Une loi permet aux autorités de connaître les noms des citoyens non vaccinés
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Une loi permet aux autorités de connaître les noms des citoyens non vaccinés

Le but de ce texte, très controversé, est de "permettre à ces organismes d'encourager les gens à se faire vacciner en s'adressant personnellement à eux"

Un étudiant israélien reçoit une injection de vaccin COVID-19, dans un centre de vaccination de Tel Aviv, le 23 janvier 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni / Flash90)
Un étudiant israélien reçoit une injection de vaccin COVID-19, dans un centre de vaccination de Tel Aviv, le 23 janvier 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni / Flash90)

Le Parlement israélien a autorisé mercredi le ministère de la Santé à communiquer à d’autres autorités les identités des personnes non vaccinées contre le coronavirus, soulevant de vives inquiétudes quant au respect de la vie privée des citoyens qui refusent un vaccin.

Une loi adoptée avec 30 voix pour et 13 contre donne aux autorités locales, au directeur général du ministère de l’Education et à certains membres du ministère des Affaires sociales la possibilité de se faire communiquer les noms, adresses et numéros de téléphone des personnes non vaccinées.

Le syndicat de la santé publique du pays a mis en garde contre le texte, disant qu’il nuirait aux règles régissant la confidentialité.

Le but de ce texte, valable trois mois ou jusqu’à ce que la pandémie soit déclarée terminée, est de « permettre à ces organismes d’encourager les gens à se faire vacciner en s’adressant personnellement à eux », selon un communiqué du Parlement.

Israël a administré les deux doses du vaccin Pfizer/BioNTech à trois millions de personnes, soit environ un tiers des quelque neuf millions d’habitants.

L’Etat hébreu a rouvert dimanche les centres commerciaux et les commerces de rue pour l’ensemble de la population dans le cadre de son troisième déconfinement depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

Si des lieux sont ouverts à tous, d’autres sont accessibles seulement aux personnes munies d’un « passeport vert », signifiant qu’elles ont reçu la seconde dose de vaccin depuis au moins une semaine ou qu’elles ont récupéré de la maladie.

Mais ce précieux sésame est critiqué par une partie de la population qui y voit une forme de discrimination contre les non vaccinés.

Merav Michaeli à la Knesset, le 27 février 2013. (Crédit : Flash90)

Lors du débat parlementaire mercredi, la cheffe du Parti travailliste, Merav Michaeli a accusé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, de « nier aux citoyens leur droit à la confidentialité sur leurs informations médicales ».

Le communiqué de la Knesset affirme que les informations personnelles ne peuvent être utilisées à d’autre fin que d’encourager les gens à se faire vacciner.

Le député Haim Katz, du parti de droite Likud du Premier ministre, a défendu la loi comme un moyen de promouvoir la vaccination.

Plusieurs groupes de défense des droits ont critiqué la nouvelle loi.

Hadas Ziv, membre des Médecins pour les droits humains Israël a dit à la Douzième chaine que cette nouvelle loi était « dangereuse ». Elle considère « que cette loi draconienne va à l’encontre de l’éthique médicale et des droits des patients, et que les percussions en seront désastreuses. »

Plusieurs groupes ont l’intention de demander à la Haute Cour de Justice de statuer sur la loi.

Le ministère de la Santé a par ailleurs indiqué qu’il allait lancer un programme pilote de bracelets électroniques pour ceux qui reviennent de l’étranger et refusent de passer leur quarantaine dans les hôtels réquisitionnés par le gouvernement. Cette idée consiste à « proposer d’autres alternatives à ceux qui arrivent dans le pays, et de limiter les atteintes à la liberté individuelles. »

Les personnes pouvant certifier qu’ils ont été vaccinées deux fois ou ceux qui se sont remis du coronavirus pourront être exemptés de quarantaine à condition d’accepter de passer un test de dépistage avant leur arrivée et à leur arrivée en Israël. Il faut que les deux tests soient négatifs pour qu’ils puissent éviter la quarantaine.

Les voyageurs seront également autorisés à demander une exemption de quarantaine à l’aéroport Ben Gourion auprès d’un comité du ministère de la Santé dépêché sur place. Des exemptions pourront être accordées à de jeunes enfants voyageant seuls, aux personnes âgées et aux femmes enceintes ainsi qu’à d’autres cas similaires pour lesquels séjourner dans les hôtels serait impossible.

Les entrées terrestres et aériennes sur Israël sont presque toutes fermées depuis le 25 janvier 2021. L’aéroport de Ben Gourion est fermé pour tous les vols de compagnies israéliennes.

Ces mesures restrictives s’expliquent par la crainte des autorités sanitaires de faire entrer sur le territoire national de nouvelles souches du coronavirus provenant de l’étranger. A l’instar par exemple de la nouvelle souche britannique qui est désormais responsable de la quasi-totalité des infections au coronavirus dans tout le pays.

Plus de 760 000 cas de Covid-19 ont officiellement été enregistrés en Israël, dont plus de 5 600 décès, depuis le début de la pandémie.

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