect pour la mémoire, le respect pour les autres peuples, la tolérance, la lutte contre l’extrémisme et l’antisémitisme qui sont devenus de plus en plus visibles actuellement”.

La délégation a franchi à pied le tristement célèbre portail du camp Auschwitz I portant l’inscription « Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre ») et visité le musée, avant de déposer une gerbe devant « le mur de la mort ».

Cohen Dar a indiqué qu’elle espère que ce séjour sera porteur de paix parce que “vous y voyez des musulmans, des chrétiens, des juifs et des Baha’is ensemble, assis côte à côte, parlant, dialoguant.”

Lors de la réunion organisée dimanche à Varsovie, le Grand Rabbin de Pologne Michael Schudrich a déclaré au groupe que “la vie juive en Pologne est une expérience unique”.

Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Schudrich a ajouté qu’avant l’Holocauste, la Pologne était au coeur du monde ashkénaze et parmi les communautés juives les plus dynamiques. Il a également noté que 1 400 cimetières juifs existent encore en Pologne.

Les Juifs polonais doivent “préserver le passé, se souvenir de la Shoah et construire l’avenir”, a-t-elle conclu.

Entre 1940 et le début de 1945, l’Allemagne nazie a exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs de différents pays européens. Ce camp où quelque 80 000 Polonais non-juifs, 25 000 Roms et 20 000 soldats soviétiques ont également trouvé la mort, a été libéré par l’Armée Rouge en janvier 1945.

Le musée, créé par le gouvernement polonais en 1947, abrite plusieurs milliers d’objets ayant appartenu aux anciens prisonniers, dont 4 000 valises, des dizaines de milliers de chaussures, de brosses ou d’ustensiles de cuisine, mais également des cheveux des ex-détenus.

L’AFP a contribué à cet article.

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